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folksong

(angl. ; « chanson populaire », « chanson des gens »)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. Expression désignant pour les Anglo-Saxons, dans son sens le plus général, les chansons traditionnelles, non culturelles, transmises oralement et véhiculées par des modes de diffusion traditionnels. On trouve dans ces pays de très nombreuses compilations de « folksongs » encore vivants, réalisées par des musicologues comme Alan Lomax. En France, sous le nom de « chanson folk » (expression curieusement empruntée à la langue anglaise pour désigner un genre visant à retrouver l'authenticité locale), on désigne un domaine de la musique « folk » qui vise à retrouver et à remettre en circulation un répertoire ancien de chansons, souvent oublié ou presque complètement tombé en désuétude. Alors que ce mouvement « folk » français présente souvent, malgré ses ambitions de réactualisation, un inévitable côté de « reconstitution », puisque les chansons qu'il tire de l'oubli ne correspondent plus, par leurs textes, aux mœurs d'aujourd'hui et ne parlent plus à notre expérience concrète, le « folk » américain ou anglais se situe dans la continuité d'une tradition qui ne s'est jamais interrompue et a fait adapter naturellement sa thématique à chacune des époques différentes qu'il traversait.

2. Plus spécifiquement, le « folksong » désigne un courant musical anglo-saxon récent, illustré par de grands personnages comme Joe Hill, Woody Guthrie, etc., auteurs-chanteurs qui ont adopté le cadre et les moyens d'expression intimistes du folksong traditionnel pour exprimer leurs messages et leur sensibilité. Le chanteur de folksong utilise des thèmes populaires, ou les pastiche ou plutôt les réinvente, s'accompagnant lui-même avec un instrument portable, guitare, banjo, accordéon, harmonica. Les mélodies sont simples, la forme, celle de la chanson à refrain, éventuellement avec des couplets. Le texte est mis au premier plan, et, contrairement à d'autres genres musicaux où il est simple prétexte à mélopées répétitives (genres religieux), ici, il est souvent abondant, percutant, riche de valeurs poétiques et sémantiques originales. Plutôt que de grands compositeurs, qu'ils ne prétendirent jamais être, les grands noms du folksong furent d'abord de grands poètes-interprètes, et, aussi, des hommes et femmes d'action, militants actifs pour les droits syndicaux et humains, la paix, la justice sociale, construisant leurs chansons sur l'actualité, les faits divers, les choses de tous les jours. Souvent, le folksong est devenu « protestsong », chanson de protestation, avec Joe Hill (exécuté en 1915, persécuté pour sa lutte sociale), Woody Guthrie (1912-1967), auteur des Pastures of Plenty, et avec leurs héritiers des années 60, période où le folksong anglo-saxon acquiert une renommé mondiale, grâce notamment au producteur de disques Moses Asch : Bob Dylan, figure déjà légendaire, qui a évolué du « protestsong » sobrement accompagné vers une expression musicale plus variée et fournie dans l'instrumentation, et plus proche du rock and roll (d'où son nom de « folk-rock », étiquette appliquée aussi au duo Simon-Garfunkel, au groupe The Band), Pete Seeger, Phil Ochs, Joan Baez et à d'autres encore, tandis que chez Leonard Cohen la revendication est souvent moins directe, mais l'expression aussi aiguë et poétique.

En France, le Néo-Zélandais Graeme Allwright a réussi à acclimater très intelligemment les chansons de Bob Dylan et Leonard Cohen, et même à vivre à l'instar de ses modèles, refusant les contraintes commerciales.

Le folksong n'est pas seulement, chez ses plus grands représentants, un genre musical, mais aussi une morale et un style de vie et de combat, adopté au prix de risques réels. Il perpétue dans des termes et sous des formes actuelles la tradition frondeuse et individualiste de la chanson à texte, qui n'est pas la chanson « littéraire » au sens spécifiquement français.