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Weimar

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Le développement de la vie musicale à Weimar (Allemagne), ville qui jadis dépendit d'abord de l'électorat de Saxe avant de devenir le siège d'un duché puis d'un grand-duché, alla pour commencer de pair avec celui de la chapelle de la cour. D'ordinaire, la chapelle de l'Électeur de Saxe séjournait à Altenburg, à Torgau ou à Weimar. En ses débuts, elle eut à sa tête des musiciens comme Adam von Fulda (à partir de 1490), Johann Walter, Conrad Rupsch (conseiller musical de Martin Luther), Paul Hofhaimer, et bénéficia du sage patronage du duc-Électeur Frédéric le Sage (mort en 1525).

À la fin du xvie siècle se développa dans la ville une tradition chorale, en particulier sous l'influence de Melchior Vulpius (v. 1570-1615), principal compositeur d'hymnes luthériens de son temps et cantor municipal à Weimar de 1596 à sa mort. Au xviie siècle, cette tradition attira à Weimar de nombreux musiciens dont Heinrich Schütz.

Johann Gottfried Walther, l'ami de Bach, fut organiste municipal à Weimar de 1707 à sa mort en 1748, et Bach lui-même fut violoniste à la chapelle de la cour en 1703, puis organiste et musicien de chambre de la cour de 1708 à 1717 (il composa alors des cantates et beaucoup d'œuvres d'orgue). En 1756, l'organiste Johann Ernst Bach, cousin éloigné de Jean-Sébastien, devint maître de chapelle.

Dans le dernier tiers du xviiie siècle, Weimar devint un centre culturel de première importance, non seulement sur le plan musical, avec notamment la création de nombreux singspiels comme Die Jagd de Johann Adam Hiller (1770) et Alceste d'Anton Schweitzer (1775), mais aussi et surtout sur le plan littéraire et sur celui des idées. Grâce à Goethe, qui y vécut plus d'un demi-siècle, à Schiller, à Herder, à Wieland et à bien d'autres, se développa au point de vue littéraire, au point de vue artistique, au point de vue des idées, un « classicisme de Weimar » qui marqua toute une époque.

Dans les dernières années de la vie de Goethe, le maître de chapelle à Weimar était Johann Nepomuk Hummel. L'écrivain compta alors parmi ses visiteurs le jeune Mendelssohn. En 1842, dix ans après la mort de Goethe, Liszt arriva à Weimar, dont il allait faire sa résidence principale jusqu'en 1861. De 1848 à 1858, il y fut maître de chapelle, et y créa notamment Lohengrin de Wagner en 1850 et le Barbier de Bagdad de Peter Cornelius en 1858, tout en montant d'importantes reprises de Tannhäuser (1849) et de Benvenuto Cellini de Berlioz (1852). L'orchestre de Weimar devint alors un des premiers d'Europe, et bientôt, on appela en musique école de Weimar les courants « progressistes » (Wagner, Liszt, Berlioz), par opposition aux courants « traditionalistes » (Mendelssohn, Schumann) plutôt associés à la ville de Leipzig.

Plus tard (1889-1894), Weimar eut un autre maître de chapelle célèbre en la personne de Richard Strauss, qui y créa son Guntram (1894).

Après 1918, la ville fut étroitement associée au mouvement architectural du Bauhaus, ce qui lui valut plusieurs festivals de musique contemporaine avec de nombreuses premières. Après la Seconde Guerre mondiale, l'orchestre de Weimar a eu à sa tête, entre autres, Hermann Abendroth (1945-1956). Le Théâtre national, construit en 1825 sous la supervision de Goethe et reconstruit en 1907, reste un des plus célèbres d'Allemagne.