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basse

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

1. Sur le plan harmonique, terme générique désignant toute partie inférieure d'un accord : ce terme peut donc avoir plusieurs acceptions selon la manière dont on considère cet accord. La note la plus grave entendue matériellement est la basse réelle ou basse exprimée ; elle peut être différente (par exemple, si l'accord est « renversé ») de la basse harmonique, qui est la note la plus grave de l'accord remis dans son état primitif non renversé (dit alors « état fondamental »). Cette basse harmonique peut à son tour être différente de la basse fondamentale, qui est une note de même nom, mais située à une hauteur d'octave déterminée et qui est le son générateur de l'accord.

2. Sur le plan polyphonique, partie la plus grave d'un ensemble qui en comprend plusieurs. Elle ne prend, toutefois, pleinement ce nom qu'à l'époque (xvie s.) où elle acquiert une importance harmonique qu'elle n'avait pas auparavant. La partie grave a d'abord été une partie mélodique du contrepoint, souvent le « chant donné «  ou teneur (lat. tenor) ; puis on a contrepointé au ténor une partie complémentaire placée souvent, mais non systématiquement, en dessous d'elle et dite contre-teneur (lat. contratenor, ou en abrégé contra), ce qui a repoussé le ténor en seconde position dans la tessiture de bas en haut. On trouve au xve siècle l'expression contrabassus, c'est-à-dire contra en basse, qui deviendra bassus au xvie siècle, en même temps que la voix correspondante prendra une signification nouvelle, de plus en plus harmonique, qu'elle conservera jusqu'à nos jours. → BASSUS.

3. Dans l'échelonnement vocal, famille groupant les diverses catégories de voix masculines graves (d'où, par extension, le même sens pour les instruments de l'orchestre). L'étendue moyenne de la voix de basse est la suivante :

On divisait, autrefois, cette famille en deux catégories : basse-contre et basse-taille. On admet aujourd'hui trois divisions principales : basses profondes, basses chantantes, barytons. Dans le théâtre lyrique, les emplois de baryton se sont, dans l'ensemble, nettement différenciés de ceux de basse et comprennent leurs propres subdivisions (→ BARYTON). En ce qui concerne la basse proprement dite, la terminologie d'opéra fait usage de diverses distinctions, de l'aigu au grave :
­ la basse-taille était, dans l'ancienne terminologie, la voix de dessus de la famille des basses, appelée également concordant. Elle correspond à l'actuel baryton ;
­ la basse chantante est une voix de tessiture moyenne entre la basse profonde et le baryton ; elle est très abondamment employée dans l'opéra aussi bien français (Méphisto dans le Faust de Gounod) qu'italien (Philippe II dans Don Carlos de Verdi) et russe (Boris Godounov) ;
­ la basse bouffe est une voix souple et agile, apte aux rôles de comédie (Uberto dans la Servante maîtresse de Pergolèse) ; certains rôles exigent une grande étendue (Osmin dans l'Enlèvement au sérail de Mozart est une basse bouffe devant avoir le registre grave d'une basse profonde, dont il se sert pour faire rire) ;
­ la basse-contre était, dans la terminologie de l'ancien opéra, la voix la plus grave de la famille des basses, placée en dessous de la basse-taille (Polyphème dans Acis et Galatée de Haendel) ; elle correspondrait presque à notre basse profonde, mais ce dernier terme insiste davantage sur l'utilisation d'un registre d'extrême grave ;
­ la basse profonde ou basse noble est la plus grave des voix masculines, mettant en valeur les notes extrêmes du registre grave (Sénèque dans le Couronnement de Poppée de Monteverdi, Sarastro dans la Flûte enchantée, le cardinal Brogni dans la Juive). Cette voix est exceptionnelle dans nos pays, plus fréquente chez les Noirs, ainsi que chez les peuples slaves, où elle constitue de superbes pupitres graves dans les chœurs.