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Jeux de rôles

jeu

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Consulter aussi dans le dictionnaire : jeu

jeu
nom masculin
(latin jocus, plaisanterie)

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la Rome antique.

 Activité de loisir soumise à des règles conventionnelles, comportant gagnant(s) et perdant(s) et où interviennent, de façon variable, les qualités physiques ou intellectuelles, l'adresse, l'habileté et le hasard : Jeu d'adresse. Jeu télévisé. Jeux d'argent. Jeux de cartes. Tricher au jeu.

Mathématiques

 Théorie des jeux, ensemble des méthodes mathématiques permettant la résolution de problèmes faisant intervenir règles de décision et notions abstraites de tactique et de stratégie.

Musique

 Jeu d'orgue, suite ou série de tuyaux correspondant à un même timbre.

Théâtre

 Forme dramatique du Moyen Âge.

jeux
nom masculin pluriel

 Dans l'Antiquité, compétitions sportives ou dramatiques, de caractère liturgique à l'origine, et qui se déroulaient en présence de la foule.

LES JEUX DE LOISIRS

Les jeux et jouets d'enfant

Les jeux d'éveil

Les jeux d'éveil apparaissent aux États-Unis au cours des années 1930, quand on commence à s'intéresser au développement de l'intelligence de l'enfant et à comprendre que c'est par le jeu, dès son plus jeune âge, qu'il acquiert la capacité de surmonter des situations complexes et développe des facultés motrices, affectives, intellectuelles et sociales. On cherche alors à concevoir ou à adapter des jeux pour chaque étape du développement de l'enfant. De la stimulation naturelle interactive entre le jeune enfant et son entourage, on passe à une attitude pédagogique et éducative volontaire, conçue pour accroître les capacités du futur adulte. Dès les premiers mois, les jouets proposés au bébé favorisent l'éveil sensoriel, principalement par la stimulation du toucher, de la vue, de l'ouïe.

Les jeux de construction et d'adresse

Dans les premiers stades du développement de l'enfant, la manipulation des objets est essentielle. Elle est favorisée par les jeux d'empilement puis de construction.

L'acquisition de la position assise puis de la station debout ouvre à l'enfant un large éventail d'activités de motricité, qui stimulent le goût de l'exercice et l'adresse.

Les poupées

À toutes les époques, la poupée est un jouet populaire. Même si, dans les cultures traditionnelles, la poupée possède un caractère rituel, elle est aussi destinée au jeu. Fabriquée aujourd'hui en série, elle est accompagnée d'accessoires vestimentaires, d'éléments de mobilier et de divers objets. À partir du XIXe s., la poupée imite la mode des femmes, mais aussi les petites filles modèles et les nourrissons. Les poupées anciennes, ainsi que les poupées modernes de marque, sont très prisées des collectionneurs et elles ont leurs musées.

Les peluches

L'ours, très présent dans les contes traditionnels de l'Europe du Nord, archétype de l'animal protecteur et complice, puissant tout en paraissant doux et placide, est d'abord l'animal le plus souvent incarné par la peluche. Il apparaît simultanément en Allemagne et aux États-Unis, au début du XXe s. Bientôt, la production d'animaux en peluche s'élargit d'une variété illimitée d'animaux, insectes et crustacés.

Les jeux de société

Les témoignages archéologiques sur les jeux de société sont très rares ; en effet, les jeux les plus courants étaient pratiqués avec des formes très simples. Sur près de trois millénaires de civilisation égyptienne, on identifie seulement quatre jeux différents : tous sont des jeux de parcours qui répondent au même principe que l'actuel backgammon.

Les jeux de parcours

Parmi les jeux de parcours, on peut notamment citer le jeu de l'oie, inventé, selon la légende, par Palamède, un héros grec, durant le siège de Troie ; il fut très en vogue aux XVIIe et XVIIIe s. Les petits chevaux ou le loto sont également des jeux de parcours très populaires.

Les jeux de lettres et de mots

Les jeux de lettres les plus communs sont les mots fléchés ou les mots croisés. Ces derniers, apparus en Grande-Bretagne, au XIXe s., se sont réellement développés aux États-Unis. Les premiers mots croisés ont en effet été publiés en 1913, dans le supplément du dimanche du New York World. Le jeu consiste à trouver un certain nombre de mots, dont les définitions, énigmatiques mais justes, sont données, en les transcrivant sur une grille quadrillée qui forme des cases : les blanches reçoivent les lettres, les noires servent à séparer les mots. Il en existe de nombreux dérivés, tels les mots fléchés.

