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ode

(grec ôdé, " chant ", puis, plus particulièrement, " poésie lyrique ")

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Ce terme désigne en général un poème destiné à être chanté, ou une œuvre musicale lyrique (par opposition à dramatique), dont le style est large et noble, et dont l'objet est souvent la célébration ou la commémoration d'un héros, d'une circonstance, etc. Chez les Grecs anciens, l'ode était un genre chanté, en chœur ou en solo, où poésie et musique étaient conçus ensemble, par des poètes-musiciens comme Alcée, Sapho et Pindare (v. 518 – v. 438 av. J.-C.), avec ses quatre livres d'odes triomphales qui célébraient par exemple les vainqueurs des jeux Olympiques. Le genre de l'ode fut repris par des poètes latins, comme Horace, qui publie entre 30 et 13 av. J.-C. quatre livres de Carmina (odes) inspirés plus souvent par l'ode légère et méditative d'Alcée et Sapho que par l'ode grandiose de Pindare, comme il le confesse lui-même. L'ode pindarique a une forme très nette, en trois parties, introduite par Stésichore : strophe et antistrophe, sur une mélodie commune, puis épode, sur une musique différente. Celles d'Horace ont des formes assez variées par strophes de quatre vers, mais ont en commun la recherche d'une certaine complexité métrique.

Le genre de l'ode survit au Moyen Âge, avec le souvenir de l'ode antique, mais c'est au xvie siècle qu'il fait l'objet d'une véritable entreprise de résurrection : à travers lui, on veut notamment retrouver cette fameuse union primitive du verbe et de la musique, qui était à la base de la musique des Anciens. Ces odes mesurées à l'antique sont harmonisées à trois ou quatre voix homorythmiques, sur des textes allemands ou latins, et fleurissent avec les œuvres de Sethus Calvisius, Ludwig Senfl, Claude Goudimel.

Avec ses thèmes religieux, humanistes ou solennels, l'ode est par excellence le genre savant et noble. Plus tard se développe l'ode de forme libre, qui se libère des jeux métriques complexes et devient un genre de célébration et d'hommage, pour les mariages, les fêtes, les anniversaires ou les funérailles (Ode à sainte Cécile, 1692, de Purcell, Ode à sainte Cécile, 1739, de Haendel, Ode funèbre, BWV 198, 1727, de Jean-Sébastien Bach). On ne trouve plus ensuite, aux xviiie et xixe siècles, que des odes isolées, souvent en référence à l'antiquité et de forme très variable (Ode anglaise, 1789, perdue, de Philidor, Ode à la musique, 1890, de Chabrier, quelques essais de mise en musique des odes d'Horace, et l'Ode à Napoléon, 1942, de Schönberg, d'après Byron).