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polyphonie

I Muvrini
I Muvrini

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Par opposition à monodie, se dit en principe de toute musique où se font entendre simultanément plusieurs parties différentes. Toutefois, le terme s'emploie surtout lorsqu'on veut mettre en relief le fait que ces parties, qu'elles s'accordent ou non harmoniquement, sont mélodiquement indépendantes, ce qui oppose polyphonie à hétérophonie, où l'une des voix est une variante d'une autre, ou bien dont la polyphonie résulte d'accidents d'exécution, conscients ou non, sans qu'il y ait vraiment conception d'une voix différente. Le terme implique aussi que toutes les voix ont une valeur mélodique individuelle, ce qui oppose la polyphonie à la monodie accompagnée.

Le terme est très employé en ethnomusicologie ; en musique classique, on l'emploie surtout pour les périodes où le contrepoint avait prééminence sur l'harmonie, c'est-à-dire pour celles qui ont précédé la basse continue (Moyen Âge et Renaissance). Au-delà, son emploi devient exceptionnel et ne s'applique plus guère qu'aux passages écrits dans un style particulièrement contrapuntique.

À ses origines écrite (ixe s.), la polyphonie n'était guère qu'un artifice quelque peu fonctionnel de solennisation ou d'ornementation des textes monodiques préexistants, liturgiques ou non. Sans abandonner cette fonction, elle n'a cessé de progresser jusqu'à devenir une œuvre d'art d'abord (la mutation se produit à peu près avec l'école de Notre-Dame de Paris, à la fin du xiie s.), un art autonome ensuite, dont la musique occidentale, contrairement à d'autres, a fait le fondement même de sa technique et la base de son développement, qui lui assure l'essentiel de sa spécificité, face notamment aux musiques primitives ou orientales pour lesquelles, lorsqu'elle existe, la polyphonie ne joue qu'un rôle secondaire et souvent négligeable.