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Jenufa

Opéra en trois actes de Leos Janáček, livret du compositeur, d'après un récit de Gabriela Preissova (21 janvier 1904, Théâtre national de Brno).

Janáček avait presque 62 ans lorsque Jenufa, créé douze ans auparavant, fut enfin représenté à Prague, lui apportant la célébrité. Il avait déjà composé cinq opéras dont deux seulement avaient été créés. Cette reconnaissance du public de la capitale, bien que tardive, l'encouragea à se consacrer désormais à la composition lyrique : quatre opéras furent ainsi achevés en dix ans. Janacek avait commencé à travailler sur le livret de Jenufa en 1894 et avait achevé le premier acte trois ans plus tard, lorsqu'il en abandonna l'écriture. Il reprit le travail en 1901 et termina le troisième et dernier acte en 1903. Il devait encore réviser l'œuvre en 1907, faisant notamment plusieurs coupures dans les ensembles.

Acte 1. Jenufa guette avec inquiétude le retour de son cousin Steva, convoqué devant la commission de conscription. Elle est enceinte de lui et serait déshonorée s'il ne l'épousait pas. Laca, demi-frère de Steva, courtise également Jenufa, mais le retour de Steva, libre et ivre, réduit à néant ses espoirs. La sacristine Kostelnicka lui impose une épreuve d'une année de sobriété avant de pouvoir épouser sa belle-fille. Jenufa éclate en sanglots. Fou de jalousie, Laca lui taillade la joue avec son couteau avant de s'enfuir.

Acte 2. Le fils de Jenufa est né en secret. Steva arrive, refuse de voir son enfant et d'épouser Jenufa car il est fiancé à Karolka, la fille du maire. Laca, toujours prêt à épouser Jenufa, lui succède et apprend de Kostelnicka le décès du nouveau-né. La sacristine décide de tuer le bébé. Au réveil de Jenufa, elle lui fait croire qu'elle a déliré pendant plusieurs jours et que son enfant est mort. Jenufa accepte alors d'épouser Laca.

Acte 3. Steva et Karolka assistent à la bénédiction des futurs époux par la grand-mère Buryja lorsqu'on annonce la découverte du corps de l'enfant assassiné dans le ruisseau du moulin. Alors que les villageois se préparent à lapider Jenufa, Kostelnicka avoue le meurtre. Jenufa lui pardonne et décide de prendre un nouveau départ avec Laca.

L'opéra, créé à Brno avec un grand succès, ne fut cependant pas représenté immédiatement à Prague à cause de l'antagonisme qui opposait Janáček au directeur du Théâtre national, Karel Kovarovič. Lorsqu'enfin la production praguoise eut lieu, le succès de l'œuvre lui ouvrit les portes des théâtres étrangers surtout dans les pays de langue allemande, où Jenufa entra rapidement au répertoire.

La longue gestation de cet opéra permit à Janáček de travailler la prosodie de manière très minutieuse et approfondie. De même qu'il s'était inspiré de mélodies populaires moraves pour l'écriture de la scène des conscrits au premier acte et pour le chœur du mariage à l'acte 3, Janáček a tenté de transcrire les inflexions de la langue tchèque dans son livret, en se basant sur les expériences personnelles qu'il accumulait chaque jour. Cette écriture donne au chant une allure très libre, en opposition avec la partie orchestrale structurée de manière très classique et régulière à laquelle il est juxtaposé. Ce but ne put être atteint que par l'écriture d'un livret en prose, le premier de l'histoire de l'opéra tchèque.