Les jeux de stratégie

Jeux de déduction, simulations de batailles, de guerres, d'opérations commerciales ou incarnations de personnages fantastiques (jeux de rôle), les jeux de stratégie englobent de vastes univers et font appel tant à des qualités de logique et de rationalité que d'imagination.

Les jeux de patience

Parmi les jeux de patience, le puzzle, le casse-tête chinois et le mikado sont les plus communs. Ce dernier était déjà pratiqué au Moyen Âge sous le nom de jonchets.

Les jeux de hasard et d'argent

Outre les jeux de cartes tels le black-jack ou le baccara, la roulette – introduite officiellement à Paris en 1760 – et les jeux de dés font appel au hasard. Ces derniers, auxquels les Grecs jouaient avec passion, étaient connus en Égypte, en Orient, en Inde. Les Romains s'y adonnaient aussi et l'empereur Claude écrivit un traité du jeu. La tradition rapporte que les soldats romains, au pied de la croix, jouèrent aux dés la tunique du Christ.

Pendant tout le Moyen Âge, les dés devinrent une occupation favorite, souvent même une passion, dans toute l'Europe. Le calcul des probabilités est né de l'étude des jeux de dés et de l'évolution des chances que l'on a de gagner ou de perdre. Il est d'ailleurs intéressant de noter que le mot hasard vient de l'arabe az-zahr, qui signifie « dé à jouer ».

Les jeux de stratégie et de combinaisons

Toutes les civilisations ont inventé des jeux de stratégie. Les plus anciens qui nous sont parvenus sont souvent, à l'image du jeu de go, les plus complexes. On peut les classer en deux grandes catégories : les jeux de réseaux, qui peuvent être tracés sur n'importe quel support, et les jeux de plateau, qui se jouent sur un échiquier, un damier ou un plateau à flèches.

Les jeux de réseaux

Les jeux de réseaux sont à la fois les plus simples quant à leurs règles et les plus diversifiés quant à leurs possibilités stratégiques. Ils étaient associés, dans l'Antiquité, à la formation militaire. Le plus célèbre d'entre eux, le jeu de go, est connu en Chine depuis 3 000 ans, mais sa diffusion en Occident ne date que du XXe s. Parmi les nombreux jeux de réseaux, les guerriers de pierre désignent un jeu pratiqué par les Indiens d'Amérique du Nord avec des statuettes en terre cuite. Les marelles, qui se jouent avec des cailloux, sont également des jeux de réseaux.

Les jeux de plateau

Le plus ancien des jeux de plateau serait l'ancêtre de l'actuel backgammon. D'origine indienne, la table de jeu comprend deux parties portant chacune douze flèches qui symbolisent les signes du zodiaque, et les dés que l'on utilise sont l'instrument du destin. Ce jeu, qui s'est diffusé dans l'Antiquité, était connu des Romains sous le nom de « jeu des douze lignes ». Il était très apprécié au Moyen Âge et comportait à cette époque de nombreuses variantes locales. Le backgammon d'aujourd'hui est dérivé du jacquet, jeu très répandu en Europe à partir du XVIIe s.

Le trictrac était un jeu voisin, aux règles un peu plus compliquées, qui a été abandonné à la fin du XVIIIe s.

Les échecs, ou jeux d'échiquier, sont également très anciens. Leur origine est indienne et remonterait à 1 500 ans au moins sous le nom de shaturanga. Le jeu s'est propagé vers le Moyen-Orient dès le VIe s., puis jusqu'à l'Europe par le biais des Arabes et des croisés. Il en existe aujourd'hui de nombreuses variantes, tels les échecs chinois et japonais, les échecs de Tamerlan.

Les jeux de dames, ou jeux de damier, auraient également été introduits par les Arabes dans l'Europe du Moyen Âge. Plus accessibles que les échecs, ils utilisent le même type de plateau et de simples pions. Les variantes sont fort nombreuses et le jeu actuel, dit aussi « dames polonaises », serait l'invention d'un militaire français au début du XVIIIe s. Il existe des dames turques dont les règles sont très différentes, et plusieurs jeux africains de damier anciens, comme le dâmma et le seega.

