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derviches ou derviches mevlevis ou derviches tourneurs ou soufis

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Dans le monde islamique, on peut rencontrer le soufi mystique à la robe de laine, le derviche mendiant ou vagabond, le frère des congrégations mystiques, l'ascète qui recourt à la musique et à la litanie du dhikr ou zikr, à la danse ou à la répétition scandée du nom d'Allah pour atteindre la transe, l'extase, et entrer en communication avec l'Être suprême. On trouve même des confréries dans lesquelles la cérémonie, qui se déroule au son de violentes percussions, débouche sur des scènes d'excitation au cours desquelles les inspirés se frappent, se transpercent les joues, la langue ou l'abdomen avec des aiguilles ou des sabres.

Les mouvements mystiques sont particulièrement prolifiques sur les marches de l'Islam, aux confins de l'Asie centrale chamanique ou de l'Europe chrétienne, d'où l'idée que le soufisme correspond à une démarche vers l'universalisme ou à une contestation de l'islam orthodoxe, qui prône la démarche collective en matière de foi et non le dialogue individualiste.

Au sein de ces mouvements, les derviches mevlevis se recommandent de Jalaleddin Rumi. Jalaleddin Rumi, dit Mevlana ou Mawlâna (« notre seigneur »), naquit à Balkh en Bactriane. Il se rendit à Damas et à La Mecque, et s'installa à Konya, capitale du sultanat seldjoukide de Rom. En contact avec le maître Chamseddin Tabrizi, il définit un rite reposant sur la musique et la danse en vue de communier avec Dieu. L'instrument des derviches mevlevis allait être la flûte oblique (nay ou ney), dont le souffle symbolise le feu. Son fils, Veled Sultan, fonda la secte des derviches tourneurs qui devaient rayonner dans tout l'Empire ottoman et pratiquer le rituel (ayin, sema') illustrant la danse des astres. Ils étendirent leur influence mystique et idéologique sur la cour impériale, se hissant au premier rang des musiciens et compositeurs ottomans. De nos jours, après plus d'un demi-siècle de république turque laïque, les derviches mevlevis forment encore une puissante association d'entraide et de pensée.