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Fraction du revenu individuel (épargne individuelle) ou national (épargne nationale) qui n'est pas affectée aux biens de consommation : La rémunération de l'épargne.
Caisse d'épargne, établissement financier à but non lucratif, destiné à recueillir l'épargne du public, surtout la petite épargne, et à la rémunérer au moyen d'un intérêt, tout en laissant à l'épargnant la possibilité de retraits à vue.

Les caisses d'épargne et de prévoyance apparurent au XVIIIe s., mais c'est au cours du XIXe s. qu'elles se développèrent (la Caisse d'épargne et de prévoyance de Paris étant créée en 1818 par Benjamin Delessert avec le soutien du gouverneur de la Banque de France, Jacques Laffitte, et du duc de La Rochefoucauld-Liancourt). En 1835, un statut légal leur fut octroyé et, à partir de 1837, les dépôts qui y furent effectués bénéficièrent de la garantie de l'État, les fonds étant désormais gérés par la Caisse des dépôts et consignations. Celle-ci administre également les ressources issues de la Caisse nationale d'épargne (CNE), organisme public fondé en 1881.
Le statut des caisses d'épargne et de prévoyance a été modifié par la loi du 1er juillet 1983, puis une importante réforme, touchant à leur réseau, a été introduite par la loi du 10 juillet 1991, qui a abouti à la création, en 1995, de la Caisse centrale des caisses d'épargne et de prévoyance (CCCEP), au capital détenu par le groupe Caisse d'épargne et par la Caisse des dépôts et consignations.
Les épargnants ont à leur disposition le livret A, sur lequel les dépôts sont plafonnés à 15 300 euros pour les particuliers et à 76 500 euros pour les associations, ou le livret B, sur lequel les dépôts sont illimités. Le livret A est distribué par la Caisse d'épargne, par La Banque Postale – filiale à 100 % de La Poste – ou par le Crédit mutuel (sous le nom de « livret bleu »). Plusieurs fois modifié, le taux de rémunération de ce livret a été baissé jusqu'à 2 % en 2005, puis il a été progressivement remonté et a été fixé à 4 % le 1er août 2008. En application de la loi dite « de modernisation de l'économie » promulguée en 2008, l'autorisation de délivrer un livret A sera étendue à l'ensemble du réseau bancaire français le 1er janvier 2009.
Le taux de rémunération du livret B, disponible dans les caisses d'épargne et à La Banque Postale, et accessible aux mineurs, n'est pas réglementé. Créé en 1996, le livret jeunes est un produit spécifiquement réservé aux 12-25 ans, qui peuvent y déposer jusqu'à 1 600 euros.
Les épargnants peuvent encore souscrire un livret d'épargne populaire (LEP), créé en 1982, ou un livret de développement durable (LDD, [dit anciennement CODEVI]), créé en 2007.

Trois catégories d'agents concourent à la formation de l'épargne : les ménages, les entreprises, les administrations publiques. L'épargne nationale est la somme de ces trois composantes, et l'épargne privée (que l'on oppose à l'épargne publique) est la somme des épargnes des ménages et des entreprises. Lorsque l'épargne domestique est insuffisante pour assurer les investissements nécessaires, on fait appel à l'épargne extérieure, ce qui entraîne un déficit du compte courant de la balance des paiements.
Les dépenses de consommation, qui doivent être prises en considération pour déterminer l'épargne brute des ménages, correspondent à l'ensemble des achats de biens courants et durables, à la seule exception des logements. Pour les entreprises, l'épargne brute correspond aux profits non distribués, après impôts ; l'épargne brute des administrations publiques est définie comme la différence entre les recettes totales et les dépenses courantes de fonctionnement et de transfert. Une part importante de l'épargne brute des ménages est affectée à l'investissement en logement ; le reste constitue l'épargne financière, qui est mise à la disposition des entreprises et des administrations pour combler l'insuffisance éventuelle de l'épargne brute de ces secteurs.
L'analyse des déterminants de l'épargne, la relation de celle-ci à l'investissement et donc son influence sur le développement de l'activité ont constitué des thèmes permanents de la pensée économique.
Pour les économistes de l'école classique, Adam Smith, David Ricardo, mais aussi Léon Walras, l'épargne est nécessairement investie sous forme de consommation ou d'investissement. L'agent ne conserve jamais d'encaisses oisives, il n'y a pas trace de préférence pour la liquidité. Toute épargne étant nécessairement transformée en investissement, le taux d'intérêt est la variable qui permet l'égalisation de ces deux grandeurs : l'offre d'épargne est une fonction croissante du taux d'intérêt, et la demande de fonds – l'investissement – en est une fonction décroissante.
Dans les années 1930, John Maynard Keynes remet en cause l'influence économique de l'épargne. Il critique avec ironie les classiques, selon lesquels le consommateur réduit sa dépense pour augmenter son épargne lorsque le taux d'intérêt augmente.
