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rock and roll

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Style musical à prédominance vocale, issu de la rencontre de la musique populaire noire (blues et rhythm and blues) avec des éléments empruntés au folklore américain blanc (musique hillbilly, country and western).

Caractérisé par un rythme 4/4 vigoureusement appuyé sur le deuxième et le quatrième temps, le rock and roll utilise une instrumentation où dominent les guitares électriques (rythmique et basse, même si la contrebasse acoustique est encore employée dans les premières années) et la batterie, accessoirement le piano et le saxophone.L'expression « rock and roll » a été lancée en 1952 par un animateur de radio de Cleveland, Alan Freed. Le blues et le rhythm and blues utilisaient depuis longtemps les termes « rock » et « roll », très répandus dans le vocabulaire afro-américain, pour désigner des changements de tempo et de position, tout autant dans la danse que dans les relations sexuelles. Alan Freed fut le premier à intituler son émission, destinée aux jeunes Blancs, « Rock and Roll Party », afin de passer dans son programme de la musique noire, en évitant soigneusement de la présenter sous l'étiquette de rhythm and blues.

Deux musiciens ont joué un rôle capital dans l'avènement du rock and roll : un Noir, Fats Domino, et un Blanc, Hawk Williams. Fats Domino fut le premier artiste à triompher dans le hit-parade blanc, en particulier avec son grand succès Ain't that a shame. Il contribua ainsi à populariser le rhythm and blues de la Nouvelle-Orléans auprès de la jeunesse américaine. Hawk Williams, s'inspirant du folklore hillbilly, donna au rock and roll sa structure : une chanson dont l'alternance couplet-refrain raconte une histoire, avec une recherche sur l'arrangement et l'effet.

En 1954, un chanteur a l'idée de reprendre la formule de Fats Domino en y adaptant l'héritage de Hawk Williams : Bill Haley, qui, avec Rock around the clock, signe l'acte de naissance officiel du rock and roll. Très vite, les groupes et les chanteurs prolifèrent. Le rock and roll se diversifie alors en deux courant : d'une part, le rockabilly, uniquement interprété par des Blancs, surtout du sud des États-Unis (Elvis Presley, Buddy Holly, Eddie Cochran, Ricky Nelson, Gene Vincent, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis) ; d'autre part, directement issu du blues, le rock and roll noir, plus violent, au tempo endiablé (Little Richard, Bob Diddley, Chuck Berry).

Pour la première fois, une musique venue du sud des États-Unis, le rock and roll (blanc et noir), devient populaire auprès des Blancs du Nord. Après avoir envahi l'Amérique, il atteint l'Europe vers 1957-58. La vogue du rock and roll touche en premier lieu la Grande-Bretagne et y connaît une extension particulière, d'abord avec Tommy Steele, Cliff Richard et les Shadows, puis, après 1962, avec les Beatles, les Who, les Rolling Stones, trois groupes très fidèles au rock and roll et au blues à leurs débuts, mais qui évolueront par la suite vers la pop music.

La vague du rock and roll atteindra la France avec quelque retard. Johnny Halliday, Eddy Mitchell et Dick Rivers se contenteront d'offrir des versions françaises des succès américains. La récupération par le show-business du phénomène du rock and roll donnera la vague « yé-yé », une version rassurante du modèle original.

Explosion musicale, révolte contre l'ordre familial, le rock and roll marque un événement sociologique nouveau : pour la première fois, les adolescents, les « teenagers », se donnent un style et une musique qui n'appartiennent qu'à eux et s'affirment comme une classe d'âge dont l'importance économique ne fera que croître avec le temps.