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conjonction

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. Caractère d'un intervalle dont les deux termes sont en relation directe de voisinage, sans qu'il soit besoin, pour l'identifier, de faire appel à des sons intermédiaires, même si de tels sons existent : ainsi entre do et il y a conjonction, bien qu'il existe entre eux un do dièse ou bémol, parce que celui-ci n'est pas pris en considération dans l'échelle diatonique, seule envisagée lorsqu'on énonce à la suite le do et le ré. Alors que les anciens solfèges ne signalaient la conjonction que dans le cadre de la mélodie heptatonique, on étend aujourd'hui cette notion à la totalité des échelles et on reconnaît 3 sortes de conjonction, dont la première est commune à presque tous les langages musicaux, alors que les deux dernières ne sont ressenties que dans le langage harmonique occidental.

– La conjonction mélodique consiste dans le voisinage des deux sons dans la gamme formée par l'échelle considérée, que celle-ci soit diatonique (ex. do-ré), chromatique (ex. do-do dièse) ou préheptatonique, c'est-à-dire formée dans le cycle des quintes par 2 sons (ditonique, ex. do-sol-do à caractère mélodique) ou par 3 sons (tritonique, ex. do-fa-sol-do) ou par 4 (tétratonique, ex. do-ré-fa-sol-do) ou par 5 (pentatonique, ex. do-ré-fa-sol-la-do) ou par 6 (hexatonique, ex. do-ré-mi-fa-sol-la-do), l'heptatonique rejoignant le diatonique ci-dessus. Ainsi une tierce mineure, disjointe en heptatonique, peut être conjointe en pentatonique, tandis qu'une tierce majeure n'est jamais mélodiquement conjointe.

– La conjonction d'arpège, qui n'est ressentie que dans le langage harmonique occidental depuis l'assimilation de l'accord parfait naturel (xvie s. env.), consiste dans l'appartenance des notes en cause à un même accord de soutien, exprimé ou sous-entendu ; ainsi, sur un accord do-mi-sol, il y aura conjonction d'arpège entre do et mi, entre do et sol, entre mi et sol, etc. En langage tonal, une mélodie est essentiellement constituée par un mélange de conjonctions mélodiques et de conjonctions d'arpège, tandis que, en langage monodique non harmonique, seules les conjonctions mélodiques apparaissent comme telles.

– La conjonction harmonique enfin, qui n'existe que dans le langage de ce nom et ne s'applique qu'à la succession des basses fondamentales des accords, consiste dans le voisinage des sons en cause sur le tableau des harmoniques dit tableau de la résonance, et son efficacité décroît rapidement à mesure qu'on s'éloigne du point d'origine de ce tableau. Ainsi, pour un tableau do1-do2-sol2-do3-mi3-sol3 etc., il y aura conjonction harmonique maximum dans l'octave (do1-do2), conjonction harmonique forte dans la quinte (do2-sol2), et la quarte (sol2-do3), moins forte dans les deux tierces majeure (do3-mi3) et mineure (mi3-sol3), négligeable ensuite. C'est la conjonction harmonique qui règle, en syntaxe tonale, la succession des accords et leur degré de ponctuation harmonique, et le refus de cette conjonction, inclus dans la théorie de l'« émancipation de la disjonction » énoncée par Schönberg, est l'un des éléments essentiels de la rupture entre le langage qui en découle et ceux qui l'ont précédé.

2. En musique grecque antique, on dénommait conjonction (synaphê) la proximité de deux tétracordes réunis par une note commune, par exemple mi-la et la-ré, la disjonction (diazeuxis) apparaissant quand les tétracordes se rejoignent sur deux notes voisines et non plus communes, par exemple mi-la et si-mi, l'intervalle la-si étant dit alors « ton disjonctif ». De plus la théorie donne le nom de tétracorde conjoint ou disjoint au tétracorde placé au-dessus de la mèse (la central) soit en conjonction (la-ré) soit en disjonction (si-mi), bien que ce dernier soit le seul disjoint du système où tous les autres apparaissent conjoints.