Cet article fait partie du DOSSIER consacré à l'Égypte ancienne, du DOSSIER consacré à la Grèce antique et du DOSSIER consacré à la Rome antique.
Histoire fabuleuse des dieux, des demi-dieux, des héros de l'Antiquité païenne.
Ensemble des mythes qui appartiennent à un peuple.
Étude systématique des mythes.
Ensemble de mythes créés autour d'un phénomène social, d'un thème, d'une doctrine : La mythologie de la vedette.

Les travaux des historiens, des archéologues, des anthropologues ont mis en évidence des structures communes aux différentes mythologies, ensembles d'histoires fabuleuses que leur fonction distingue d'autres genres narratifs appartenant au patrimoine culturel d'une même société.
On peut classer les mythes en fonction de ce qu'ils relatent. Les principaux mythes sont de types cosmogoniques (sur la création du monde) ou eschatologiques (sur la destruction du monde), développe des thèmes liés à la naissance ou à la renaissance, à la civilisation (notamment en mettant en scène des héros dits civilisateurs ou culturels), ou encore à la fondation (d'une ville, d'un Empire), etc.
Si, comme la fable, le mythe met en scène des animaux, des éléments, des plantes et des objets auxquels il confère des attributs humains, il ne vise pas d'abord à dégager d'une fiction un enseignement moral applicable à la vie quotidienne. Contrairement aux contes, dont l'action – perçue comme entièrement imaginaire – se déroule en un temps indéterminé (« Il était une fois… »), le mythe est situé en un temps défini, mais par nature hors de l'histoire, puisqu'il va des origines du monde à une époque si reculée qu'aucune mémoire ne saurait plus en témoigner. Il se distingue par là des épopées et des sagas, qui, tout en comportant des éléments d'ordre fantastique ou mythique, retracent les exploits de héros ayant réellement existé à un moment précis, datable. Essentiellement invérifiables, les faits les plus invraisemblables narrés par les mythes d'une même communauté sont cependant tenus pour vrais par l'ensemble de ses membres. Cette adhésion sans restriction du groupe à sa mythologie fait donc de celle-ci une sorte d'histoire avant la lettre, histoire du cosmos explicitant aussi l'origine des savoirs et des institutions.
De fait, le mythe ne peut être perçu comme fiction que par une conscience extérieure à la culture qui l'a produit. Son caractère de vérité première ne s'estompe que lorsque des changements mettant en jeu la société tout entière rendent sa fonction caduque, ou lorsque deux théologies concurrentes s'affrontent. C'est ainsi que, vers l'an 3000 avant J.-C., alors que les deux parties de l'Égypte tendaient vers l'unité et la stabilité, la théologie de Memphis intégra les divinités de la Haute et de la Basse-Égypte, modifiant parfois leurs attributs au sein d'un nouveau panthéon. Histoire et mythologie sont donc unies de manière indissociable par le lien qui les fait évoluer de concert.
Comme les fables, contes et épopées, l'ensemble des récits mythologiques a valeur d'enseignement et appartient à l'appareil qu'une société se donne pour transmettre ses connaissances et sa mémoire. Dans ce contexte, les mythes occupent une place privilégiée, car les fictions qu'ils mettent en œuvre s'attachent à éclairer des phénomènes en apparence inexplicables, et donc générateurs d'angoisse. Les anciens Égyptiens croyaient, par exemple, qu'Atoum, le chat-Lumière – généralement représenté sous une forme humaine – tranchait chaque nuit la tête du serpent Apopis, qui menaçait la barque du Soleil pendant sa traversée du royaume souterrain. En garantissant l'alternance régulière du jour et de la nuit par un récit métaphorique fondé sur le trajet visible du Soleil, ce mythe contribuait à dissiper la crainte d'éternelles ténèbres commune à tous les hommes. On conçoit que de telles croyances aient engendré des rituels propres à obtenir les bonnes grâces de divinités protectrices, propres aussi, par des pratiques communes, à entretenir les liens qui unissent le groupe.
À l'origine du culte, le mythe en propose parfois jusqu'à la forme : de nombreuses sociétés agraires ont, dans leur panthéon, des divinités liées à la végétation qui, démembrées et enterrées, donnent naissance à l'aliment de base du groupe. Le plus souvent, ces mythes engendrent, en même temps qu'ils les valident, des pratiques sacrificielles reproduisant l'aventure de la divinité. En le réitérant, le rituel renforce le mythe, qui, lui-même, justifie une conduite « ancestrale » par une explication d'ordre symbolique : comme le dieu, la plante alimentaire doit mourir pour renaître sous une nouvelle forme, être coupée ou arrachée, puis enterrée afin de susciter une nouvelle récolte.
