Ensemble des toiles peintes, des portants, des praticables et des éléments divers qui entourent et situent la représentation d'une œuvre théâtrale, cinématographique ou télévisée.

Jean Berain, décor pour Armide
- Philippe Chaperon, maquette de décor pour Aïda
- Sebastiano Serlio, décor pour scène tragique
Chez les Grecs, le décor de théâtre était fixe, avec quelques parties tournantes latérales (périactes). Les Romains développèrent la décoration mobile et l'emploi de machines. En France, le décor fut
simultané (mansions),
unique (époque classique),
successif (
XVIIIe s.). L'éclairage scénique (chandelles, etc., vers 1785 ; gaz vers 1845 ; électricité vers 1895) fut déterminant dans la conception de la peinture du décor. Encore
figuratif « à l'italienne » de nos jours, composé de châssis, fermes, frises, plafonds, praticables, rideaux, il fut
naturaliste vers la fin du
XIXe s., puis il devint
abstrait sous l'influence étrangère d'E. G. Craig et d'A. Appia, et de moins en moins décoratif avec B. Brecht, qui lui préféra une « création d'atmosphère ».
Devenu « espace scénique » après la Seconde Guerre mondiale, puis « lieu scénique » (T.N.P. de Chaillot, avec J. Vilar), il fait aujourd'hui l'objet d'un retour aux raffinements du décor illusionniste de la scène à l'italienne, en même temps qu'il est devenu « décor naturel » que transforment de savants éclairages lorsque la notion d'espace scénique a été bouleversée par la sortie du théâtre des salles conventionnelles de spectacle au profit de lieux insolites (entrepôts, usines, etc.).