Les jeux électroniques

Les jeux électroniques voient le jour au début des années 1970, dans la foulée des recherches sur l'informatisation des jeux d'échecs.

Les jeux vidéo

Le marché des jeux vidéo démarre vraiment à la fin des années 1980 avec l'invention des consoles. Si les informaticiens des campus américains furent des pionniers, ce sont les fabricants japonais qui ont alimenté le marché, dont la croissance est spectaculaire à partir de 1988. Depuis le milieu des années 1990, le recours au disque compact (CD) permet l'utilisation de la troisième dimension dans la conception des jeux. Plusieurs centaines de jeux sortent chaque année.

On peut jouer à ces jeux dans une salle de jeu spécialisée, dite « salle d'arcades », ou chez soi, sur une console reliée à l'écran d'un téléviseur ou sur un micro-ordinateur. Les jeux, auparavant présentés sous forme de cartouches (circuit électronique imprimé) sont à présent édités sur CD-ROM ou DVD-ROM.

Les jeux électroniques portatifs

Les petits jeux électroniques apparus au début des années 1980 représentaient la première génération des jeux vidéo. Ces petits boîtiers, de la taille d'une calculette, à écran à cristaux liquides, ne possédaient qu'un seul jeu, fort simple. Ces dispositifs ont décliné au profit de consoles portables plus puissantes et plus sophistiquées, à écran noir et blanc, puis couleurs. Aujourd'hui, les jeux accompagnent les téléphones portables et les assistants personnels.

MATHÉMATIQUES

Le principe fondamental de la théorie des jeux a été découvert par le mathématicien J. von Neumann en 1928, mais c'est seulement en 1944 avec la Théorie des jeux et du comportement économique de J. von Neumann et de l'économiste Morgenstern qu'elle entre dans sa phase de maturité. Le jeu de base, appelé duel, se joue à deux personnes ou à deux équipes. Ce que perd l'un profite exclusivement à l'autre. Le gain ou la perte de chaque joueur dépend non seulement de ses propres initiatives, mais aussi de celles de son adversaire. Les règles du jeu doivent être traduites par une suite de possibilités pour le joueur qui est sur le point de décider du choix du coup suivant. Le point de vue adopté par la théorie des jeux consiste pour le joueur à se placer toujours dans une situation comportant le moindre risque et non pas à vouloir obtenir le plus gros gain.

La théorie des jeux aborde aussi des problèmes où il y a plus de deux joueurs (groupements d'intérêts, coalitions) et s'applique à divers domaines (militaires, économiques) où alliance et conflit interviennent. Pour de nombreuses applications, les ordinateurs sont indispensables.

MUSIQUE

Jeu d'orgue

La hauteur du tuyau le plus grave de la série détermine le classement du jeu dans l'échelle sonore, suivant la terminologie ancienne : jeu de 16, de 8, de 4, de 2 pieds. Parmi les jeux d'orgue, on distingue les fonds groupant des jeux aux tuyaux cylindriques, ouverts ou bouchés ; les mutations composées, ou pleins jeux, groupant plusieurs tuyaux (en métal) par note, destinés à renforcer le son fondamental ; les jeux d'anche dans lesquels celle-ci vibre à l'intérieur du pied du tuyau en métal, parfois en bois.

THÉÂTRE

Les jeux du Moyen Âge

On désigne sous le nom de jeux des représentations liturgiques ou profanes, en langue vulgaire, auxquelles se mêlait de la musique. Vers le Xe s., on voit apparaître le drame liturgique, à vocation édifiante, donné à l'église, dans le chœur ; il ne semble pas qu'il y ait de relations entre ces ordos (calendriers des fêtes religieuses) et le théâtre antique. Une habitude née à Jumièges et portée à Saint-Gall a consisté, comme moyen mnémonique, à placer des tropes (paroles en latin) sous les longues vocalises des alleluia, puis du kyrie. C'est de ces tropes qu'est né le système des dialogues puis des représentations donnés dans le chœur à matines et vêpres, et mêlés à la liturgie pendant les cycles de Noël et de Pâques. Il semble aussi que les tropes seraient à l'origine des chants de troubadours (tropator).