Cette fonction de validation apparaît encore dans les mythes touchant à l'origine du pouvoir. Dans l'ancienne Mésopotamie, l'année nouvelle était rituellement célébrée par la lecture de l'Enouma Elish, une épopée qui relatait la création du monde et son évolution, de l'état d'anarchie première à l'avènement de l'ordre incarné par Mardouk ; dans l'Égypte ancienne, la théologie de Memphis identifiait le pharaon au dieu Horus, fils d'Isis et d'Osiris et vainqueur de Seth, symbole d'anarchie et de désordre. En valorisant l'origine divine de l'ordre politique représenté par le souverain, le mythe renforce le pouvoir de ce dernier, le rend incontestable. De la même manière, certaines mythologies justifieront des inégalités sociales ou raciales (le système des castes en Inde, par exemple).
La mythologie peut ainsi se définir comme un système permettant de structurer le monde en proposant, à travers des récits symboliques, des réponses aux questions concernant les origines ; à leur tour, ces réponses engendrent des rituels et des hiérarchies, qui structurent la société, ainsi que des catégories et des oppositions (jour/nuit, bien/mal, création/destruction, fécondant/fécondé, etc.) qui structurent la pensée. La mythologie est donc tout à la fois instrument de connaissance et de cohésion sociale.
Les grandes religions contemporaines prétendent à l'universalité, valables pour des peuples de cultures différentes. En Grèce au contraire, comme chez de nombreux peuples antiques et polythéistes, la religion est liée à l'histoire et consubstantielle à la culture.
Pour les Grecs de l'Antiquité, religion et mythologie étaient intimement liées. C'est d'ailleurs surtout par les mythes, tels que nous les rapportent Homère et les auteurs classiques, que la religion grecque nous est connue. Les dieux du panthéon grec, empruntés pour la plupart aux cultures des peuples conquis par les Grecs, ont une forme humaine et des personnalités très marquées, mais beaucoup nous sont mieux connus aujourd'hui sous le nom que leur ont donné les Romains : Jupiter et Zeus, Mars et Arès ou Vénus et Aphrodite. Entre le moment de ses origines, en dehors de la Grèce, et jusqu'à la rencontre avec le christianisme, l'histoire de la religion grecque couvre une période d'environ deux mille ans.
La mythologie grecque présente plusieurs aspects : système d'explication du monde, elle fait intervenir l'épopée, où les héros, intermédiaires entre les dieux et les hommes, doivent sans cesse affirmer leur valeur ; liée à l'histoire, elle permet aux Grecs d'expliquer l'origine de leurs cités. La mythologie romaine, elle, emprunte ses conceptions religieuses et culturelles à tous les pays du Bassin méditerranéen, et unit son destin à celui de l'État.
Selon la version dominante qu'a donnée la théogonie d'Hésiode (VIIIe s. avant J.-C.) sur l'origine, les hommes sont nés, comme les dieux, d'une seule mère, Gaïa, la Terre. Ainsi s'explique que, malgré leur différence radicale, il y ait entre les uns et les autres une certaine homogénéité.
Les dieux grecs ne sont ni des puissances transcendant le monde ni des créateurs maîtrisant souverainement les occupants du ciel, de la terre ou de la mer. Bien qu'immortels et habitants d'une demeure, l'Olympe, qui est soustraite aux changements saisonniers et domine l'Univers, ils frôlent parfois la mort et sont vulnérables dans leurs corps même. Quoique réputés bienheureux, ils sont constamment engagés dans les affaires des humains, ce qui les expose à la colère, à la pitié, au désir vis-à-vis de ces derniers. Formant entre eux une société, unis par de complexes relations de parenté, alliés par des mariages endogamiques, ils constituent, sur l'Olympe, un groupe fermé et distribué selon des générations différentes, que soulignent, par exemple, la barbe de Zeus, le maître du panthéon, et le visage imberbe du jeune Apollon.
Les textes qui nous en rapportent les récits, souvent mal raccordés, comportent un grand nombre de variantes, exprimant parfois des vérités différentes, assimilant des éléments populaires, folkloriques ou géographiques. Les sources sont très diverses, des poèmes homériques aux œuvres d'Hésiode (VIIIe s. avant J.-C.) et de Pindare (Ve s. avant J.-C.). Les tragédies d'Eschyle, de Sophocle et d'Euripide les reprennent, suivies par les dialogues de Platon, qui met en scène Socrate tentant de convaincre ses disciples en invoquant les mythes. Les historiens ne seront pas en reste, comme en témoignent, entre autres, Hérodote, Strabon, Plutarque ou Pausanias.
C'est dans le poème d'Hésiode Théogonie que les origines de l'Univers sont évoquées d'une manière qui devait devenir la tradition la plus courante.
