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Lutte armée entre États. (La guerre entraîne l'application de règles particulières dans l'ensemble des rapports mutuels entre États ; elle commence par une déclaration de guerre ou un ultimatum et se termine par un armistice et, en principe, par un traité de paix qui met fin à l'état de guerre.)
DROIT
LITTÉRATURE
MILITAIRE

Les règles essentielles du droit de la guerre résultent des conventions de La Haye et de Genève. L'état de guerre entraîne, entre États belligérants, la rupture de toute relation et la caducité des traités bilatéraux ; entre États belligérants et États tiers, les relations sont fondées sur le principe de la neutralité.

De nombreux écrivains de l'Antiquité ont célébré la geste militaire de leur patrie. En Grèce, citons, à côté de la légendaire Iliade, d'Homère, la Guerre du Péloponnèse, chef-d'œuvre de Thucydide, qui relate les événements de la guerre entre Athènes et Sparte jusqu'à l'année 411 avant J.-C. Chez les Romains, Salluste, dans la Guerre de Jugurtha, raconte la guerre de Rome contre le roi des Numides, Jugurtha (112-106 avant J.-C.), tandis que César se met lui-même en scène dans la Guerre des Gaules. Cependant, le point de vue de ces auteurs, qui, pour la plupart, étaient des militaires expérimentés, comme plus tard celui des chroniqueurs médiévaux (Joinville, Villehardouin ou Froissart), n'introduit aucune distance critique : la guerre, quel que soit son motif (conquête ou croisade), est considérée comme une nécessité. L'héroïsme est alors une notion inséparable de la guerre, où il se conquiert. En même temps, le champ de bataille est conçu comme l'espace initiatique par excellence, l'épreuve de la violence et de la mort renvoyant à l'apprentissage de la vie.
À la Renaissance, Blaise de Monluc et Agrippa d'Aubigné témoignent d'une approche plus lyrique de la guerre, qui met en relief son caractère tragiquement quotidien. Mais ce n'est qu'à partir des guerres napoléoniennes, c'est-à-dire a partir de l'avènement de la guerre massive, infiniment plus meurtrière (si elle est moins sauvage sur le plan de l'affrontement individuel), que va se développer dans la littérature une représentation nouvelle de la guerre.
Celle-ci devient un sujet littéraire à proprement parler. Une optique individualiste saisit l'homme isolé dans un mouvement collectif qui le dépasse ; ainsi la bataille de Waterloo, décrite par Stendhal à travers la perception de Fabrice dans la Chartreuse de Parme, introduit-elle à une vision moderne de la guerre. Dans Guerre et Paix, récit du long conflit entre Napoléon et la Russie, Léon Tolstoï, soucieux d'embrasser la totalité du phénomène de la guerre, multiplie les points de vue ; il donne des batailles une approche historique et une analyse stratégique, une description romanesque classique et une vision subjective par l'intermédiaire du prince André, du côté militaire, et de Pierre Bezoukhov, du côté civil. Pour l'Américain Stephen Crane, auteur de l'admirable Conquête du courage (1895), la guerre de Sécession, événement collectif, permet à l'individu d'accéder, par la violence, à un « au-delà du courage et de la lâcheté ». La guerre de Sécession, une des plus cruelles du XIXe s., inspira également à l'Américain Ambrose Bierce (1842-1914) plusieurs récits d'horreur.
Mais la guerre qui a suscité les textes les plus désespérés est certainement la guerre de 1914-1918, qui, par l'ampleur du carnage, l'angoisse causée par la puissance de destruction des armes modernes, sa durée, fit, plus que toute autre, prendre conscience aux combattants de l'absurdité de leur rôle. Pour certains des écrivains, français, alliés ou allemands, qui participèrent à cette guerre, le pacifisme fut la seule réponse à l'horreur. En France, Henri Barbusse : le Feu, Georges Duhamel : la Vie des martyrs et Roland Dorgelès : les Croix de bois ; en Allemagne, Erich Maria Remarque : A l'ouest rien de nouveau ; aux États-Unis, Ernest Hemingway : l'Adieu aux armes, transcrivent une même expérience de l'absurdité et de l'aliénation, exprimée dérisoirement par Louis-Ferdinand Céline dans Casse-pipe et Voyage au bout de la nuit.
En URSS, Vladimir Maïakovski et Mikhaïl Cholokhov (le Don paisible) [1928-1940] ont chanté la guerre civile de 1917. L'Espoir d'André Malraux et Pour qui sonne le glas d'Hemingway décrivent la guerre d'Espagne.
La guerre de 1939-1945 a engendré un très grand nombre de témoignages écrits, notamment en France, avec de très nombreux récits sur la guerre et la Résistance, et en Allemagne avec les Journaux de guerre d'Ernst Jünger et Ernst von Salomon, et avec la trilogie de Plivier : Stalingrad (1948), Moscou (1952) et Berlin (1954), mais aucune grande œuvre romanesque ne s'impose si l'on excepte les Nus et les Morts (1948), description réaliste d'un épisode de la guerre du Pacifique par l'Américain Norman Mailer, et l'œuvre de l'italien Curzio Malaparte.

De l'utilisation du cheval à des fins guerrières (XVIIIe s. avant J.-C.) à la bombe atomique (1945), la guerre a évolué également avec les structures politiques et sociales. Aux guerres menées jusqu'alors avec des armées peu nombreuses, auxquelles le citoyen ne participait pratiquement pas, succéda, avec la Révolution française, la guerre des peuples ; elle va aboutir au cours des deux guerres mondiales à la guerre totale dont le but, l'anéantissement de l'adversaire, s'accompagne d'une guerre idéologique et économique visant à anéantir les ressources morales et économiques de résistance. La menace de la guerre nucléaire domine, depuis Hiroshima, la stratégie internationale. Si l'aspect exorbitant de l'arme nucléaire a contenu l'éventualité de son emploi, il a favorisé, indirectement, la multiplication des conflits limités. À la guerre-éclair dont le fer de lance est le couple char-avion s'ajoute aujourd'hui la guerre électronique, qui s'efforce de ruiner les transmissions, les systèmes de guidage ou de détection. Plus récemment, le conflit Iran-Iraq a ravivé la menace de la guerre chimique. Avec les dimensions idéologiques des guerres est apparue au XXe s. la guerre psychologique qui tente, par tous les moyens, d'influencer le comportement des populations et des armées. La guerre subversive, menée à l'intérieur d'un territoire contre l'autorité politique en place, se définit par ses méthodes (propagande, guerre dans la foule) et par son enjeu (contrôle du pouvoir). Empruntant tout ou partie de ses méthodes aux deux types précédents, la guerre révolutionnaire, élaborée par les marxistes-léninistes, vise à provoquer et à exploiter tout mouvement de masse dans le but de prendre le pouvoir par un contrôle physique des populations ; en ce sens, elle se définit principalement par sa finalité et par la poursuite de cette finalité dans le cadre d'une stratégie globale.
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