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mozarabe

(arabe mostéarab)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Mot désignant dans la péninsule Ibérique les chrétiens soumis à la domination arabe.

Il est donné abusivement, depuis le xve siècle environ, à l'ensemble des rites de la liturgie catholique propres à la péninsule, et particulièrement à l'ensemble de ses chants. Le chant mozarabe ancien, très antérieur à l'arrivée des premiers Arabes en Espagne (711), puisqu'il s'est organisé à partir du ive siècle, fait partie du groupe dit « gallican » et avait été fixé pour l'essentiel vers le milieu du viie siècle.

Mais ce chant mozarabe reste, dans l'ensemble, mal connu, car les livres anciens, lorsqu'ils ont survécu, sont, pour la plupart, écrits dans une notation spéciale, dite « wisigothique », dont on ne possède pas la clef. On a pu en reconstituer partiellement des morceaux par des copies postérieures en d'autres notations, du xie au xiiie siècle ; ou par des livres récents au xixe ou même au début du xxe siècle, supposés en refléter les traditions. Cette quasi-disparition est surtout imputable à l'action du pape Grégoire VII, continuée par les clunisiens, visant à l'abolition des particularismes locaux et à l'alignement sur la liturgie romaine, en reprenant à son compte les efforts unificateurs des Carolingiens, auxquels l'Ibérie, extérieure à l'Empire, avait pu jadis se soustraire (→ GRÉGORIEN), mais auxquels elle ne put alors échapper.

Au début du xvie siècle, le célèbre cardinal de Tolède, Jiménez, décida une « restauration » du chant tolédan traditionnel et fit procéder, sans craindre d'inventer lorsqu'on manquait de documents, à l'élaboration d'un nouveau livre de chants, encore en usage à la cathédrale de cette ville, dont la maîtrise fut appelée Capilla mozarabe. C'est cette « restauration » qui est à la base de ce que l'on continue à appeler aujourd'hui le « chant mozarabe », mais dont le caractère d'authenticité est souvent discutable.