La pastourelle et la bergerie

Le jeu est né également de l'adaptation dramatique de deux genres pratiqués par les troubadours : la pastourelle, chanson courtoise et aristocratique dans laquelle une bergère est courtisée par un chevalier qu'elle accepte ou repousse ; la bergerie, petit poème simple et gracieux, en prose ou en vers, sur les amours des bergers. Les premiers drames liturgiques sont directement inspirés des Écritures, comme le sujet du Sponsus, qui retrace la parabole des vierges sages et des vierges folles. Vers la fin du XIIe s., le français, langue vulgaire, est introduit dans les épopées et dans le drame, remplaçant le latin ; ce drame lui-même quitte le chœur et se place sur le parvis au début du XIIIe s.

Liturgie et art profane

Au XIIe s., le premier jeu dont le sujet soit liturgique, le Jeu d'Adam, comprend un commentaire en vers dialogués, le reste du texte étant entièrement chanté. Dans la première partie, la faute d'Adam et Ève est narrée ; la deuxième contient l'épisode de Caïn et Abel ; la troisième, le Jeu des prophètes. L'ensemble se situe dans le cadre du cycle de Noël. Le jeu réalise donc rapidement une synthèse entre texte dramatique, chant, musique, danse, mise en scène, ce qui en fait une sorte de théâtre total.

C'est le trouvère Adam de la Halle (Adam d'Arras, Adam le Bossu) qui illustre le jeu à vocation profane, sorte de divertissement aristocratique, avec le Jeu de la feuillée ou de la folie, 1262, et surtout le Jeu de Robin et Marion, 1283. Le dialogue dramatique y alterne avec des passages chantés. Bon nombre de refrains sont empruntés aux timbres connus de tous, refrains de rondeaux, cependant que les couplets sont écrits par l'auteur. Certains timbres sont parfois empruntés à des danses. Ainsi : Vous l'entendrez dire, Belle, vous l'entendrez dire utilise le motif de la danse du tour de pied ; ce thème, toujours avec l'incise « Belle », utilisé dans d'autres pièces de l'époque, est encore une manifestation des timbres populaires dont chacun pouvait profiter librement dans des œuvres originales.

Le jeu-parti (le joc-parti des troubadours) est d'une forme bien différente. Le texte est réparti entre deux voix qui engagent un débat amoureux et poétique ; chacun des trouvères plaide sa cause, improvisant des strophes ou des demi-strophes. Ce genre fut particulièrement cultivé dans les cours d'amour, où seigneurs et nobles dames rendaient vraisemblablement leur verdict en s'inspirant des règles de la galanterie chevaleresque.

ANTIQUITÉ

En Grèce

Très populaires en Grèce, les jeux publics, auxquels prenaient part des représentants des cités, étaient à l'origine des concours athlétiques (lutte, course, pugilat, disque, courses de chars, etc.), auxquels s'ajoutèrent des concours musicaux et poétiques. Les plus célèbres étaient les concours d'Olympie, de Delphes (jeux Pythiques), de Némée, de l'Isthme (jeux Isthmiques).

Les jeux du cirque à Rome

Destiné chez les Romains à la célébration de jeux et spectacles publics, le cirque est un vaste édifice allongé dont la conception fut empruntée à l'hippodrome grec ; il ne doit pas être confondu avec l'amphithéâtre rond où se déroulaient les combats de gladiateurs.

Les édifices

Rome ne compta pas moins de douze cirques, dont le plus ancien, le Circus Maximus, ou Grand Cirque, remonte à l'époque des rois. Un grand portique à trois étages, que rythmaient quatre tours, supportait les gradins où, après les travaux que fit effectuer Jules César, plus de 350 000 spectateurs pouvaient trouver place. Deux loges spéciales furent aménagées dans ces gradins : une pour l'empereur, et une autre réservée au mécène qui finançait les jeux. L'intérieur de l'enceinte était occupé par une arène de 634 m de long : un mur peu élevé, l'épine, orné d'obélisques, de statues et d'un portique, la coupait en deux dans sa longueur, déterminant ainsi une piste allongée où s'élançaient les chars. À son extrémité arrondie l'enceinte du cirque abritait les écuries et les remises, tandis que l'autre s'ornait de la porte triomphale, réservée à la sortie des vainqueurs. D'autres villes de l'Empire eurent aussi leur cirque : en Gaule, surtout, Arles et Vienne en gardent des vestiges.

