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Maurizio Pollini

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Pianiste italien (Milan 1942).

Manifestant des dons exceptionnels dès l'âge de cinq ans, il entreprend des études de piano avec C. Lonati et C. Vidusso, en marge de sa formation générale, et donne son premier concert à onze ans à Milan. Malgré un second prix (premier prix non attribué) au concours de Genève obtenu à quinze ans, un premier prix, en 1959, au concours E.-Pozzoli et un diplôme du conservatoire de Milan (où il apprend la composition et la direction d'orchestre), il choisit la carrière musicale seulement après avoir brillamment remporté en 1960 le concours Chopin de Varsovie. Encore ne répond-il à cette vocation tardive qu'à la fin d'une semi-retraite de quatre ans, consacrée à réfléchir sur son art et à mûrir son jeu au contact d'Arturo Benedetti Michelangeli.

Ce lent cheminement conforte une personnalité d'une grande richesse intérieure, qui, au lieu de se refermer sur elle-même, est profondément engagée dans son temps, comme le confirment ses choix politiques et artistiques. Il participe aux Concerts populaires organisés par Paolo Grassi à la Scala de Milan, aux côtés de Claudio Abbado et de Luigi Nono, ou bien, toujours en compagnie de ses amis, va au-devant des publics ouvriers dans les usines avec l'atelier Musica Realtà, fondé en 1972. Il met son piano au service des bonnes causes (reconstruction du Viêtnam, lutte contre le fascisme renaissant) et des œuvres engagées de Luigi Nono, dont il crée Como una ola de fuerza y luz (Venise, 1972) et Sofferte onde serene (1976). Le répertoire contemporain ­ Boulez, Schönberg, Bartók, Webern, Stockhausen ­ lui fait redécouvrir la part de modernité des œuvres du passé. Il poursuit avec méthode et économie (pas plus de 80 concerts par an) une carrière exemplaire, arrêtée un temps en 1975 par un grave accident de voiture et jalonnée par quelques enregistrements d'une plénitude impressionnante, mais qui reflètent incomplètement la tension irremplaçable des concerts, où il fait toucher, à force de nudité et d'introspection poétique, la vérité de chaque œuvre. Il a donné des cours d'interprétation en 1972 à l'Accademia Chigiana de Sienne et fait ses débuts de chef d'orchestre en 1982, dirigeant à Pesaro La Donna del Lago de Rossini.