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justesse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Terme désignant la conformité du son émis par un instrument ou une voix avec l'échelle musicale qui sert de référence.

Mais, du fait de l'imperfection de tout système physique, une justesse absolue, mathématiquement rigoureuse, n'est pas concevable ; par ailleurs, l'usage du tempérament égal dans la musique occidentale entraîne, dans l'accord même des instruments à sons fixes, des approximations par rapport à une échelle théorique exacte. La notion de justesse apparaît ainsi comme indissolublement liée à celle d'une marge de tolérance qui rend la note exécutée acceptable ou non par rapport à l'échelle de référence. Dans les instruments à sons fixes (piano, orgue), cette marge est aussi réduite que possible. Mais, dans tous les instruments dont l'exécutant peut faire varier tant soit peu la hauteur, que ce soit un instrument à vent (par modification de la pression d'air et du jeu des lèvres), un instrument à cordes (par déplacement du doigt et pression de l'archet), un instrument à percussion (selon l'intensité et la position du choc), ou, à plus forte raison, la voix humaine, cette marge de tolérance est plus ou moins grande.

Cette variabilité est due à l'habileté de l'exécution et aux intentions de l'interprète : un mauvais violoniste jouera une note fausse parce qu'il n'aura pas été capable de la jouer juste, mais un bon violoniste peut s'écarter volontairement de la justesse optimale pour provoquer un effet expressif ­ par exemple, pour renforcer l'effet d'une altération, ou l'attraction de la note sensible vers la tonique. Ce sont les chanteurs qui peuvent le plus jouer sur cette marge de tolérance de la justesse, et les meilleurs d'entre eux ne s'en font pas faute. Une analyse au fréquencemètre révélerait aisément des écarts pouvant atteindre un quart de ton par rapport à la note théorique dans l'interprétation des artistes les plus justement renommés : c'est là une forme d'accentuation expressive, qui, dans ce cas, est perçue comme telle par l'auditeur, et non pas comme fausse note. En effet, notre système musical ayant le demi-ton comme plus petit intervalle, un quart de ton n'y peut être une note nouvelle, mais seulement un écart par rapport à la note exacte qui aurait dû être entendue. Dans ces conditions, la note exécutée n'est pas physiquement juste ; elle n'est pas pour autant perçue comme une autre note, n'existant pas dans notre échelle.

De même, chez les très nombreux peuples qui usent d'une gamme par tons entiers (échelles pentatoniques anhémitoniques de l'Afrique noire, par exemple), gamme qui ignore le demi-ton, un écart d'intonation d'un demi-ton par rapport à la note théorique est mentalement ramené à la note qui aurait dû être exécutée dans l'échelle employée, et non comme une note nouvelle. Mais quelles que soient les libertés que peuvent prendre avec la justesse idéale les plus accomplis des exécutants ­ libertés dont ils savent d'ailleurs user avec goût et modération ­, la recherche de la plus grande justesse d'exécution, d'intonation et d'audition demeure l'une des bases de tout apprentissage de la pratique musicale.