Au commencement est le Chaos, une crevasse ténébreuse, vide, indescriptible, d'où émergent Gaia, la Terre, et Éros, l'Amour, « le plus beau des dieux immortels, lui qui affaiblit les membres, dompte en tout dieu et en tout homme l'intelligence et la volonté prudente ». Du Chaos naissent aussi la Nuit d'en haut, Nyx, et Érèbe, l'obscurité des Enfers. Puis Érèbe et Nyx, s'unissant l'un à l'autre, engendrent le Jour, qui éclaire les mortels, et Éther, la lumière. Quant à Gaia, la Terre, elle enfante Ouranos, le Ciel étoilé, puis les montagnes et Pontos, le flot marin, créature masculine. Elle s'unit ensuite à Ouranos pour donner le jour à douze Titans, personnages gigantesques, êtres divins mais surtout forces élémentaires, dont Cronos et Rhéa, parents des futurs Olympiens, sont les plus célèbres. Parmi les autres Titans figure Océan, qui entoure le Monde sur lequel flotte la Terre, plate comme un disque. Océan est aussi le père de tous les fleuves. Gaia et Ouranos engendrent encore les Cyclopes, bâtisseurs de murs colossaux, dont les noms évoquent la lueur de l'éclair, le choc de la foudre et le fracas du tonnerre. Enfin, ils mettent au monde les Hécatonchires, monstres aux cent bras et aux cinquante têtes. Mais Ouranos, craignant que l'un de ses fils ne veuille prendre sa place, les contraint tous à demeurer dans les profondeurs de la Terre. Celle-ci, de plus en plus pesante, implore ses enfants de la délivrer et de se venger de leur père. Elle crée une faucille d'acier dont seul Cronos accepte de s'emparer. Et, au moment où le Ciel enveloppe la Terre, il tranche d'un coup les testicules de son père. Le sang de la blessure tombant sur la Terre va engendrer de nouveaux monstres, les Érinyes, déesses ailées aux cheveux entremêlés de serpents, les Géants et les Méliades, nymphes des frênes.
Cronos reste seul à régner sur le monde, car il s'est empressé de plonger ses frères et sœurs dans l'Enfer. Quant aux enfants que lui donne sa femme Rhéa, il les dévore dès leur naissance : ainsi d'Hestia, de Déméter, d'Héra, puis d'Hadès et de Poséidon. Lorsque Zeus est sur le point de naître, Rhéa s'enfuit secrètement vers la Crète, où elle met l'enfant au monde. Et, donnant à une pierre l'aspect d'un nouveau-né, elle la présente à Cronos qui l'avale sans difficulté. Le petit Zeus grandit en buvant le lait de la chèvre Amalthée.
Parvenu à l'âge adulte, Zeus fait absorber à Cronos une drogue émétique (vomitive) qui lui fait restituer ses enfants. Puis il délivre les Cyclopes et les Hécatonchires du Tartare – l'Enfer –, et tous s'unissent dans une guerre sans merci, « la Titanomachie », contre Cronos. Cronos et les Titans sont à leur tour jetés dans le Tartare. Mais Gaia, mécontente du sort réservé aux Titans, fait appel aux Géants qui se mettent à brandir des arbres enflammés et d'énormes rochers. Les dieux olympiens interviennent alors avec leurs propres armes : Zeus brandit la foudre, Athéna l'égide et la lance, Dionysos le thyrse (long bâton décoré de feuilles de vigne et de lierre, se terminant par une pomme de pin). Héraclès lance ses flèches, et tous concourent à une seconde victoire.
Gaia fait alors une dernière tentative, et, s'unissant au Tartare, met au monde Typhon, un monstre plus imposant que les Géants, dont la tête touche les étoiles et qui possède à la place des doigts cent têtes de dragon. Les épisodes du combat se déroulent dans le monde entier jusqu'au moment où Zeus, à l'aide du tonnerre et de la foudre, écrase son adversaire sous l'Etna, en Sicile. Désormais, l'autorité de Zeus est assurée et les Olympiens peuvent se partager le pouvoir.
Selon les deux versions les plus courantes, la création de l'homme est attribuée soit aux dieux, soit à Prométhée, un des fils du Titan Japet, qui, avec de l'argile, façonne la race humaine.
Prométhée est surtout connu comme le bienfaiteur des hommes, car il entreprend à deux reprises de tromper les dieux. Afin de décider quelle sera la nourriture des dieux et celle des hommes, il sacrifie un bœuf qu'il partage en deux parts inégales : d'un côté, il place la chair et les entrailles, cachées sous la peau peu appétissante de l'animal, de l'autre, les os, recouverts d'une épaisse couche de graisse de belle apparence. Puis il demande à son cousin Zeus de choisir sa part. Celui-ci se laisse tenter par la graisse blanche, mais quand il s'aperçoit qu'elle ne recouvre que des os, il est pris d'une fureur terrible contre Prométhée et les mortels. Pour les punir, il leur refuse le feu leur permettant de cuire la chair savoureuse qui leur a été attribuée. Prométhée monte alors au ciel et dérobe aux dieux des semences de feu qu'il cache dans une tige de fenouil. Cette fois, la vengeance de Zeus sera à la mesure de la faute commise : Prométhée sera enchaîné au sommet du Caucase où chaque jour un aigle viendra lui dévorer le foie, toujours renaissant. Le supplice aurait été sans fin si Héraclès n'avait abattu l'aigle et délivré Prométhée de ses liens.
