2. tabac
nom masculin
(espagnol tabaco, de l'arawak tobaco)
Cet article fait partie du DOSSIER consacré à la respiration.
Plante herbacée (solanacée) dont plusieurs espèces sont cultivées comme ornementales et l'espèce principale pour ses feuilles riches en nicotine et constituant le tabac au sens 2.
Ces feuilles, séchées et préparées pour fumer, priser, chiquer ou pour fabriquer des cigares, des cigarettes : Fumer du tabac brun.
Débit de tabac.
En apposition à bar, café, désigne un débit de boissons qui fait en même temps bureau de tabac.
Familier. Le même tabac, la même chose.
Tabac d'Espagne, nom usuel de l'argynne, papillon nymphalidé.
Virus de la mosaïque du tabac, virus à A.R.N., en forme de bâtonnet, pathogène pour les plants de tabac, découvert par W. M. Stanley et qui a été un modèle essentiel d'étude de la structure physique des virus.
D'une couleur brun roux qui rappelle celle du tabac séché.

Originaire d'Australie, le tabac a été propagé en Amérique et introduit en Europe, puis en Asie à partir du XVIe s. C'est une plante annuelle herbacée (Nicotiana tabaccum) atteignant de 1,50 à 2 m de haut. Ses feuilles entières peuvent mesurer 80 cm de long sur 40 de large. La graine, très petite, ne peut être semée directement. Le semis est effectué sous châssis vers la fin mars. Les plants sont repiqués 2 mois plus tard en pleine terre. La cueillette intervient environ 3 mois plus tard. Le tabac récolté en France pour fournir le tabac brun est aussitôt disposé dans un séchoir spécial, où les feuilles doivent perdre lentement leur eau. Les feuilles séchées sont triées, classées par dimension et qualité, mises en paquets appelés « manoques », puis réunies en balles livrées à l'usine.
Les feuilles de tabac sont soumises au battage, qui sépare les nervures des morceaux de parenchymes (strips). Les tabacs sont réchauffés et assouplis par de la vapeur, puis mélangés et mouillés avant d'être hachés. Après hachage, le tabac blond est séché, puis saucé, ce qui le rend plus doux. Le tabac brun est torréfié et acquiert ainsi son goût définitif. La confection des cigarettes est effectuée par des machines atteignant une cadence de 7 000 cigarettes par minute.
La production de cigarettes, dont la croissance a été de 50 % en 20 ans, est estimée à 5 500 milliards d'unités. La France, avec 54 milliards d'unités, se situe autour de la quinzième place des producteurs mondiaux.
La production mondiale de tabac est de l'ordre de 6,3 millions de tonnes (2007). La Chine est, de loin, le premier producteur (2,4 Mt) devant le Brésil (919 000 t), l'Inde (555 000 t), les États-Unis (353 000 t) et l'Argentine (170 000 t).

Le tabac peut être assimilé à une drogue, vis-à-vis de laquelle la dépendance est extrêmement forte. La dépendance physiologique au tabac est due pour la plus grande part à la nicotine.
La combustion incomplète du tabac donne naissance à du monoxyde de carbone (le gaz responsable des asphyxies hivernales quand les appareils de chauffage sont déficients). Ce dernier a la propriété de se fixer sur l'hémoglobine, diminuant sa capacité à transporter l'oxygène dans le sang. Un gros fumeur se trouve de fait en légère hypoxie (diminution de la quantité d'oxygène disponible pour l'organisme), comme s'il vivait à une altitude de 2 000 m.
Les substances irritantes contenues dans la fumée (acroléine, éthanal, formol, phénols…) sont agressives pour les muqueuses et perturbent le fonctionnement de l'épithélium respiratoire cilié, chargé d'éliminer les impuretés et le mucus des poumons. Ce blocage du drainage des bronches favorise l'apparition d'infections microbiennes.
Les goudrons, qui donnent de la saveur aux cigarettes, sont les substances les plus dangereuses pour la santé, car ils contiennent de nombreuses substances cancérigènes.
Ainsi, le tabagisme est la cause essentielle des cancers du poumon et contribue à l'apparition des cancers de l'hypopharynx. Il existe également une relation entre le tabac et les cancers de la vessie, les substances cancérogènes contenues dans le tabac étant éliminées par les urines. La fréquence des maladies artérielles (coronarites, artérites des membres inférieurs) est deux fois plus élevée chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.
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