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dièse ou dièze

Dièse et double dièse
Dièse et double dièse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Signe d'altération placé devant une note pour la hausser d'un demi-ton ; le mot adjectivé peut s'adjoindre au nom de la note altérée (par exemple, do dièse).

Le signe du dièse est celui qu'avait autrefois le bécarre dans une graphie cursive (b minuscule carré, avec prolongement des hampes). Jusqu'au xvie siècle, en effet, le dièse et le bécarre étaient confondus sous le nom de bécarre et désignaient la position haute de certaines notes mobiles, formant un ton avec la note inférieure, tandis que le bémol désignait leur position basse, formant seulement un demi-ton. L'abandon de la solmisation ayant fait disparaître les dénominations mobiles pour ne conserver que les noms de l'hexacorde dit « naturel », ultérieurement complétés par la note si, le bécarre qui désignait correctement le mi ou le si naturels ne correspondait plus à sa fonction pour le fa ou le do. C'est pourquoi on le dédoubla : le bécarre du mi et du si conserva son nom et sa forme graphique (prolongement partiel de deux hampes verticales seulement du b minuscule carré), le bécarre du fa et du do adopta le nom nouveau de dièse et la forme cursive du même signe (prolongement des 4 traits tant horizontaux que verticaux ; en outre, le graphisme fut longtemps plus incliné que celui du bécarre nouveau style, prenant la forme d'une double croix oblique ; ce graphisme est aujourd'hui à nouveau redressé). Après quoi, le nom et le signe du bécarre furent affectés par analogie à toute note remise dans sa position « naturelle » (le mot faisant référence à l'ancien hexacorde, et non à une quelconque qualité plus ou moins innée). Le nom et le signe du dièse furent affectés de même à toute note haussée d'un demi-ton par rapport à cette même position naturelle.

Le nom dièse provient du chromatisme humaniste du dernier quart du xvie siècle. En voulant reconstituer les trois « genres » de la musique grecque antique, qui incluaient des quarts de ton pour l'enharmonique, on imagina de distinguer trois sortes de bécarres : le normal conservant sa graphie de double croix penchée ; le grave (1/4 de ton plus bas) noté par une croix simple ; l'aigu (1/4 de ton plus haut) noté par une croix triple. Entre ces trois signes naissait l'intervalle de quart de ton, en grec diesis, d'où l'on tira le mot dièse. La croix simple et la croix triple eurent une existence éphémère, mais le nom emprunté au diesis resta accolé au signe.

En nomenclature alphabétique (allemande), le dièse se marque par l'adjonction à la lettre désignant la note (B excepté) du suffixe is : Ais, Cis, etc.