Puis Zeus entreprend d'inventer un « beau mal […], terrible fléau installé au milieu des hommes mortels », selon Hésiode. Il demande à Héphaïstos de créer un être inconnu, une femme – la première –, que les dieux orneront chacun d'une qualité (sauf Hermès qui lui fait présent du mensonge), et qui reçoit pour nom Pandore, « tous les dons ». Zeus l'offre à Épiméthée, frère de Prométhée, à qui celui-ci a demandé de n'accepter aucun cadeau de Zeus. Mais Épiméthée, dont le nom signifie « qui réfléchit trop tard », ne peut résister à l'attrait de Pandore. Celle-ci, dévorée de curiosité pour une jarre mystérieuse qui doit rester fermée, soulève le couvercle, laissant échapper tous les maux dont souffre depuis l'humanité. Ne demeure au fond de la jarre que l'espérance, la seule consolation (illusoire ?) accordée aux humains.
Une génération plus tard, la Terre est peuplée d'hommes, race de bronze, qui délaissent les dieux et pratiquent la guerre. Zeus décide alors de les exterminer et provoque un déluge, qui épargne seulement deux justes, Deucalion, fils de Prométhée, et Pyrrha, fille d'Épiméthée et de Pandore. Il pleut pendant neuf jours et neuf nuits : de la Terre noyée n'émerge que le mont Parnasse. Lorsque Zeus ordonne aux eaux de se retirer, Deucalion et Pyrrha sont seuls dans leur barque sur la terre déserte. Une voix se manifeste, leur ordonnant de jeter par-dessus leurs épaules les os de leurs mères. D'abord effrayés par une telle impiété, ils comprennent qu'il s'agit de pierres, les os de la Terre, mère universelle. Les pierres que lance Deucalion deviennent des hommes, celles jetées par Pyrrha des femmes. La Terre est ainsi repeuplée par les ancêtres des peuples grecs, les races dorienne et éolienne, les Achéens et les Ioniens, la mythologie rejoignant l'histoire. Les dieux olympiens peuvent enfin régner sur le monde.
Après avoir vaincu les Titans, puis les Géans et Typhon, les Olympiens s'installèrent sur le mont Olympe. Dans ce lieu caché aux hommes par les nuages, gardé par les Saisons, les Immortels, sous la présidence de Zeus, tenaient assemblée pour décider du destin des héros et des mortels, parfois même de l'un des leurs. Lorsqu'ils ne délibéraient pas, ils participaient à d'extraordinaires festins et banquets, se gorgeant de nectar et d'ambroisie pendant que les Muses, au son de la lyre d'Apollon, chantaient leurs exploits.
Dans l'Olympe, Zeus est le dieu souverain, « Père des dieux et des hommes ». Dans son nom, on retrouve une racine indo-européenne signifiant « le jour ». Son domaine de compétence est le ciel et le temps, d'où il tire son arme particulière, la foudre. Doté de pouvoirs magiques, il préside aux manifestations célestes, provoque la pluie, lance la foudre et les éclairs, mais ses fonctions s'étendent aussi à l'ensemble des domaines de la vie humaine : il maintient l'ordre et la justice dans le monde, et garantit les serments. Cette dimension éthique est très apparente dans les pièces d'Eschyle. Introduit par les envahisseurs grecs, Zeus a absorbé aussi la divinité masculine minoenne. Les mythes de son enfance se rapportent à des rituels crétois et minoens.
Zeus a pour épouse sa sœur Héra, déesse du mariage et des femmes, et dont l'évolution à partir de la déesse de la terre minoenne apparaît clairement dans le mariage sacré que décrit l'Iliade (livre XIV, vers 346-351). Mais la Astartémythologie lui attribue de très nombreuses autres unions, au cours desquelles il adopte souvent des formes animales ; la manière impie dont ces unions adultérines sont traitées dans la littérature grecque ne retire rien à son autorité ni à sa dignité fondamentale. Jalouse, violente et vindicative, Héra s'en prend aux femmes que Zeus courtise, allant jusqu'à poursuivre de sa haine les enfants nés de ces unions : Héraclès, notamment, sera l'objet de son courroux.
Homère organise les dieux en une société où, comme le font les rois chez les hommes, Zeus se targue de son droit d'aînesse, mais aussi de sa force, pour dominer l'Olympe. À la fin du VIIIe s., Hésiode explique dans la Théogonie comment tous ces dieux naquirent de Gaia, la Terre, par générations successives. Ils ne sont pas extérieurs au monde qu'ils ont créé, mais constituent les forces mêmes de leur Univers et à leur mise au monde correspond la naissance des choses visibles. La conquête du pouvoir par Zeus accompagne ainsi l'avènement de l'ordre au sein des forces jusque-là chaotiques de la nature.
