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Pour comprendre les médias

Herbert Marshall McLuhan, Louis Leprince-Ringuet et Jean Cazeneuve
Herbert Marshall McLuhan, Louis Leprince-Ringuet et Jean Cazeneuve

Essai de Marshall McLuhan (1964).

Le sociologue canadien est un auteur majeur pour qui entend décrypter le monde moderne. À travers la Galaxie Gutenberg (1963) et Pour comprendre les médias. Les prolongements technologiques de l'Homme (1964) il fonde l'analyse moderne des conséquences sur la société de l'irruption des médias, en particulier de la télévision.

Le village global

De McLuhan on retient quelques formules emblématiques. Ainsi, le « village planétaire » signifie que chaque habitant, en étant relié à l'ensemble du monde, vit dans la proximité de l'autre. Proximité virtuelle et simulée qui provient du déplacement du fracas du monde au domicile de chaque téléspectateur. Chaque téléspectateur est au centre du monde. Pour McLuhan, le village global indique que le téléspectateur participe au spectacle du monde. Ainsi, le développement des médias uniformise chaque village en apportant les mêmes référents culturels.

Si la télévision lui apparaît comme le média le plus puissant, McLuhan n'oublie pas la radio ni surtout le téléphone. Ils ne font que parachever la tendance à l'uniformisation née du développement des transports.

Nul doute que McLuhan eût ajouté à ce triptyque le réseau Internet dont le succès même provient de la possibilité de communiquer avec tout habitant de la planète équipé d'un ordinateur.

Zbigniew Brzezinski préfère l'expression « ville globale » pour montrer que les médias ne rompent pas le sentiment de solitude mais le renforcent, qu'ils ne créent pas une communauté mais imposent des valeurs communes.

Le message c'est le médium

Pour McLuhan la télévision crée son propre univers, fonde et affirme sa propre légitimité. Elle dispose d'un telle force, mesurée par son audience, qu'elle produit sa propre vision du monde prise en compte par tous. En ce sens elle diverge de tous les autres médias et se pose non plus seulement comme véhicule d'un message mais comme message elle-même. Le message c'est la télévision, la norme culturelle est édictée par la télévision.

Les moyens de communication et de diffusion d'une culture, loin d'être des objets neutres, influent directement sur celle-ci.

Nature des médias et société

Après Propagandes (1962) de Jacques Ellul, les analyses de McLuhan transforment radicalement le mode d'appréhension des effets des médias. McLuhan est à rebours des thèses de Serge Tchakhotine, qui dans le Viol des foules par la propagande politique (1939) explique que la propagande provient du développement d'un discours uniforme et unique véhiculé par différents canaux. Le sociologue canadien indique que les esprits sont façonnés par la perception du monde et des rapports humains propre aux médias en général, à la télévision en particulier.

Il y a une étroite interaction entre la société et ses médias. Sur le long terme c'est le média dominant, la télévision, qui impose son modèle à la société.