Les jeux du cirque

Les origines

Le terme générique de jeux du cirque désignait divers spectacles et compétitions dont les plus anciens furent notamment la course de chars et le pugilat. L'origine de ces jeux remonte à l'un des premiers épisodes de l'histoire de Rome : selon la tradition, Romulus les institua pour attirer les Sabines et procurer ainsi des épouses à ses compagnons. Par la suite, le cirque fut affecté à de grands spectacles guerriers, occasions pour les généraux triomphants et les princes démagogues de s'attirer la faveur des foules : véritables institutions, les jeux contribuaient à intégrer la plèbe à la cité romaine. On ne manquait pas, avant de commencer, de satisfaire au culte public par une procession. Mais ces jeux n'avaient pas le caractère meurtrier de la gladiature ; ainsi, dans les « jeux Troyens » les jeunes nobles de Rome s'affrontaient à cheval en des combats simulés. On reconstituait également des scènes de bataille, avec cavalerie et infanterie, sortes de grandes manœuvres à l'intérieur du cirque.

Les combats de gladiateurs

Les gladiateurs y apparaissaient néanmoins à l'occasion des chasses (venatio) : là, des hommes appelés « bestiaires » affrontaient à pied ou à cheval des bêtes féroces, fauves, éléphants, taureaux, pour la grande joie du public. Plus tard, des empereurs qui voulaient se montrer généreux associèrent le public aux parties de chasse : chacun était invité à descendre dans l'arène, transformée en forêt pour l'occasion, et à s'emparer du gibier abondant et inoffensif qu'on y avait lâché.

Naumachies et courses de chars

Chez les Romains, les naumachies avaient lieu d'abord dans le cirque ou dans l'amphithéâtre dont on transformait l'intérieur en lac en y amenant l'eau du Tibre ou des aqueducs. César fut le premier à faire creuser un bassin spécial pour ce genre de spectacles. Auguste fit établir un nouveau bassin le long du Tibre et l'entoura de plantations. De nouvelles naumachies furent établies par ses successeurs, mais la plus célèbre fut celle qu'érigea Domitien. Elle était entourée d'une construction disposée en gradins pour servir de sièges aux spectateurs. Le lac Fucino servit aussi plusieurs fois, notamment sous Claude, à ce genre de spectacles. Les combattants qui figuraient dans les naumachies étaient des prisonniers de guerre ou des criminels condamnés à mort. Les navires formaient deux escadres, et l'on désignait chacune d'elles par le nom de quelque nation maritime. Les Romains déployaient dans les naumachies la même pompe et le même luxe que dans les autres jeux du cirque. On y voyait nager soit des monstres marins, soit des jeunes femmes qui figuraient des Néréides. Dans une naumachie donnée par Claude sur le lac Fucino, on aurait compté pas moins de 100 navires et 19 000 combattants.

Mais le cirque eut toujours pour destination première les courses de chars, qui déchaînaient les passions et suscitaient des paris importants. Les chars, attelés à deux ou quatre chevaux, couraient généralement par quatre, avec une fureur telle que la compétition n'était pas exempte de dangers. Les cochers étaient organisés en quatre factions, ou écuries : la blanche, la rouge, la bleue et la verte, ces deux dernières étant les plus importantes. Dans une Rome muselée par la dictature impériale, la popularité de ces factions enflamma des rivalités, provoquant de violentes émeutes. Plus d'un prince, saisissant l'importance de ce dérivatif, encouragea cette passion : Caligula fréquentait les cochers, Vitellius punissait ceux qui calomniaient son écurie favorite.

La fin des jeux du cirque

Plus tard, à Byzance, ce même phénomène apparut à un autre niveau : les factions devinrent de véritables partis, et le cirque un lieu d'expression politique. Mais les jeux du cirque, en ce qu'ils avaient de spécifiquement romain, furent mis en cause par les progrès du christianisme, notamment à partir de Constantin. Ce n'est cependant qu'avec la conquête de Byzance par les croisés, en 1204, que les courses de chars disparurent.

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