Même si les différents peuples grecs ont les mêmes dieux, il serait faux d'en conclure à une uniformisation de la religion : l'Apollon de Delphes et celui de Délos sont très différents l'un de l'autre, et l'Artémis « aux nombreuses mamelles » d'Éphèse cède la place, en Grèce propre, à la « Maîtresse des animaux » et à la divinité qui veille jalousement sur les jeunes des deux sexes. Artémis Eileithyia, quant à elle, se spécialise dans la protection des femmes en couches, et il existe bien d'autres versions locales de cette divinité particulièrement efficace. Chaque dieu peut, comme elle, changer de visage et surtout de fonction.
La religion grecque manifeste une étonnante disposition à l'accueil. Après les grandes divinités orientales qu'Homère, déjà, intégrait à la famille olympienne (telle Aphrodite, transposition de l' des Phéniciens), c'est Hécate, une autre grande « mère » asiatique, et la Phrygienne Cybèle qui sont adoptées dès la religion archaïque. Plus tard s'installeront, à travers une religion de plus en plus syncrétiste, Adonis, Attis et Sabazios, la Bendis thrace et Isis, sans parler de tous les dieux étrangers qui afflueront avec la conquête de l'Orient par Alexandre.
Cette religion polythéiste puissamment anthropomorphisée nourrit l'imaginaire grec de mythes dans lesquels les dieux, comme les hommes, se querellent ou festoient, s'aiment ou se font la guerre. Ces mythes aident les Grecs à se situer dans l'univers.
La mythologie romaine emprunta au fil des siècles des conceptions religieuses et culturelles aux pays du Bassin méditerranéen, en premier lieu à la Grèce, ainsi qu'à l'Égypte, la Phrygie ou la Syrie. Mais elle ne présente pas la richesse intellectuelle et poétique de la mythologie grecque. Même si les Romains sont un peuple profondément religieux, leurs dieux sont avant tout des dieux utiles, desquels ils attendent action et efficacité. On célébrait ainsi Fons, dieu des sources, Flore, déesse des arbres, Pomone, qui veille sur les fruits, ou encore Fidès, personnification de la parole donnée. À Rome, sous l'Empire, on célébrait encore Faunus, un très ancien dieu, protecteur des troupeaux et des bergers, ou Terminus, gardien des bornes des champs. Les dieux les plus vénérés étaient les protecteurs de la maison et de la famille, les lares, esprits des ancêtres, et les pénates, gardiens du foyer, à qui chaque habitation réservait une place. Un grand nombre de fêtes et de sacrifices étaient dédiés durant l'année à toutes ces divinités.
Il existait cependant quelques fortes personnalités, comme Saturne, un très ancien dieu italique identifié tardivement à Cronos, qui passait pour avoir fui de Grèce après que Zeus l'eut détrôné. S'installant sur le Capitole à l'époque de l'âge d'or, où tous les humains vivaient dans le bonheur et ne connaissaient pas la guerre, il leur enseigna la culture de la terre.
Janus passait aussi pour l'un des plus anciens dieux romains. Doté de deux visages, l'un regardant devant, l'autre derrière, c'était le dieu des passages, des commencements, le gardien des portes. La légende rapporte que celles de son temple étaient toujours ouvertes en temps de guerre pour lui permettre de secourir les habitants de Rome.
Enfin, selon Georges Dumézil, le dieu guerrier d'origine sabine Quirinus aurait été anciennement le protecteur des agriculteurs. Associé à Jupiter et à Mars, il constituerait la triade primitive de la mythologie romaine.
Les mythes grecs et romains, après avoir été au cœur des œuvres des poètes antiques, ont traversé le temps, inspirant jusqu'à nos jours peintres, écrivains, musiciens et cinéastes. Ils se sont imposés aussi dans la langue : un dédale, une chimère ou la corne d'abondance, par exemple, puisent leur origine dans la mythologie. « Naître de la cuisse de Jupiter », « le complexe d'Œdipe », « le mythe de Sisyphe », certaines des expressions modernes n'évoquent-elles pas des personnages familiers, derniers avatars des dieux et des héros antiques ?
Équivalence entre les divinités grecques et romaines
L'Égypte ancienne était divisée en une quarantaine de territoires – les nomes –, chacun vénérant plus particulièrement une divinité, qui figurait sur les monuments sous l'aspect d'un animal, d'une plante ou d'un objet : à Memphis, c'était le taureau Apis ; à Mendès, une chèvre. Le cartouche de l'un des plus anciens pharaons contenait une représentation de scorpion. Peu à peu, certains de ces cultes locaux prirent une plus grande importance : ceux d'Horus et d'Osiris ou encore d'Hathor ; honorée à Dendérah, elle fut représentée à l'époque prédynastique comme une vache à tête humaine et, sous l'Ancien Empire, devint la « vache du ciel », douce protectrice du pharaon.
