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le Modèle rouge

Peinture de René Magritte (1935). Collection particulière, Paris.

Ce tableau existe en plusieurs versions – huile, gouache ou dessin –, qui s'échelonnent de 1935 à 1964. Magritte semble ainsi se jouer de la notion d'original ou vouloir prouver que seule l'invention première de l'œuvre est importante et qu'elle peut, ensuite, se décliner librement.

Dans cette version, peinte à l'huile selon une technique strictement figurative et illusionniste, la force de l'œuvre tient au caractère conventionnel du système plastique adopté. Les planches en bois du fond, soigneusement imitées, ont un aspect réaliste qui rend d'autant plus énigmatique cette paire de « chaussures-pieds ». Comme tous les créateurs d'art fantastique, Magritte sait que la figuration de l'irréel est d'autant plus puissante qu'elle paraît plus sage.

Le tableau est-il une nature morte ou un portrait fragmentaire ? S'agit-il de la métamorphose des pieds en chaussures, d'un corps humain ravalé au rang d'objet ou, inversement, de chaussures qui, à force d'être portées, finissent par devenir humaines ? Ce calembour visuel n'est pas uniquement amusant et étonnant. Il provoque notre pensée, ne serait-ce que par son titre : ce « modèle » n'est-il pas une image double, dans laquelle le contenu et le contenant deviennent équivalents ? La couleur rouge évoquée par le titre de l'œuvre correspond, peut-être, à la tentative révolutionnaire de Magritte : créer à partir de deux objets conventionnels et banals – des pieds et des chaussures – une réelle énigme.