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épidémie

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épidémie
nom féminin
(latin médiéval epidemia, du grec épidêmia)

Cet article fait partie du DOSSIER consacré à l'immunité.

 Développement et propagation rapide d'une maladie contagieuse, le plus souvent d'origine infectieuse, dans une population. → Larousse Médical

Depuis ses origines, l'humanité a été frappée par des maladies contagieuses, des épidémies qui l'ont décimée. Afin de les circonscrire et de les vaincre, une discipline spécifique, l'épidémiologie, a été développée.

La définition d'une épidémie

Le mot épidémie (du grec epi, sur, et dêmos, peuple, littéralement « qui circule dans le peuple ») qualifie soit l'apparition d'un grand nombre de cas d'une nouvelle maladie, soit l'accroissement considérable du nombre de cas d'une maladie déjà existante, dans une région donnée, au sein d'une communauté ou d'une collectivité. Quand l'accroissement s'atténue, de façon plus ou moins rapide, c'est la fin d'une période appelée cycle de l'épidémie. Chez les animaux et les plantes, des termes spécifiques désignent une épidémie : épizootie pour les premiers et épiphytie pour les secondes.

Initialement, le terme épidémie – utilisé pour la première fois par Hippocrate (v. 477 avant J.-C.-v. 360 avant J.-C.), à propos des oreillons – a été employé exclusivement pour décrire les poussées aiguës de maladies infectieuses, et donc transmissibles. Au XXe s., la définition s'est étendue à toute maladie, contagieuse ou non, et à tout événement de santé qui affectent un très grand nombre de personnes et sont extrêmement fréquents dans la population étudiée. Cette définition permet de considérer comme relevant de l'épidémiologie des maladies non transmissibles comme les cardiopathies, certains types de cancers, certaines maladies dues au vieillissement, mais aussi des phénomènes de santé comme la dépression ou l'obésité.

L'évolution d'une épidémie

Une épidémie qui « flambe » pour s'étendre sur une zone géographique très étendue (un ou plusieurs continents) est appelée pandémie (du grec pan, tout). Ainsi les épidémies de grippe dues à des virus très virulents deviennent des pandémies : ça été le cas de la « grippe espagnole » de 1918-1919 et de la grippe de Hong-Kong de 1968, qui ont fait des millions de morts dans le monde. Les fluctuations des mécanismes de défense de l'organisme humain (immunité) expliquent qu'une épidémie n'atteint jamais la totalité d'une population.

Après la période de flambée épidémique, une épidémie peut soit éteindre d'elle-même, soit évoluer en un autre type de phénomène. Ainsi, l'épidémie de sida, qui a débuté en Amérique du Nord, est devenue en quelques années une pandémie concernant tous les continents et tous les pays ; depuis, elle s'est installée durablement partout : le sida est devenu une endémie (un phénomène de santé dont la présence est habituelle dans une région déterminée, soit de façon constante, soit à des époques particulières de l'année ; le mot vient du grec endêmon nosêma, maladie indigène). Si une telle maladie endémique accentue sa diffusion avec régularité pendant certaines saisons, on parle d'exacerbation de l'endémie, et la maladie est alors appelée endémoépidémie. Une endémie peut elle-même dégénérer en épidémie. Dans les pays industrialisés, la poliomyélite, qui connaissait de fortes recrudescences pendant l'été et l'automne, constituait une maladie endémo-épidémique, jusqu'à l'introduction de la vaccination antipoliomyélitique de masse (obligatoire en France depuis 1964).

La survenue des épidémies

Les épidémies, qui obéissent à différentes modalités de distribution temporelle, peuvent être occasionnelles ou bien suivre des cycles plus ou moins longs et, parfois, répétitifs.

Les épidémies sans régularité

ll arrive que des épidémies se manifestent sans aucune régularité et apparaissent, selon les cas, à des intervalles de temps plus ou moins longs. Par exemple, les maladies qui n'existent pas à l'état endémique dans un pays et qui, en provenance d'un pays étranger, connaissent de fortes poussées lors d'événements extraordinaires (guerre ou famine).

Les épidémies cycliques

En revanche, les épidémies qui reviennent périodiquement ou de façon cyclique, mais pas forcément aux mêmes périodes, dépendent de plusieurs facteurs: les conditions climatiques, les modalités de développement des agents responsables, ou encore l'état d'immunité de la population cible.

Les phénomènes de santé qui se traduisent par des recrudescences à certaines saisons de l'année suivent un cycle dit annuel ou saisonnier. C'est le cas des gastro-entérites, qui se manifestent pendant les mois chauds de l'année, des maladies broncho-pulmonaires ou de la grippe pendant les mois froids, ou encore du paludisme au printemps et en été (périodes pendant lesquelles se développe le moustique anophèle, vecteur transmettant le parasite de cette maladie). Le cycle dépend dans ce cas des conditions climatiques ou des modalités de développement des agents responsables.

Certains phénomènes de santé connaissent des formes épidémiques plus sévères toutes les quelques années. La durée de ce type de cycle est fonction de la réceptivité (capacité à contracter la maladie) de la population. Les épidémies se produisent lorsque le nombre de sujets est suffisamment élevé pour permettre à l'agent responsable de circuler et de se propager – ces sujets n'ayant pas eu la possibilité de s'immuniser contre la maladie ou ayant perdu, plus ou moins complètement, l'immunité déjà acquise (le vaccin contre la rubéole, par exemple, est de préférence administré aux adolescentes, car vaccinées au cours de leur petite enfance elles auraient perdu, au bout d'un certain temps, l'immunité acquise). Avant la mise en place de la vaccination de masse, la rougeole, dont les épidémies réapparaissaient tous les 2 ou 4 ans, a constitué un cas exemplaire. Cette maladie, très contagieuse, laisse une immunité durable : on ne peut pas la contracter deux fois. Chaque épidémie de rougeole tend alors à s'achever dès que tous les réceptifs (personnes susceptibles d'attraper une maladie) l'ont contractée. Une nouvelle épidémie se produit seulement lorsque les naissances fournissent un nombre suffisant de nouveaux réceptifs, qui permettront au virus de la maladie de circuler. (→ immunité.)

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