La théologie de Memphis – ensemble des enseignements de Ménès (nom donné par les Grecs au pharaon Narmer), qui fonda sa nouvelle capitale aux alentours de 3200 avant J.-C. à Memphis – décrit la création du monde et fait de l'unité de l'Égypte un processus participant à l'ordre éternel du cosmos. C'est le dieu Ptah qui crée toute chose à partir d'idées qu'il recèle en son cœur et formule en sa langue. Il en est de même des dieux qui, se manifestant d'abord sous la forme de concepts émanant de l'esprit de Ptah, sont matérialisés par des objets de l'Univers, la pierre, le métal et le bois, également engendrés par Ptah.
La théologie des Memphis emprunte aussi à l'Ancien Empire des mythes concernant les dieux Horus et Seth, qui se disputent l'hégémonie sur l'Égypte ; intervenant comme médiateur, un autre dieu, Geh, commence par partager le pays entre les deux, puis, se ravisant, le donne tout entier à Horus. La théologie de Memphis identifie le pharaon Ménès à Horus et établit un parallèle entre Ptah et Geb, qui, dans un autre contexte mythologique, est l'esprit suprême de la Terre, la divinité de la Terre, principe masculin pour les Égyptiens, alors que le Ciel leur apparaît sous les traits de la déesse Nout.
Dès la fin de la IIe dynastie, il existe une vingtaine de dieux qui sont représentés sous forme animale, humaine ou avec un corps humain et une tête d'animal. Parmi les plus célèbres figurent le chacal Anubis, qui pèse après la mort les mérites et les fautes du défunt et qui préside aux cérémonies de l'embaumement ; le cobra, bien que dangereux, est devenu le protecteur des tombes et on le trouve parfois figuré dressé sur le devant de la double couronne du pharaon ; son image est souvent reproduite dans les tombeaux pour dissuader les pilleurs de sépultures ; le python, disparu d'Égypte à l'époque pharaonique, a survécu dans le panthéon comme Apopis, le principal ennemi de Rê, allié dans sa tâche de destruction à Seth.
Durant l'Ancien Empire, certains de ces dieux vont prendre plus d'importance que d'autres. Il s'agit de Rê, d'Osiris, de Seth et d'Hathor. Pendant le Nouvel Empire, trois dieux ont peu à peu dominé les autres : Amon, Rê et Ptah. Parallèlement, le succès du culte d'Isis, né de celui d'Osiris, n'a cessé de s'amplifier. Pendant le Nouvel Empire, Akhenaton a tenté d'imposer un monothéisme : celui du culte d'Aton, le disque solaire aux multiples bras. Mais cette réforme heurtait trop d'habitudes et trop d'intérêts et elle ne lui a pas survécu. Au VIIIe s. avant J.-C., la XXVe dynastie nubienne, qui régna sur l'Égypte pendant un peu moins d'un siècle, a contribué quant à elle à répandre le culte d'Amon dans toute la vallée du Nil.
Principales divinités de la mythologie égyptienne
Les premières formes de mythologie indo-européenne largement attestées proviennent du Rigveda indien, probablement composé entre 1500 et 800 avant J.-C.
À cette époque, le dieu Varuna apparaît comme le maître tout-puissant de la connaissance et de la magie, qui préside au spectacle changeant de l'Univers. On l'invoque souvent avec Mitra, le dieu solaire, qui, prenant le parti de l'humanité, légifère, établit des contrats et assure le bien-être de la société. Toutefois, le dieu suprême du Rigveda est Indra, le guerrier.
La mythologie indienne est en constante évolution, des dieux secondaires du Rigveda accédant à un rôle de premier plan dans les textes ultérieurs, védiques entre autres. Il en est ainsi de Prajapati, qui succède à Varuna dans ses fonctions d'arbitre de l'ordre du cosmos. Deux autres divinités importantes associées aux rites sont Agni et Soma. Agni est le dieu du Feu, l'illuminateur et l'agent sacrificiel. Élément très ancien de la religion indo-européenne, le culte du feu conserva une place de premier plan au sein de la religion et de la mythologie iraniennes. Le dieu Soma est souvent assimilé au breuvage divin qui donne à Indra le pouvoir de vaincre le dragon. Avec sa double qualité de filtre et de dieu, le « Soma » confère force, perspicacité et immortalité, tout en instaurant une certaine relation entre le prêtre et la divinité.
Dans les traditions hindouistes plus récentes apparaît une nouvelle triade : Brahma, le créateur ; Vishnou, le gardien de l'Univers ; Shiva, le destructeur. Vishnou est avant tout adoré dans ses avatars – c'est-à-dire ses incarnations – Rama et Krishna, les principaux personnages des épopées du Ramayana et du Mahabharata, dans lesquelles le dieu revêt une forme humaine pour remettre bon ordre dans la société. Quant à Shiva, c'est une divinité ambivalente, un être solitaire en quête de la connaissance par des pratiques ascétiques, qui lui font rejeter la vie en société : marginal, c'est aussi un destructeur.
