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Henri Pousseur

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur belge (Malmédy 1929).

Il a fait ses études au conservatoire de Liège (1947-1952), où il obtint un premier prix d'harmonie et un second prix d'orgue, puis à celui de Bruxelles (1952-53), où il remporta un premier prix de fugue dans la classe de Jean Absil. À Liège, il se lia au groupe vocal Variations, organisé autour de Pierre Froidebise. Il rencontra Pierre Boulez dès 1951 et, en 1954, travailla au studio de musique électronique de Cologne. Il passa, en 1957, deux mois à celui de Milan et, en 1958, il fonda le Studio de musique électronique de Bruxelles.

Les premières œuvres de Pousseur témoignent de son admiration pour Webern : Trois Chants sacrés, pour soprano et trio à cordes (1951) ; Symphonies à 15 solistes (1954-55) ; Quintette à la mémoire d'Anton Webern, pour clarinette, clarinette basse, violon, violoncelle et piano (1955, joué à Donaueschingen la même année) ; Mobile, pour 2 pianos (1956-1958) ; Madrigal I, pour clarinette (1954). En 1954 fut réalisé à Cologne Seismogrammes I et II, pour bande à une piste, et en 1957, à Milan, Scambi, pour bande à 2 pistes. En 1960 suivit à Bruxelles le ballet électronique Électre, qui obtint la même année le prix Italia.

Pousseur travailla, de 1961 à 1963, au Studio de musique électronique de Monaco, et en 1962 il fonda le centre d'études Musiques nouvelles, dans le cadre duquel il organisa des séries de concerts avec l'Ensemble musiques nouvelles dirigé par Pierre Bartholomée. Il enseigna, de 1962 à 1968, à l'École supérieure de musique de Cologne et, en 1963-64, à l'Académie de musique de Bâle. En 1965, il travailla au Studio de musique électronique de l'université de Gand. Cette même année ainsi qu'en 1967, il tint une série de séminaires au Centre de sociologie de la musique de l'université libre de Bruxelles et, en 1966-67, il fut invité à l'université de Buffalo. Entre 1957 et 1967, il enseigna à Darmstadt. Durant cette période, il s'intéressa de plus en plus aux matériaux extramusicaux, à l'aléatoire et aux multimedia. Il en résulta notamment Rimes, pour différentes sources sonores (1958-59 ; créé à Donaueschingen, 1959), Ode, pour quatuor à cordes (1960-61), Madrigal II, pour flûte, violon, viole de gambe et clavecin (1961), et III, pour clarinette, 2 percussions, piano, violon et violoncelle (1962), et Trois Visages de Liège (1961), œuvre pour bande à 2 pistes composée pour le spectacle Forme et Lumières de la ville de Liège.

En 1967, l'année de Couleurs croisées, pour orchestre, Pousseur acheva une de ses œuvres maîtresses, la fantaisie variable genre opéra Votre Faust (1960-1967), pour soprano, alto, ténor, basse, 5 acteurs, 12 instruments et bande et résultant d'une collaboration avec Michel Butor (création le 15 janvier 1969 à la Piccola Scala de Milan). Cet ouvrage, où le public a la possibilité d'intervenir et d'orienter l'action dans tel ou tel sens, fait du procédé de la citation littéraire et musicale un usage vaste et subtil et donna naissance à plusieurs « œuvres satellites » comme Miroir de votre Faust (1964-65), Portail de votre Faust (1960-1966), Jeu de miroir de votre Faust (1967), Échos de votre Faust (1967), Ombres de votre Faust, Fresques de votre Faust.

En 1970, Pousseur se réinstalla à Liège, où il fonda le Centre de recherches musicales de Wallonie, et fut d'abord chargé d'enseignement à l'université de cette ville. Au conservatoire de Liège, il fut chargé d'un séminaire de musique expérimentale, puis en 1971 de la classe de composition. En 1975, il devint directeur de cet établissement et s'attacha principalement à une tâche de rénovation pédagogique tout en dirigeant également la Société des concerts du Conservatoire (avec comme instrument principal l'orchestre dirigé depuis 1977 par Pierre Bartholomée). Parmi les principales œuvres de cette période, les Éphémérides d'Icare II, pour piano et instruments, page se référant notamment à Michel Butor et, à travers lui, à Charles Fourier ; Crosses of Crossed Colors, pour voix de femme amplifiée, piano et 6 sources sonores (1970) ; Invitation à l'utopie (1970-71, version amplifiée des Éphémérides d'Icare II), pour récitant, 2 voix de femmes, chœur à 4 voix, une soliste principale, un concertino et un concerto grosso ; Midi-Minuit, déroulement ininterrompu de musiques (1971) ; Stravinski au futur, composition collective (1971), Ex-Dei in machina memoria, pour un instrument mélodique et appareillage électroacoustique (1971) ; l'Effacement du prince Igor, pour grand orchestre (1971) ; Vue sur les jardins interdits, pour quatuor de saxophones (1973, version pour orgue parue la même année) ; Schönbergs Gegenwart ou les Épreuves de Pierrot l'Hébreu, pour acteurs, chanteurs et instruments (1974, pour le centenaire de Schönberg, version française Procès du jeune chien, 1978) ; Liège à Paris, œuvre électroacoustique pour l'ouverture de l'I. R. C. A. M. (1977) ; Chevelure du temps, oratorio populaire en collaboration avec Michel Butor (1979) ; les Îles déchaînées pour ensemble de jazz, ensemble expérimental et orchestre symphonique (1980) ; la Seconde Apothéose de Rameau, pour ensemble (1981 ; créée à Paris par l'Ensemble intercontemporain, novembre 1981) ; Nacht der Nächte, créé à l'opéra de Hambourg en 1985 ; Dichterliebesreigentraum pour soprano, baryton, 2 pianos, chœur et orchestre (1994).

On doit également à Henri Pousseur de nombreux écrits, dont l'Apothéose de Rameau (essai sur la question harmonique) [Paris, 1968], Fragments théoriques I sur la musique expérimentale (Bruxelles, 1970), Stravinski selon Webern selon Stravinski (Paris, 1971) et Musique, sémantique, société (Paris, 1972). Il a pris en 1983 puis abandonné la direction générale et scientifique de l'Institut de pédagogie musicale mis en place pour la future Cité de la musique à la Villette.