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rhapsodie

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Étymologiquement, œuvre d'un rhapsode ou aède, sorte de barde itinérant qui, dans l'Antiquité grecque, déclamait des poèmes épiques.La part d'improvisation qui entrait nécessairement dans l'art de ces poètes de tradition orale a sans doute déterminé au début du xixe siècle, c'est-à-dire à l'aube du romantisme, le choix de ce terme pour désigner une composition musicale de forme libre et de caractère contrasté, où l'inspiration semble tenir beaucoup plus de place que les règles académiques. Le compositeur tchèque Venceslas Tomašek, champion résolu de l'improvisation, fut vraisemblablement le premier à produire des « rhapsodies » déclarées comme telles. Il ne devait pas manquer de disciples, plus illustres que lui, qui ont pareillement exploité au gré de leur fantaisie (et de leur science musicale) des thèmes populaires nationaux ou régionaux parfois réels, parfois imaginaires, l'essentiel étant de conserver à la rhapsodie sa couleur locale et son caractère épique. Franz Liszt a écrit non seulement ses fameuses Rhapsodies hongroises (ou plutôt tziganes), mais une Rhapsodie espagnole, comme le fera plus tard Maurice Ravel.

Il y aura aussi les Rhapsodies slaves de Dvořák, la Rhapsodie norvégienne de Lalo, la Rhapsodie d'Auvergne de Saint-Saëns, la Rhapsodie flamande de Roussel, la Rhapsodie nègre de Milhaud, la Rhapsodie bretonne de Ropartz, les Rhapsodies roumaines d'Enesco, et la Rhapsody in Blue de Gershwin, pour ne citer que les plus connues.

Mais d'autres compositeurs ne se soucieront même pas d'attribuer à leur œuvre une origine folklorique. C'est le cas de Brahms (Rhapsodie pour contralto, chœur d'hommes et orchestre), de Claude Debussy (Rhapsodie pour clarinette et piano), de Rachmaninov (Rhapsodie sur un thème de Paganini) et de Béla Bartók (deux Rhapsodies pour violon). Les deux Rhapsodies pour piano op. 79 de Brahms doivent moins cette appellation à leur forme, assez stricte, qu'à leur caractère de ballade épique.