La religion tenait une place fondamentale dans les civilisations précolombiennes – celles des Mayas (IVe-Xe s.), des Aztèques (Xe-XVIe s.) et des Incas (XVe-XVIe s.). L'instabilité physique qui caractérisait cette région du monde (pluies irrégulières, gelées précoces, tremblements de terre) et qui menaçait constamment la fertilité des terres a conduit les différents peuples à diviniser les éléments de la nature et du cosmos. Comme ce furent des civilisations guerrières, les dieux de la guerre y avaient naturellement une grande place, tout comme les sacrifices humains, fréquemment pratiqués par les Incas et plus encore par les Aztèques. Présidant à la première ère de la création, Tezcatlipoca, qui signifie « Seigneur du Miroir fumant », était la divinité suprême de la mythologie aztèque. Tout-puissant, omniscient, il pouvait adopter de multiples apparences, mais en tant que dieu des Ténèbres, il demeurait souvent invisible.
Les principales divinités précolombiennes
Durant la période primitive, qui voit la naissance de l'écriture, les divinités des marais du Sud-Est (Sumer) constituent l'essentiel du panthéon. Tammouz (ou Doumouzi-Abzou), dieu de la Fécondité, représente la figure dominante avec son épouse, Inanna, dite la « Mémoire du temps ». Ils sont tous deux au cœur d'un mythe et d'un culte qui se manifestent dans l'« esprit du palmier », lequel apparaît au printemps.
Les mythes vont mettre ensuite l'accent sur les origines, la signification et l'autorité du souverain : cette évolution correspond à l'instauration d'une organisation collective dans les cités-États mésopotamiennes. Le symbolisme de la fertilité prend alors une signification cosmique : la puissance et la violence de l'orage qui alimente le cours des fleuves. La tempête est le fait d'Enlil, dieu du Vent, qui contrôle les actions bénéfiques à la communauté humaine. L'autorité suprême du panthéon est Anou (ou An), l'esprit du ciel ; de son union avec Ki (la Terre) est née la végétation. Il est le père d'Enki (appelé plus tard Ea), incarnation du sacré dans les eaux de la pluie, des rivières et des marais : d'où son identification au Tigre et à l'Euphrate.
Les principales divinités sumériennes
La période assyro-babylonienne tardive voit naître les épopées d'Enouma Elish et de Gilgamesh. La première a pour héros Mardouk, dieu de Babylone qui accède au sommet du panthéon après une lutte contre des dieux rebelles : il est dès lors chargé de refaçonner le cosmos. Quant à Gilgamesh, souverain d'Ourouk, il est jeune, fort et doté d'une intelligence si exceptionnelle qu'il ne trouve son égal en aucun homme ; par ses qualités mêmes, il trouble l'ordre de la cité. Le peuple enjoint alors aux dieux de créer un rival à Gilgamesh : ce sera Enkidou, un homme du désert, inculte et brutal. Après l'avoir combattu, Gilgamesh devient son ami. Mais Enkidou meurt, et Gilgamesh, désespéré, entreprend la quête d'une plante qui procure la vie éternelle. Mais un serpent la dévore, renvoyant Gilgamesh, conquérant de toute chose sur terre, à son impuissance devant la mort.
Comme principe d'ordre, les populations nordiques ont inventé une image d'une très grande poésie : le frêne Yggdrasill, qui figure l'axe soutenant l'univers, et qui constitue une source de vie, car ses racines sont implantées dans le sol tandis que ses feuilles ne cessent de bruire. Yggdrasill repose sur trois racines : l'une s'étend jusqu'au monde souterrain, le royaume de Hel, la deuxième jusqu'à celle des géants, la dernière jusqu'au monde des humains. Il est aussi le gardien du savoir, car le géant Mimir, la mémoire du monde, réside à sa base. Il préside enfin aux destinées, celles des vivants comme celles de l'univers, puisque les Nornes (l'équivalent des Parques dans la mythologie grecque) se tiennent à ses côtés. Il représente un principe d'organisation et d'ordre primordial dans la mythologie nordique.
Dans le chaos originel, s'affrontaient deux mondes, celui du Niflheim, l'empire du Nord, froid, sombre et humide, et, loin au Sud, le monde du Muspelheim, le pays du feu, chaud, sec et lumineux. Cette rencontre entre le chaud et le froid engendra la formation de gouttes d'eau, qui donnèrent naissance à l'hybride Ymir. Celui-ci engendra les géants, dont descendent les dieux, et parmi eux, le principal, Odin. Aidés des géants, les jeunes dieux tuent Ymir et façonnent le monde avec les différentes parties de son corps : le ciel devient l'Asgard, le domaine des dieux, le Misgardr, celui des hommes, un troisième, l'Usgardr, sera dévolu aux géants, créatures monstrueuses. Puis ils entreprennent la création de l'homme et de la femme, à l'aide d'arbres : un frêne pour l'homme, un bouleau pour la femme, cependant que l'univers est soutenu en son axe par le frêne Yggdrasill. Se répand d'abord l'âge d'or, avant qu'une formidable bataille, dont l'origine est un parjure des dieux, n'oppose les deux groupes de dieux, les Ases et les Vanes, aux géants et aux puissances maléfiques, dont Loki prendra la tête. Le monde est alors condamné : voici venu le temps du Ragnarök, ou Destin-des-Puissances, décrit dans l'Edda poétique, qui marque la destruction de l'univers, la disparition des dieux et des hommes. Yggdrasill sera détruit par le feu et la terre disparaîtra sous les eaux. Mais cet anéantissement n'est pas définitif. L'univers renaîtra, car le couple Lif (Vie) et LifPrasir (Vivace) a été épargné, et la terre se repeuplera, obéissant ainsi à un ordre immuable.
