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J'accuse... !

Émile Zola, J'accuse
Émile Zola, J'accuse

Lettre ouverte d'Émile Zola (13 janvier 1898) qui fut un tournant de l'affaire Dreyfus.

Publiée à la une de l'Aurore par le rédacteur en chef du journal (un certain Georges Clemenceau), elle constitue un formidable réquisitoire contre toutes les machinations et collusions d'un État-Major prêt à tout pour sauvegarder l'honneur d'une armée très compromise.

En prenant à partie les plus hautes autorités de l'État, et notamment le président la République Félix Faure, elle s'avéra décisive pour la révision du procès, la grâce puis la réhabilitation finale du capitaine Dreyfus. Mais elle valut à Zola une condamnation à la prison et un an d'exil, sans parler de la haine indéfectible des antidreyfusards.

Zola y fustige le huis clos, synonyme d'impunité et négation du droit de la personne, et fait du caractère public des débats une des exgences de la démocratie moderne. Le J'accuse...!, bien qu'un peu long pour notre goût moderne, est l'un des meilleurs textes de la rhétorique polémique de langue française ; par ce pamphlet d'un lyrisme virulent et provocateur, le romancier inaugure la figure moderne de l'intellectuel engagé, qui fait de sa plume une arme politique.

Extraits

la vérité est en marche et rien ne l'arrêtera. C'est aujourd'hui seulement que l'affaire commence, puisqu'aujourd'hui seulement les positions sont nettes : d'une part, les coupables, qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l'autre, les justiciers, qui donneront leur vie pour qu'elle soit faite.

J'accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d'avoir été l'ouvrier diabolique de l'erreur judiciaire [...]
J'accuse le général Mercier de s'être rendu complice[...]
J'accuse enfin le premier conseil de guerre d'avoir violé le droit, en accusant un accusé sur une pièce restée secrète, et j'accuse le second conseil de guerre d'avoir couvert cette illégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d'acquitter sciemment un coupable.

Qu'on ose donc me traduire en cour d'assises et que l'enquête ait lieu au grand jour !
J'attends.