En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

quart de ton

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Comme son nom l'indique, division du ton en 4 ou du demi-ton en 2 intervalles égaux. Mais la définition n'est simple qu'en apparence. Elle n'est en effet applicable telle quelle que dans le tempérament égal, le seul pour lequel tons et demi-tons forment des intervalles constants (ton = , demi-ton = ). Ce tempérament, bien que connu dès le xviie siècle, n'est généralisé que depuis le xixe siècle (→ TEMPÉRAMENT), et dans la musique occidentale seulement.

Avant, et ailleurs, la division des intervalles s'opère selon divers procédés dont le plus important est le cycle des quintes et quartes (rapports 3/2 et 4/3), mêlé depuis le xvie siècle à des rapports de tierces (5/4 et 6/5). Ils aboutissent à des catégories de tons différents entre eux et introduisent l'irrégularité dans leurs divisions (demi-tons) et subdivisions (quarts de ton, etc.).

Cependant, comme il s'agit de très petits intervalles, et que les différences sont peu sensibles à une oreille moyenne, on a souvent donné le nom de quart de ton à tout intervalle divisant en deux le demi-ton, et de demi-ton (autrefois semi-ton) à tout intervalle divisant le ton en deux, que cette division soit égale ou non et quelle que soit la mesure exacte des tons dans des gammes qui en comportaient plusieurs variétés. Les Grecs anciens donnaient au quart de ton le nom de « diesis », mais ce terme était susceptible de valeurs très différentes, et la question de savoir s'il divisait l'intervalle en valeurs égales était un problème d'école controversé.

Sous ces réserves, et dans l'acception élargie mentionnée, le quart de ton reste exceptionnel dans les musiques étudiées par l'ethnomusicologie. Il apparaît parfois dans certaines échelles, mais presque toujours à titre de resserrement du demi-ton compensé par l'élargissement de l'intervalle voisin. La musique grecque antique est l'une des rares qui connaissent la succession de deux quarts de ton de suite, réservée au genre « enharmonique », mais la compensation n'y est pas moins présente, reportée sur l'intervalle différentiel (tierce majeure) créé par cette succession à l'intérieur de la quarte, de sorte qu'il s'agit moins de quarts de ton que d'un très fort resserrement attractif de degrés mobiles à l'intérieur d'un cadre fixe de quarte juste.

Au Moyen Âge, le quart de ton disparaît de la musique occidentale (les rares indices qu'on a cru trouver de sa survie sont peu convaincants), puis certains humanistes du xvie siècle tentent artificiellement de le réintroduire dans le cadre de leurs essais pour le « retour à l'antique », sous le nom d'enharmonique. La tentative échoue. Au xixe siècle, les théoriciens proposeront dans le cadre du tempérament égal une nouvelle définition de l'enharmonie avec quarts de ton théoriques, en continuant le cycle des quintes jusqu'aux doubles altérations :

Cette explication, encore parfois enseignée, ne répond à aucune réalité, notamment dans le système tempéré égal auquel on prétend l'appliquer.

La musique du xxe siècle a parfois procédé à des essais de musique à quarts de ton par division égale du demi-ton tempéré (Hába, Wychnegradsky), et des instruments spéciaux ont été construits dans ce but, notamment des pianos à deux claviers décalés d'un quart de ton. Le plus ancien essai est sans doute tenté à Moscou en 1864. Le compositeur mexicain Julián Carrillo (1875-1965) utilise un clavier unique à l'aspect usuel, mais dont chaque touche est distante de sa voisine d'un seizième de ton, ce qui permet de jouer le quart de ton sous l'aspect d'une tierce majeure.