Odin (Wotan dans la tradition germanique) est le père céleste, le dieu tout-puissant, maître et arbitre du monde, qui a pour mission de retarder le jour où la terre et le ciel seront détruits. Il est borgne, car il a mis un œil en gage chez le géant-savant Mimir pour avoir accès à la science des runes, synonymes de connaissance pour ceux qui pouvaient les déchiffrer. Maître du savoir, il préside à la poésie et a donné aux hommes l'écriture. Dieu de la Guerre, il est fourbe et rusé, et possède une lance comme arme magique. Accompagné de deux corbeaux qui ne le quittent jamais, Hugin et Mugin, la Pensée et le Souvenir, c'est un magicien qui régente selon sa volonté les actions des hommes. Il entretient des liens étroits avec les morts et le monde souterrain.
Il a trois femmes, dont la déesse Frigg, réputée pour sa sagesse et pour son silence. Le fils aîné d'Odin, Thor, est un dieu jeune et beau, seigneur de l'orage, du tonnerre, des éclairs et de la pluie bienfaisante. Il combat les géants grâce à son marteau magique et à sa science. Baldr, qui est aussi un fils d'Odin, est le dieu de la Lumière et de la Beauté. Il figure l'expression de la bonté, indispensable dans ce monde d'une grande violence. Quant à Tyr, c'est le dieu du Droit et de la Guerre. Il est manchot et possède la hache comme attribut. Le dernier cité, Loki, est un fauteur de troubles. Fils d'un géant, il sème le malheur partout où il passe.
Les principales divinités scandinaves
Face aux Ases, les Vanes sont des divinités agraires, dont le caractère est de perpétuer la vie naturelle. Les trois figures essentielles sont Njördr, hermaphrodite, et ses enfants, Freyr et sa parèdre Freya, qui président à l'amour, à la joie de vivre et à la fertilité-fécondité.
Originaires d'une région située aux confins de l'Allemagne du Sud et de la Bohême, les Celtes entreprirent des migrations qui les conduisirent en Espagne, dans le nord de l'Italie, en Angleterre, en Gaule (avec la triade, Esus, Taranis, Teutatès) et en Irlande, du Ve au IIIe s. avant J.-C. Comme ils n'ont pas laissé de documents écrits, la plupart des documents qui ont trait à leur mythologie et à leur religion proviennent d'Irlande et datent du XIIe s. de notre ère, quand leur mise par écrit fut entreprise sous l'égide des chrétiens.
Un des cycles les plus connus de cette mythologie évoque l'histoire des ancêtres des Irlandais. Parmi les premiers arrivants se trouvaient surtout des femmes, menées par Cessair. Ces conquérants accostèrent avant le grand Déluge, au cours duquel ils périrent tous, à l'exception de Fintan, qui, incarné en saumon, aigle ou faucon, vécut toutes les époques suivantes. Un deuxième groupe, conduit par Partholon, mourut de la peste. Nemed se trouvait à la tête d'un troisième groupe d'envahisseurs, qui se divisa en trois tribus. Deux d'entre elles, les Fir Bolg (« Hommes Foudre ») et les Túatha dé Dánann (« tribu de la déesse-mère Dána »), entrèrent en lutte pour la possession du territoire : après une bataille, à Mag Tured, ces tribus firent la paix et convinrent de vivre en harmonie.
Un autre cycle, celui de l'Ulster, retrace les exploits de Cúchulaín, un homme brun, de petite taille, débordant de gaieté. Quand il est sur le champ de bataille, un changement spectaculaire s'opère en lui : il grandit et fait disparaître l'un de ses yeux de son visage, tandis que ses cheveux, à l'extrémité desquels perle une goutte de sang, se dressent sur sa tête. L'épopée montre Cúchulaín aux prises avec ses geasa, sortes d'obligations personnelles qu'un individu ne saurait transgresser sans avoir à en assumer les conséquences désastreuses. Mortellement blessé au cours d'une bataille, Cúchulaín, incarnation de l'orgueil et de l'indépendance de l'Irlande, est adossé et ligoté à un menhir, afin qu'il meure debout.
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