Pour Keynes, c'est le montant du revenu disponible et la propension à consommer qui déterminent le montant de la consommation, et indirectement celui de l'épargne. L'épargne n'est qu'un résidu du revenu lorsque les besoins de consommation sont satisfaits. L'évolution du taux d'épargne est donc liée en grande partie aux facteurs qui déterminent la consommation, c'est-à-dire en premier lieu aux fluctuations du revenu disponible. Des économistes ont ultérieurement émis l'hypothèse que le revenu influant sur le niveau de l'épargne n'était pas le revenu courant, comme le pensait Keynes, mais le revenu relatif ou encore le revenu permanent (selon l'opinion de Milton Friedman).
Keynes se distingue principalement des classiques en ce qu'il considère que, la plupart du temps, l'épargne et l'investissement sont le fait d'agents économiques différents, dont le comportement s'explique par des variables différentes (le revenu pour l'épargne, l'efficacité marginale du capital et le taux d'intérêt pour l'investissement). Les projets d'investissement sont ainsi largement indépendants de l'épargne existante, et leur égalisation à l'épargne existante n'est pas réalisée automatiquement par l'intermédiaire du taux de l'intérêt, comme le pensaient les classiques, mais par la variation du revenu. Par ailleurs, c'est l'investissement qui exerce un rôle moteur sur l'activité économique.
Au niveau mondial, et dans la quasi-totalité des pays développés, les taux d'épargne sont aujourd'hui beaucoup plus faibles qu'il y a deux ou trois décennies. La baisse résulte d'abord de la dégradation des déficits publics, qui a touché la plupart des pays de l'OCDE après le deuxième choc pétrolier, mais aussi d'une chute de l'épargne privée. Ce phénomène global de chute de l'épargne, qui recouvre des divergences importantes selon les pays, a entraîné une modification marquée de la répartition spatiale de l'épargne. La baisse, particulièrement sensible aux États-Unis et en France, est plus limitée au Japon, en Allemagne ou en Suisse.
Le taux d'épargne des ménages a connu une évolution en cloche : s'élevant jusqu'au premier choc pétrolier, il a baissé après le deuxième. Cette baisse du taux d'épargne s'est accompagnée d'une très forte progression de l'endettement des ménages. L'épargne des sociétés, après avoir subi de plein fouet la crise des années 1970, a augmenté au cours des années 1980, en raison d'une politique économique privilégiant les entreprises dans le partage de la valeur ajoutée. Il est clair cependant que les entreprises affichent toujours un besoin de financement. Le taux d'épargne des administrations publiques s'est, quant à lui, effondré sous l'effet du fort accroissement de la dette publique.
Dans la plupart des pays, l'épargne nationale est aujourd'hui insuffisante pour financer l'ensemble des investissements, ce qui se traduit par un déséquilibre significatif de toutes les balances des paiements courants. Exportateurs nets de capitaux au cours des années 1960, les pays de l'OCDE sont devenus importateurs nets depuis le début des années 1980. Les excédents d'épargne des pays de l'OPEP ont disparu ; en revanche, les taux d'épargne ont fortement augmenté dans les pays émergents et, dans une moindre mesure, dans les pays de l'Amérique latine.
On peut analyser l'évolution des taux d'épargne des ménages suivant plusieurs facteurs déterminants. Le plus simple est le revenu, mais d'autres facteurs comme l'inflation ou le taux d'intérêt permettent également d'expliquer les variations du taux d'épargne.
L'explication la plus simple de l'évolution du taux d'épargne des ménages réside dans l'évolution du revenu. Les années de forte croissance s'accompagnent de taux d'épargne élevés, et le ralentissement de l'accroissement des revenus se répercute sur l'épargne, parfois avec un certain retard lié à l'inertie des comportements de consommation.
Pour comprendre l'évolution de l'épargne, on doit aussi tenir compte de l'influence de la hausse ou de la baisse des prix. La thèse d'un comportement de « fuite devant la monnaie » a longtemps été défendue, mais aujourd'hui l'explication généralement proposée est celle de l' « effet d'encaisse réelle », ou de reconstitution des encaisses réelles. En période d'inflation, les ménages, dont les encaisses réelles sont dévalorisées, seraient incités à les accroître et dans cet objectif à épargner davantage. La désinflation, au contraire, accroît la richesse réelle et pousse les ménages à consommer.
L'effet d'une hausse ou d'une baisse du taux d'intérêt sur l'épargne est a priori ambigu. Une hausse du taux d'intérêt rend l'épargne plus attractive que la consommation immédiate ; mais, la rémunération de l'épargne étant supérieure, on atteint le patrimoine souhaité avec un effort d'épargne moins grand. Cependant, le niveau élevé des taux d'intérêt réels freine l'investissement dans le logement, qui constitue l'un des motifs les plus puissants de la constitution de l'épargne pour les ménages. Ce mécanisme peut être contrebalancé par l'évolution des possibilités d'endettement. (→ Bourse)
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