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comédie-ballet

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Genre théâtral composite, créé par Molière et Lully, et dont l'existence fut réduite aux dix années de leur collaboration (1661-1671), malgré la courte apparition de Charpentier.

L'histoire de sa création, en apparence fortuite, lors des fêtes de Vaux (août 1661), en explique la nature et la raison d'être. Molière raconta lui-même que, pour la représentation des Fâcheux, afin de donner aux danseurs le temps de se changer entre les différentes entrées du ballet, on intercala celles-ci entre les scènes de la comédie : procédé de l'intermède, qui n'était pas nouveau. Ce qui l'était, ce fut l'initiative de Molière (semblait-il) de donner à la comédie et au ballet le même sujet, afin « de ne pas rompre le fil ». Les Fâcheux, comédie « à tiroir », présenta ainsi, tour à tour, des « fâcheux dansant » et des « fâcheux parlant ». Lully ne collaborait à cette œuvre que pour une courte pièce. La comédie-ballet apparut ainsi, dès l'origine, comme la fusion du ballet de cour, genre musical favori en France, et de la comédie proprement dite.

En 1664, Molière et Lully donnèrent ensemble le Mariage forcé et, dans les années suivantes, ne créèrent pas moins de dix œuvres : la Princesse d'Élide (1664), l'Amour médecin (1665), le Médecin malgré lui (1666), Mélicerte (1666), la Pastorale comique (1667), le Sicilien (1667), Georges Dandin (1668), Monsieur de Pourceaugnac (1669), les Amants magnifiques (1670), le Bourgeois gentilhomme (1670). Après la rupture de Molière et de Lully, qui suivit de près la tragédie en musique de Psyché (1671), Molière tenta de poursuivre dans le genre de la comédie-ballet, dont le succès resta très grand, et fit appel à Marc-Antoine Charpentier pour la Comtesse d'Escarbagnas (1671-72), le Malade imaginaire (1673) et les reprises de ses pièces antérieures avec une musique nouvelle (le Sicilien). La mort de Lully interrompit définitivement la destinée de cette fusion des genres.

La comédie-ballet fut généralement conçue, elle-même, pour s'intégrer dans un ballet de cour ; ainsi le Sicilien faisait-il à l'origine partie du Ballet des Muses, et le Bourgeois gentilhomme était-il suivi du Ballet des nations.

Certaines œuvres souffrirent de l'alliance artificielle d'une comédie et de divertissements musicaux (Georges Dandin). Mais, dans la plupart des cas, les deux artistes eurent le souci d'intégrer les deux domaines, et Molière accumula les situations où il était « naturel » que musique et danse apparussent : la sérénade à la fenêtre (le Sicilien), la leçon de chant et de danse (le Bourgeois gentilhomme), etc. Dans les meilleurs cas, l'élément musical et chorégraphique servait à faire rebondir l'action (colère de Mme Jourdain lors de la sérénade donnée par son mari). Si certaines comédies-ballets ne se différencièrent guère par leur sujet des thèmes habituels à Molière, elles le conduisirent parfois à glisser vers des sujets plus lyriques et à créer un climat particulier (la Princesse d'Élide), qui rapprochait l'œuvre de l'opéra.

La disparition de Molière sonna le glas d'une forme de théâtre musical au profit de l'opéra, et consacra la séparation du théâtre chanté et du théâtre parlé, que l'opéra-comique tenta, au xviiie siècle, de faire fusionner à nouveau.