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Salzbourg

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Quand Mozart y naquit en 1756, Salzbourg bénéficiait déjà d'une longue tradition musicale. Cette tradition s'était développée d'une part autour de l'église Saint-Pierre (fondée par saint Rupert) et de la cathédrale (fondée en 774 par saint Virgile), d'autre part autour de la cour des princes-archevêques, dont le premier, Arno, laissa en 798 des instructions prévoyant la tenue dans la cathédrale de services « selon la tradition des Romains ». Au début du xvie siècle, le prince-archevêque Matthäus Lang (1519-1540) sut attacher à sa cour des musiciens tels que Heinrich Finck (à partir de 1524) et Paul Hofhaimer (1522). C'est néanmoins Wolf Dietrich (1587-1612) qui jeta les fondations du Salzbourg moderne. Aux règnes de ses successeurs Marcus Sitticus von Hohems (1612-1619) et Paris Lodron (1619-1653) correspondit à Salzbourg une première floraison du baroque. Pour la consécration de la nouvelle cathédrale en 1628, on entendit un Te Deum à 12 chœurs du maître de chapelle princier Stefano Bernardi (la Missa salisburgensis à 53 voix, qu'on crut longtemps avoir été composée pour cette occasion par Orazio Benevoli, est plus tardive, et peut-être due à Heinrich Ignaz Biber).

Les grands musiciens actifs à Salzbourg à la fin du xviie siècle furent Georg Muffat, Andreas Hofer et surtout Heinrich Ignaz Biber : tous trois composèrent de la musique dramatique, de la musique religieuse et de la musique instrumentale. La transition vers le rococo et le préclassicisme fut assurée par Johann Ernst Eberlin, Anton Cajetan Adlgasser, Joseph Meissner et Leopold Mozart. Le règne de Siegmund Christoph von Schrattenbach (1753-1771) marqua à Salzbourg la fin de l'ère baroque. Son successeur Hieronymus Colloredo (1771-1803), connu pour ses démêlés avec Mozart, fut un homme des Lumières. Outre Leopold et Wolfgang Amadeus Mozart, il eut à son service des hommes tels que les maîtres de chapelle Domenico Fischietti (1772-1775), Giacomo Rust (1777-78) et Luigi Gatti (1782-1817), le hautboïste Joseph Fiala (1778-1785), et surtout Michael Haydn, qui fut en poste à Salzbourg de 1763 à sa mort en 1806.

La vie musicale connut une dernière période faste avec le règne de l'archiduc Ferdinand de Toscane (1803-1805). À partir de 1816, Salzbourg ne fut plus qu'une cité provinciale autrichienne. En 1841 y fut fondé le Mozarteum, institution vouée au « développement de toutes les branches de la musique, et notamment de la musique d'Église », et qui tint son premier festival l'année suivante. En 1856 eut lieu à Salzbourg un grand festival en l'honneur du centenaire de la naissance de Mozart. L'Internationale Mozart-Stiftung, fondée en 1870, entreprit en 1875 l'édition des œuvres complètes du compositeur, et organisa des festivals en 1877 et 1879. En 1880, un musée fut inauguré dans la maison natale de Mozart, et la même année fut créée l'Internationale Stiftung Mozarteum (Bernhard Paumgartner fut son directeur de 1917 à 1938 et de 1945 à 1959).

Les festivals de 1877 et de 1879 furent suivis de ceux de 1887 (centenaire de Don Giovanni), 1891 (centenaire de la mort de Mozart), 1901, 1904, 1906 (au cours duquel Mahler dirigea Figaro) et 1910. Le festival ne devint institutionnel qu'en 1917, et, sous cette nouvelle forme, débuta en 1920. Des opéras de Mozart, dirigés par Richard Strauss et Franz Schalk, y furent donnés pour la première fois en 1922. Le premier Festspielhaus ne fut inauguré qu'en 1926, dans un ancien manège d'équitation transformé en théâtre. Les meilleurs artistes de Vienne et de Munich s'y produisirent dans un répertoire voué en majeure partie à Mozart et Strauss, sous la direction de Strauss lui-même, de Bruno Walter et de Clemens Krauss. De 1935 à 1937, la participation de Toscanini étendit ce répertoire à Beethoven, Verdi et Wagner. Vinrent ensuite Furtwängler, Vittorio Gui et Karl Böhm, qui resta toujours fidèle à Salzbourg et s'y éteignit en 1981. Supprimé en 1944, le festival reprit dès 1945 (Herbert von Karajan fut son directeur artistique de 1956 à 1960). En 1952 y fut créé Die Liebe der Danae de Richard Strauss. Y ont fait leur entrée la musique moderne (créations de Die Bassariden de Henze en 1966, de Baal de Cerha en 1981) et la musique baroque (Rappresentatione di Anima e di Corpo en 1966), mais ce sont les œuvres de Mozart qui, de loin, tiennent la première place (grâce notamment aux Matinées Mozart inaugurées par Paumgartner en 1949). Actuellement, les manifestations ont lieu dans trois salles principales, toutes sur l'emplacement des anciennes écuries princières : la Felsenreitschule (aménagée en 1968-1970 ; 1 568 places) ; le Kleines Festspielhaus (Festspielhaus jusqu'en 1960 ; réaménagé en 1963 ; 1 343 places) et le Grosses Festspielhaus (inauguré en 1960, 2 371 places). D'autres se tiennent en divers lieux, parmi lesquels le palais Mirabell et la grande salle du Mozarteum.

Outre le festival proprement dit, un festival de Pâques a eu lieu depuis 1967, fondé par Karajan et dirigé par lui jusqu'à sa mort. Lui a succédé de 1990 à 1993 Georg Solti. En 1931 a été créé un Zentralinstitut für Mozartforschung. Un Institut de musicologie (Institut für Musikwissenschaft) existe dans le cadre de l'université depuis 1966. À partir de 1991, le directeur artistique du festival de Salzbourg sera Gérard Mortier, auparavant à la tête du Théâtre de la Monnaie de Bruxelles.