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Louis Vierne

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Organiste et compositeur français (Poitiers 1870 – Paris 1937).

Presque aveugle de naissance, il entre comme pensionnaire à l'Institut des jeunes aveugles de Paris. Durant neuf années, il y apprend la musique, en particulier le piano, l'orgue, le chant choral, et même le violon pour en tenir la partie dans l'orchestre de l'Institut.

César Franck prend Vierne sous sa protection. En 1889, il le fait entrer comme auditeur dans sa classe d'orgue du Conservatoire. À la mort de Franck, l'année suivante, Widor, qui lui succède au Conservatoire, apporte à Vierne formation, conseils, amitié et aide matérielle. En 1892, il le prend comme répétiteur dans sa classe d'orgue : Vierne assurera pendant dix-sept ans, auprès de Widor, puis de Guilmant, ces fonctions de professeur bénévole. Il compte parmi ses élèves M. Dupré, M. Duruflé, B. Gavoty, E. Souberbielle. Cependant, en 1911, il sera écarté de la succession de Guilmant au profit de Gigout. En 1894, Vierne a fini par obtenir, malgré des cabales, le premier prix d'orgue et d'improvisation au Conservatoire. Widor lui confie sa suppléance aux orgues de Saint-Sulpice. En 1900, il est choisi à l'unanimité au concours pour le poste d'organiste à Notre-Dame de Paris. Ses talents d'interprète et d'improvisateur lui valent la célébrité et attirent d'innombrables auditeurs à Notre-Dame. La guerre de 1914 lui enlève un fils et son frère René Vierne, organiste de Notre-Dame-des-Champs et auteur d'une Méthode d'harmonium. De 1920 à 1930, il donne des séries de concerts internationaux. Cependant, sa santé est usée par des difficultés de toutes sortes ; ses yeux exigent des soins pénibles. À l'âge de soixante-six ans, il donne à Notre-Dame son 1 750e récital : au moment d'improviser, il est terrassé par la mort qui le saisit, selon ses vœux, aux claviers de ses grandes orgues.

Il laisse une œuvre importante. Sa musique pour orgue ne représente qu'une partie, mais la plus originale, de ses compositions. Son style, influencé par celui de son maître Widor, est marqué par l'immense instrument qui lui impose de larges plans contrastés, où apparaissent, en alternance, des thèmes lyriques révélant toute sa sensibilité. Pour orgue, il compose 6 symphonies, de 1898 à 1930. La 3e Symphonie pour orgue op. 28, écrite en 1911 et dédiée à Marcel Dupré, est considérée comme son chef-d'œuvre. Sont encore écrits pour l'orgue : 24 Pièces en style libre (1913), 24 Pièces de fantaisie (1926-27), 2 messes basses (1912, 1934), un Triptyque (1929-1931) ; on peut ajouter la Marche triomphale avec cuivres et timbales pour la célébration du centenaire de la mort de Napoléon.

Il écrit aussi des pièces pour piano : Suite bourguignonne (1899), Nocturnes (1916), Solitude et Silhouettes d'enfants (1918), 12 Préludes (1921), de la musique de chambre (sonates pour piano et cordes, quatuor, quintette avec piano) ; de la musique orchestrale (1 symphonie, 1907-1908), et vocale (des œuvres lyriques avec orchestre, d'après Victor Hugo, les Djinns, 1912, et Psyché, 1914), et des mélodies (Verlaine, Leconte de Lisle, Baudelaire, Sully Prudhomme, Richepin).