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micro

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Le microphone est, dans l'enregistrement de la musique, ce que l'objectif est à la photographie ou au cinéma : un objet peu encombrant, mais crucial, dont on ne saurait sous-estimer l'importance. Comme pour l'objectif photographique, il n'existe aucun modèle universel et, d'autre part, on ne saurait parler d'un progrès technique linéaire et continu dans l'histoire de l'enregistrement : chaque micro, tant par son type technique (dynamique, électrostatique, etc.) que par son champ d'ouverture (du plus « directionnel » au plus ouvert, omnidirectionnel), par son rendu propre (chaud, rond, sec, précis, velouté, etc.), et enfin par sa fonction (pour amplifier un chanteur, enregistrer en studio, capter tel type d'instrument, de voix ou de formation), est un cas particulier, et certains micros anciens ou classiques gardent toutes leurs qualités. Dans les musiques populaires, d'une part, et les musiques savantes contemporaines, d'autre part, le micro est devenu aussi un véritable instrument de création, permettant aussi bien de concevoir de nouveaux instruments (comme la guitare électrique) que de modifier électroniquement en direct un son en le captant à la source pour être ensuite « traité », distordu, etc. Dans ce dernier cas, Stockhausen fut un pionnier, avec une œuvre comme Mikrophonie I (1964) pour « gong » amplifié. Dans la musique électroacoustique, en particulier, le microphone ­ étymologiquement utilisé comme « amplificateur » d'événements sonores acoustiquement ténus ­ a permis de découvrir tout un monde de vibrations nouvelles, et de le faire accéder à la musique. L'enregistrement de la musique classique, quant à lui, érige souvent en principe l'idée de la « transparence » des moyens techniques, et tout y est fait pour faire oublier que le son a été capté techniquement. C'est bien sûr un pur mythe : beaucoup d'enregistrements sont le produit d'un savant mélange de microphones multiples, et même la solution consistant à utiliser un seul couple stéréophonique simulant le couple des oreilles pour enregistrer tout un orchestre n'a rien de « naturel », le micro n'ayant rien à voir, justement, avec les organes auditifs (malgré des tentatives raffinées de « tête artificielle »). Seul un grand pianiste comme Glenn Gould a eu l'audace de revendiquer et d'afficher clairement des partis pris d'enregistrement dans lesquels le micro ne se fait pas oublier. De plus en plus, cependant, se donnent des concerts où les chanteurs et les instrumentistes sont plus ou moins discrètement amplifiés, ce qui permet notamment de donner certaines œuvres dans des lieux trop vastes ou trop réverbérants, mais ne pourra que changer, à la longue, les règles du concert.