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biome

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biome
nom masculin

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à l'écosystème.

 Très vaste milieu de vie, d'extension mondiale, sous un même climat. (Les principaux biomes sont la toundra, la forêt tempérée, la savane, la steppe, le désert, la forêt tropicale et équatoriale, les eaux fluviales, les eaux saumâtres, le littoral, les abysses.)

On peut distinguer dans la biosphère, à la surface des divers continents, des écosystèmes très étendus, dénommés macro-écosystèmes, chacun étant associé à un type de climat particulier. On désigne sous le terme de « biome » chacune des communautés vivantes spécifiques à un macro-écosystème – les macro-écosystèmes se caractérisant en effet par des communautés d'espèces vivantes qui leur sont propres. Ainsi, les forêts pluvieuses tropicales, les forêts méditerranéennes ou encore les steppes tempérées correspondent à autant de biomes distincts. Bien que ce terme ne soit pas usuellement utilisé en écologie marine, il est aussi possible de distinguer un certain nombre de biomes en milieu océanique.

Les biomes continentaux

Forêts tropicales et savanes

À l'équateur, la douceur régulière du climat et les fortes pluies ont permis le développement d'une bande presque continue, à l'échelle du globe terrestre, de forêts très denses et riches en espèces végétales et animales. Certaines de ces forêts équatoriales, comme la forêt amazonienne au Brésil, s'étendent jusqu'aux tropiques, c'est pourquoi on les appelle aussi « forêts tropicales ».

Dans les zones des tropiques, à cause d'une saison sèche plus ou moins longue, les forêts deviennent moins denses et sont souvent remplacées par de vastes formations herbeuses, les savanes. C'est en Afrique que ces paysages d'herbes (principalement des graminées) sont le mieux représentés, mais il y a également des savanes en Asie, en Amérique du Sud et en Australie. Les arbres (acacias, baobabs, eucalyptus…) sont soit pratiquement absents (savanes herbeuses), soit dispersés ou regroupés en bosquets (savanes arborées). Aux savanes font progressivement suite les déserts vers les plus hautes latitudes.

Formations méditerranéennes

Viennent ensuite les forêts méditerranéennes, qui sont propres aux régions tempérées chaudes marquées par une période de sécheresse estivale prolongée. Au-dessus du tropique du Cancer, au niveau de la Méditerranée, forêts et garrigues abritent ainsi une végétation à feuilles petites et coriaces, bien adaptée à un environnement chaud, où les précipitations font défaut pendant une partie de l'année. Des formations du même type se rencontrent en Amérique du Nord (sur le littoral de la Californie), au Chili, en Afrique du Sud (dans la région du Cap) et dans le sud de l'Australie.

Forêts tempérées et prairies

Les forêts tempérées d'arbres à feuilles caduques s'étendent aux moyennes latitudes de l'hémisphère Nord. Une grande partie de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique du Nord connaît un climat tempéré, à saisons plus contrastées que dans les régions intertropicales, mais dont les conditions n'atteignent pas la rigueur des climats polaires (froids en permanence) ou arides (chauds et secs). Ce climat tempéré est favorable au développement de forêts formées de chênes, de hêtres, d'érables et d'autres arbres qui perdent leurs feuilles en hiver (arbres à feuilles « caduques »). Les steppes, biomes de formations herbacées, se développent lorsque les pluies sont insuffisantes pour permettre la croissance des arbres.

Dans certaines régions, de grandes prairies ont remplacé les forêts tempérées, comme dans le centre de l'Amérique du Nord (États-Unis, sud du Canada), ainsi qu'en Europe et en l'Asie (de l'Ukraine à la Sibérie). En effet, loin des côtes et de l'effet adoucissant et humidifiant de l'océan, règne un climat tempéré de type continental, plus rude. En outre, de grandes zones de plaine sont parcourues en hiver par de l'air provenant des régions polaires et, en été, par de l'air chaud venu du sud, à l'effet desséchant. Ces conditions limitent la croissance des forêts et favorisent celle de l'herbe des prairies.

