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Réunion de personnalités des lettres, des arts et de la politique qui, en particulier aux XVIIe et XVIIIe s., se tenait chez une femme distinguée et où l'on discutait de littérature, de philosophie, de politique, etc.
Exposition, le plus souvent annuelle, d'artistes vivants (souvent avec une majuscule) ; article de journal, de revue, consacré à la critique d'un Salon.

Organisée pour la première fois en 1667, l'exposition des travaux des académiciens devra son nom de Salon à son installation, en 1725, dans le salon Carré du Louvre. Longtemps réservé aux artistes membres ou agréés de l'Académie (d'où la création d'expositions rivales), le Salon devient libre en 1791, avant d'être placé, en 1798, sous le contrôle d'un jury d'admission issu de l'Institut, et, en 1881, sous celui de la Société des artistes français. L'académisme intransigeant du jury (qui, en 1863, provoque la tenue d'un Salon des Refusés) suscite la fondation, en 1884, de la Société des artistes indépendants, en 1890, de la Société nationale des beaux-arts, qui organisent leurs salons respectifs. Dès lors, les manifestations concurrentes se multiplient à Paris, du Salon d'Automne (1903) à la Jeune Peinture (1956), en passant par les Réalités nouvelles (1939), le Salon de Mai (1945), etc.
Des catalogues accompagnent ces Salons (le premier livret date de 1673), d'abondants commentaires aussi, comptes rendus critiques publiés dans la presse et signés, aux XVIIIe et XIXe s., d'amateurs d'art et d'écrivains (Salons de Diderot, Gautier, Baudelaire, des Goncourt, etc.). [→ exposition.]

Au XVIIe s., les salons les plus importants furent ceux de la marquise de Rambouillet, de Madeleine de Scudéry, de Mme Scarron et de Ninon de Lenclos ; ils eurent une influence capitale sur l'évolution des manières et du goût littéraire. Au XVIIIe s., les plus célèbres furent ceux de Mme de Lambert, Mme de Tencin, Mme du Deffant, Mlle de Lespinasse, Mme d'Épinay ; ils permirent de diffuser les idées des Lumières. Au XIXe s., il faut citer ceux de Mme de Staël, Mme Récamier et celui de la princesse Mathilde. De moins en moins féminins, les salons survivent uniquement grâce à l'influence de certaines écoles (le Cénacle romantique de Nodier et Hugo) et disparaissent peu après Proust.
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