Consulter aussi dans le dictionnaire : emprunt
Dette contractée sur le marché des capitaux par l'État, une collectivité publique ou semi-publique et les entreprises privées à des conditions fixées d'avance (durée, taux d'intérêt, régime fiscal, etc.).
Processus par lequel une langue s'incorpore un élément significatif (généralement un mot) d'une autre langue ; le terme ainsi incorporé.

En France, l'emprunt public date de 1536 et fut établi par constitution de rentes sur l'Hôtel de Ville ; il se développa surtout à la fin de l'Ancien Régime, sous l'influence de Necker.
En principe, chacun est libre de souscrire ou non aux emprunts publics. Mais, dans certains cas, l'emprunt est dit « forcé » (emprunt Barre de 1976 pour l'indemnisation des victimes de la sécheresse, par exemple). L'emprunt donne toujours lieu au paiement d'intérêts, le montant de ceux-ci étant fixé par référence au marché monétaire. Pour favoriser le placement de ses emprunts, l'État relève parfois artificiellement les taux servis en émettant l'emprunt au-dessous du pair. Dans l'emprunt à lot, au moment du remboursement, certains titres tirés au sort sont remboursés à une somme très supérieure au pair. L'emprunt à prime est remboursé au-dessus du pair. Pour lutter contre la dépréciation monétaire, l'État procède parfois à des emprunts indexés.
La conversion au pair substitue aux titres convertis des titres de même valeur nominale bénéficiant d'un intérêt inférieur. Dans la conversion au-dessous du pair, la diminution du taux de l'intérêt s'accompagne d'une augmentation du nominal des titres. Pour la conversion avec soulte, l'État offre de maintenir le revenu des porteurs, à condition qu'ils acceptent de verser une soulte. Enfin, dans la conversion différée, l'État sert, pendant une période intermédiaire, un intérêt moyen entre le taux primitif et le taux définitif.

L'emprunt est un facteur considérable d'enrichissement lexical. Le vocabulaire français compterait plus de 2 500 emprunts provenant pour une large part de l'italien (plus de 800, surtout aux XVIIe et XVIIIe s.) et de l'anglais (environ 700, surtout aux XIXe et XXe s.). L'intégration à la langue emprunteuse est plus ou moins complète : par exemple le pluriel originel de « dilettante » (des dilettanti) a fini par s'effacer devant le pluriel conforme à la grammaire française (des dilettantes). L'emprunt peut être aussi uniquement sémantique : il accroche à un mot déjà existant une signification nouvelle : c'est le cas pour caravane, dans le sens de « roulotte », qui vient de l'anglais caravan. Le calque, traduction littérale d'une expression étrangère est une autre forme d'emprunt (par exemple lune de miel de l'anglais honey moon). On peut distinguer enfin les emprunts de nécessité tels que cow-boy ou whisky désignant des réalités socioculturelles étrangères et les emprunts « de luxe » qui doublent un mot français déjà existant (night club pour boîte de nuit).