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Les invasions barbares

invasion

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Consulter aussi dans le dictionnaire : invasion

invasion
nom féminin
(bas latin invasio, -onis, du latin classique invadere, envahir)

Cet article fait partie du DOSSIER consacré aux invasions.

 Action d'envahir un pays avec des forces armées : Les réfugiés fuient l'invasion.

Les grandes invasions (IIIe-VIe s.)

On donne le nom de « grandes invasions » (ou « invasions barbares », voire improprement « invasions germaniques ») à un vaste mouvement de populations qui s'est produit en Europe entre les IIIe et VIe s.

Durant cette période, l'Occident change de visage : des tribus germaniques venus du nord et de l'est s'installent progressivement sur les territoires romains – ce qui précipitent la chute de l'Empire romain antique –, où ils fondent de nouveaux royaumes dynastiques.

Les premières migrations de Barbares

Dès le IIIe s., des tribus germaniques frontalières de l'Empire romain commencent à s'infiltrer dans l'Empire romain. Beaucoup de ces « Barbares  », comme les appellent les Romains, s'intègrent en obtenant le statut de fédéré, qui leur permet de conserver leurs lois en échange d'un service militaire dû à Rome. Ainsi, à partir de 400, une grande partie des armées occidentales romaines est composée de ces hommes qui, bien souvent, ont accédé à des postes de commandement.

La première étape des grandes invasions est marquée par la victoire des Goths à Andrinople (378), où l'empereur Valens trouve la mort. Afin de mieux protégé le territoire impérial menacé, en 395, l'Empire romain est divisé entre les deux fils du défunt empereur Théodose : Arcadius hérite de la partie orientale (avec Constantinople pour capitale), tandis qu'Honorius se voit attribuer la partie occidentale (avec Rome pour capitale). Le second, qui règne de 395 à 423, est faible, et la réalité du pouvoir est exercée par des chefs militaires d'origine germanique, tel Stilicon. Partout dans l'Empire romain d'Occident, l'autorité impériale recule.

La succession des raids

La partie occidentale de l'Empire romain subit des assauts violents de la part des peuples le plus directement menacés par les Huns venus d'Asie. En 406, le limes rhénan est franchi par des groupes brutaux, au premier rang desquels sont les Vandales. Instables et dangereux, ces groupes sont responsables de pillages et de destructions qui ont laissé un souvenir terrible (comme l'illustre le terme « vandalisme »). Les Vandales, les Alains et les Suèves traversent la Gaule et l'Espagne romaine, où s'installent les Suèves (en Galice). En 429, les Vandales passent en Afrique du Nord et conquièrent Carthage, qui devient la capitale de leur nouvel empire.

Pour leur part refoulés des Balkans vers l'Illyrie, puis vers l'Italie, les Wisigoths mettent Rome à sac (410) avant d'envahir la Narbonnaise et l'Aquitaine, où ils sont établis comme fédérés en 413. La Gaule romaine devient la terre d'installation des Wisigoths (qui créent un vaste royaume, limité au nord par la Loire, et dont la capitale est Toulouse), suivis par les Burgondes (qui s'emparent finalement de la vallée du Rhône) et par les Francs (installés dans les territoires septentrionaux).

Sous le règne d'Attila (434-453), les Huns, peuple turco-mongol des steppes asiatiques, constituent une menace encore plus sérieuse. Ils sont cependant arrêtés aux champs Catalauniques, en 451, par la coalition des Francs, des Burgondes et des Wisigoths que conduit par le Gallo-romain Aetius. Leur empire, dès lors, va se disloquer. Dans le même temps, vers 450, la Bretagne romaine (la Grande-Bretagne) tombe aux mains des Angles, des Saxons et des Jutes (peuples germaniques venus de la mer du Nord), qui refoulent les Celtes vers l'ouest.

La chute de Rome

Dans ce contexte de mouvements migratoires, ponctués de raids et semant l'anarchie, la capitale de l'Empire d'Occident, Rome, est mise à sac à plusieurs reprises au cours du Ve s. : une première fois en 410, par les Wisigoths du roi Alaric Ier ; une deuxième fois en 455, par les Vandales du roi Genséric, débarqués d'Afrique du Nord. La troisième attaque de la Ville Éternelle est fatale à l'Empire romain d'Occident : en 476, l'empereur, Romulus Augustule, est renversé après un an de règne par le chef des Hérules, Odoacre (434-493), qui devient ainsi le premier roi barbare de la péninsule italienne.

À la fin du Ve s., la physionomie de l'Occident se trouve bouleversée. Les groupes germaniques, bien que peu nombreux – de 5 % à 6 % de la population romaine –, se sont imposés et ont constitué des royaumes. Dans la péninsule italienne, Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths (493-526), destitue Odoacre, choisit Ravenne pour capitale et se pose en héritier de l'Empire romain d'Occident. La Gaule est pour sa part aux mains des Francs, unifiés par le roi Clovis (481-511). Dans la péninsule Ibérique, les Wisigoths (qui ont été repoussés par les Francs au-delà des Pyrénées) installent un royaume puissant, avec pour capitale Tolède (vers 554). Quant à la Grande-Bretagne, les Anglo-Saxons effacent les traces de la colonisation romaine et fondent l'Heptarchie (VIe-IXe s.).

Les grandes invasions ont emporté avec elles l'Empire romain d'Occident. Un monde franc ou gothique a ainsi pris la succession de la Gaule, de l'Espagne et de l'Italie romaines.

Les nouvelles invasions (IXe-Xe s.)

Au IXe s., une nouvelle vague d'invasions touche l'Europe. De toutes, celles des Vikings en Grande-Bretagne et dans l'ouest de la France représentent sans doute la plus grande menace. Le danger vient également du sud avec les Sarrasins, des pirates musulmans partis d'Afrique du Nord et d'Espagne ; ils conquièrent la Sicile (831), pillent les côtes de l'Italie et de la Provence, atteignant, pour certains d'entre eux, la Suisse.

Vers 890, les Magyars (ou Hongrois), des cavaliers nomades venus d'Europe orientale, commencent à piller la Germanie et l'est de la France, laissant derrière eux les villes et les fondations religieuses en ruine. Les Magyars restent une menace pour l'Europe occidentale jusqu'à leur défaite (955) face à Otton Ier le Grand, roi de Germanie, puis premier empereur du Saint Empire (962-973) ; ils se sédentarisent finalement, pour fonder le royaume de Hongrie vers l'an 1000.

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