En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

Romances sans paroles

Verlaine et Rimbaud marchant dans Londres
Verlaine et Rimbaud marchant dans Londres

Recueil de poèmes de Paul Verlaine (1874).

Le recueil, composé par Verlaine alors qu’il est en prison, marque une étape dans la quête de liberté et de vérité du poète : il est considéré comme l’un des plus importants de son œuvre.

Écrits entre mai 1872 et mars 1873, les 21 poèmes rassemblés dans Romances sans paroles accompagnent les étapes de la liaison passionnée de Verlaine avec Arthur Rimbaud. Le recueil est divisé en quatre groupes : « Ariettes oubliées » date du séjour parisien des deux hommes, « Paysages belges » note des impressions picturales recueillies au cours de leur fuite en Belgique, « Birds in the Night » et « Aquarelles » portent la marque de leur expérience anglaise.

Placées tantôt sous le signe de la musique (Ariettes oubliées), tantôt sous le signe de la peinture (Paysages belges, Aquarelles), les Romances sans paroles n'imitent cependant aucune de ces deux expressions artistiques : le titre suggère un effort pour supprimer les mots, au profit de la seule musique douce-amère qui accompagne l'évocation de sentiments et d'états d'âme à la limite de l'exprimable. Poésie de l'impression où se juxtaposent de subtiles notations de couleurs, de lumière, poésie de la rêverie amoureuse (Aquarelles), mais sans effusion lyrique, sans confidence personnelle. Mètres pairs et impairs se succèdent, la rime féminine assourdie domine, les mots se font notes, et la poésie mélodie caressante.

Morceaux choisis

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers ;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

(Extrait de « Green »)