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tablature

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. Nomenclature des instruments figurant dans une partition d'orchestre.

2. Méthode de notation propre aux instruments à clavier ou à cordes pincées, ayant pour objet soit d'abréger le graphisme en employant des lettres ou autres signes convenus (tablatures d'orgue), soit de guider les doigts de l'exécutant au lieu de figurer les sons de manière abstraite (tablatures de luth, guitare, cistre, etc.). Les tablatures d'orgue apparaissent au xive siècle et restent employées concurremment avec la notation usuelle jusque vers le milieu du xviiie siècle (Bach se sert normalement de cette dernière, mais note parfois encore ses corrections en tablature). On les trouve surtout en Espagne et en Allemagne aux xvie et xviie siècles.

Plus récentes (xvie siècle), les tablatures d'instruments à cordes pincées ont d'abord été largement majoritaires, puis se sont peu à peu effacées devant la notation usuelle sans jamais disparaître tout à fait. Le principe le plus fréquent consiste pour elles à figurer les cordes de l'instrument par des lignes parallèles qui prennent ainsi l'aspect d'une portée, mais doivent être comprises de manière différente. Sur la ligne représentant la corde à pincer, on trace des lettres ou des chiffres indiquant l'emplacement du doigt au moment de l'attaque. Les signes de durée sont placés à part au-dessus de la portée, mais marquent seulement l'emplacement des attaques, non la durée de tenue des notes, qui dépend matériellement de la sonorité de l'instrument et ne figure pas sur la notation. Des signes annexes ont trait aux doigtés et aux divers artifices instrumentaux, et des séparations verticales analogues aux barres de mesure marquent les divisions des phrases. Plusieurs systèmes concurrents ont été simultanément en usage, le plus souvent groupés par pays (tablatures française, italienne, allemande, espagnole), mais presque tous se réfèrent aux principes ci-dessus.

Par rapport à la notation usuelle, que l'on appelait autrefois « en musique », la tablature des instruments à cordes pincées possède plusieurs supériorités, parmi lesquelles celle de fixer sans équivoque le mode d'attaque des sons et la valeur des altérations, point sur lequel la notation usuelle est restée flottante jusqu'au xviie siècle ; par contre elle est parfois de lecture malaisée pour d'autres que pour l'exécutant, car elle exige la connaissance préalable de toutes les particularités de l'instrument réellement joué, y compris le mode d'accord de ses cordes, souvent variable ; elle ne rend pas compte, dans la superposition des voix, de la marche de celles-ci, et la perspicacité qu'elle exige du lecteur rend compte des divergences que l'on relève parfois entre différentes « transcriptions » de la même pièce en notation usuelle.

On peut rattacher aux tablatures divers procédés guide-doigts que l'on emploie encore aujourd'hui, en dépit de leurs évidentes contre-indications pédagogiques, pour faciliter aux débutants l'exécution de morceaux faciles sur certains instruments (cithare, orgue électrique, etc.) en leur « économisant » l'apprentissage du solfège, au moyen de cartons mobiles que l'on place sur l'instrument et qui indiquent par des dessins appropriés les cordes ou touches à actionner pour obtenir l'air désiré.