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aria

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Équivalent italien d'air, mais dont le sens est moins vaste que celui du mot français ; il désigne plutôt une forme assez précise : une mélodie vocale ou instrumentale, monodique ou accompagnée.

Au xve siècle, on chantait des vers sur des mélodies connues (poesia per musica). Cette habitude prit son ampleur au siècle suivant, et ces mélodies recevaient souvent le titre d'une région (ex., la Romanesca). Des formes polyphoniques existaient aussi, des petites pièces telles que la villanella, la frottola, la canzona, pièces homorythmiques où la voix supérieure dominait. Bientôt, avec le mouvement humaniste des académies, l'aria monodique se développa, devint une sorte de récit (recitar cantando) soutenu par une basse continue. À la tête de ce mouvement, nous trouvons G. Caccini, avec son recueil Nuove Musiche (1601).

Au xviie siècle, « aria » désignait essentiellement un style mélodique qui se distingua vite de celui du récitatif, il fut l'élément le plus important d'un genre nouveau : l'opéra, où le bel canto dominait la scène. Plusieurs formes d'aria coexistaient : l'aria strophique, l'aria en deux sections (AB) et l'aria col da capo (ABA') qui devint vite la forme la plus utilisée durant toute l'époque baroque ; on la trouve également dans la cantate et la musique religieuse. Dans cette forme fermée qui coupait net toute action dramatique, le chanteur devait orner la reprise (A') selon son goût et les possibilités de sa technique vocale, principe qui entraîna parfois certains abus. L'aria était généralement précédée d'un récitatif exigeant un style plus déclamatoire. En général, l'aria commençait par une ritournelle instrumentale, et, comme en France, elle adoptait un tour et portait un titre différent selon les sentiments à exprimer : aria cantabile, di bravura, da caccia, di guerra, del sonno (du sommeil). En Allemagne, J.-S. Bach surtout utilisa l'aria en la traitant dans un style concertant, avec une grande variété d'instruments obligés.

Au xviiie siècle, afin d'éviter le da capo qui interrompt l'action, on employa parfois la cavatine de forme A B (Mozart : Cosi fan tutte, cavatine. Tradito, schernito). Au xixe siècle, et pour la raison citée plus haut, on préféra souvent la cavatine à l'aria. Verdi, puis Wagner abandonnèrent cette forme fermée. Récit et aria devinrent une sorte d'arioso perpétuel, une « mélodie infinie », sans conclusion. Debussy ne composa aucune forme close, mais, au xxe siècle, avec les tendances néoclassiques, R. Strauss, Stravinski, Hindemith retrouvèrent l'aria traditionnelle et l'adaptèrent à la sensibilité contemporaine. Berg, dans Wozzeck, employa cette forme et l'intégra dans des pièces instrumentales ; dans Lulu, il l'utilisa de manière très classique, comme l'a fait plus récemment Henze (Nachstücke und Arien, 1977).