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Johann Rosenmüller

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur allemand (Oelnitz, Vogtland, v. 1620 – Wolfenbüttel 1684).

Étudiant à l'université de Leipzig vers 1640, il devint l'assistant du cantor de l'église Saint-Thomas, Tobias Michael, et, en 1651, fut nommé organiste de l'église Saint-Nicolas. Après avoir en vain espéré le cantorat de l'église de la Sainte-Croix à Dresde, il fut inquiété en 1655 pour des affaires de mœurs et dut quitter la Saxe. Après un séjour à Hambourg, il gagna l'Italie pour s'installer à Venise comme professeur de musique de 1660 à 1674. Cette même année, il se décida à revenir en Allemagne comme maître de chapelle à la cour de Wolfenbüttel, foyer musical très actif où il bénéficiait de la protection du duc régnant Anton Ulrich et où il devait travailler jusqu'à sa mort.

Avant tout, Rosenmüller s'illustra comme champion des influences italiennes dans le répertoire instrumental. Alors que dans ses premières œuvres (Suites en trio, 1645 ; Studentenmusik, 1654, dédiée aux étudiants de Leipzig), il se réfère à l'ancien style allemand (avec pavane, allemande, courante, ballo et sarabande), ses Sonates da camera à cinq parties, qu'il fit éditer à Venise en 1667, sont précédées d'une sinfonia, dans le nouveau style du temps. Ces sinfonie qui remplacent la traditionnelle pavane se rapprochent de la sinfonia d'opéra vénitienne, de coupe tripartite.

En 1682, il publia un nouveau recueil de Sonates qui s'apparentent, quant à la forme, à la Sonate d'église de Corelli. Écrites pour un groupe de cordes de deux à cinq voix, ces pages qui comportent, comme toutes les autres œuvres de Rosenmüller, une partie de continuo, représentent sans doute « ce que l'art allemand a produit de plus parfait, dans le répertoire instrumental de la seconde moitié du xviie siècle » (Kurt Gudewill).

Au reste, Rosenmüller qui ne cessa, sa vie durant, d'œuvrer à la réunion des goûts allemand, italien et anglais, jouit d'une popularité égale à celle de Buxtehude et Pachelbel dans l'Allemagne du temps. Comme musicien vocal, il s'illustra surtout dans le domaine du lied où il mérite d'être comparé à Adam Krieger. Sa musique d'église qui comprend plus de 175 pièces à l'état de manuscrit, du petit concert spirituel à la façon de Schütz aux psaumes et messes (celles-ci en latin) qui perpétuent la manière polychorale de l'école vénitienne, est également d'un maître parmi les maîtres et l'on comprend pourquoi Jean-Sébastien Bach a repris son ultime choral dans sa Cantate no 27. En revanche, l'opinion du théoricien Scheibe le comparant, au xviiie siècle, à Lully semble plus curieuse ; elle s'applique à un artiste beaucoup plus tenté par le mariage de l'intériorité allemande et de la couleur et du mélodisme transalpins que par les symétries de l'école française.