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lai

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Genre littéraire chanté ou non, pratiqué jusqu'au xve siècle, mais surtout en honneur aux xiie et xiiie siècles dans la France du Nord et les deux Bretagnes, la grande (Angleterre, Irlande) et la continentale (Bretagne française).

D'origine vraisemblablement celtique (on lui trouve des origines dès le vie siècle), le lai est, à l'origine, un poème narratif de caractère légendaire, apparenté à la chanson de geste et chanté comme elle sur un groupe de timbres à caractère répétitif, formant des laisses de longueur inégale, avec prélude et postlude instrumental (harpe ou vièle).

Ces lais anciens sont décrits dans les romans, notamment dans ceux du cycle de Tristan, mais n'ont pas été conservés, les quelques pièces que l'on possède sous ce nom semblant en avoir pris la dénomination par analogie sans en avoir les caractères. On possède, en revanche, des adaptations diverses, qui, elles aussi, ont gardé le nom de lai. Les unes sont des récits en vers non chantés (Marie de France, xiie s.), qui en racontent la matière sans en conserver la forme ; les autres sont des vers lyriques non narratifs, transmis avec leur musique et sans doute dans une forme analogue ; certains ont même conservé le titre du modèle sans que leur rapport avec lui apparaisse avec évidence (Lai du chèvrefeuille). Paradoxalement, on connaît ainsi, d'un côté, le contenu de l'histoire et, de l'autre, sa forme, musique incluse, sans pouvoir opérer la jonction ni reconstituer le modèle.

Du xiiie au xve siècle, le lai devient de plus en plus un genre littéraire (Eustache Deschamps, Christine de Pisan), même s'il reste parfois chanté (G. de Machaut). Il se prolonge en Allemagne par le leich, qui en dérive.