La prairie voit aussi son extension favorisée par l'action de l'homme, qui détruit la forêt pour transformer son terrain en pâturage. Après l'Europe, puis l'Amérique du Nord, ce type de prairie gagne actuellement sur la forêt en Amérique du Sud. De plus, beaucoup de prairies naturelles ont été mises en culture.

Forêt boréale et toundra

La taïga, immense forêt boréale de conifères, couvre sans discontinuité l'ensemble des zones subarctiques de l'Amérique et de l'Eurosibérie. Elle correspond à des climats rudes, froids et enneigés. Elle comprend surtout des conifères (pins, mélèzes, épicéas), avec quelques arbres feuillus en marge (bouleaux). Cette forêt forme un vaste anneau transcontinental, autour du pôle Nord.

À la limite nord de la taïga, le froid et le gel permanent du sol en profondeur empêchent la croissance des arbres : on entre dans le domaine de la toundra, formée d'herbes basses, d'arbrisseaux (bouleau nain), de mousses et de lichens. La toundra s'étend au nord du Canada, de la Russie, de la Scandinavie et, dans l'hémisphère Sud, en Terre de Feu.

Les biomes océaniques

La délimitation des biomes océaniques est moins aisée, par suite de l'homogénéité du milieu marin. Les mieux définis sont : les récifs coralliens propres à certaines zones littorales des mers chaudes ; les communautés des eaux tropicales des océans, au large ; les herbiers propres aux zones côtières de certains océans tempérés ; enfin, les peuplements du plateau continental des mers arctiques et antarctiques.

La distribution des biomes

La distribution des biomes n'est pas aléatoire. Elle présente une régularité, tant en altitude qu'en latitude. Les biomes se succèdent dans une zonation en altitude, depuis le fond des abysses océaniques jusqu'à la limite supérieure en altitude où la vie est possible.

On peut diviser les eaux marines en deux zones ayant chacune leurs macro-écosystèmes propres : la zone profonde, dite « aphotique », où la lumière est absente en permanence, et la zone superficielle, dite « euphotique », traversée par le rayonnement solaire ; celle-ci est la seule où peuvent vivre les organismes océaniques effectuant la photosynthèse : algues marines et phytoplancton. (→ plancton.)

En milieu terrestre, la limite extrême des forêts se situe sur les montagnes équatoriales vers 4 000 m, celle des cultures vers 4 500 m et celle des plantes vers 6 000 m dans les situations les plus favorables. L'altitude maximale atteinte par les divers biomes terrestres décroît régulièrement de l'équateur vers les pôles ; ainsi, aux moyennes latitudes de l'hémisphère Nord, celle des forêts s'abaisse vers 2 500 m.

Si les grands types de biomes présentent une zonation en latitude assez régulière de l'équateur jusqu'aux zones polaires, en milieux continental et océanique, les surfaces couvertes varient d'un hémisphère à l'autre par suite de l'extension variable des continents et des océans.

Les forêts tropicales sont régulièrement disposées de part et d'autre de l'équateur avec un maximum de surface dans une zone comprise entre ± 10° de latitude. Les déserts forment une ceinture continue autour du globe, à cheval sur les tropiques.

Les écosystèmes méditerranéens, présents sur les cinq continents, se rencontrent entre 30° et 45° de latitude. Les forêts caducifoliées se rencontrent aux moyennes latitudes tempérées ; elles sont quasi absentes des régions australes, où les terres émergées font défaut au-delà des 45° sud. Il en est de même de la taïga et de la toundra, qui sont des biomes propres au seul hémisphère boréal.

Il existe de façon très apparente une homologie, en altitude et en latitude, dans la répartition des grands écosystèmes et de leurs biomes respectifs. Par exemple, un déplacement en altitude du bord de la Méditerranée jusqu'à un sommet du parc national du Mercantour équivaut à un déplacement, en latitude, sur plusieurs milliers de kilomètres vers le nord de l'Europe.

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