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Philippe de Vitry

(Philippus de Vitriaco)

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Théoricien français (Vitry, Champagne, 1291 – Meaux ou Paris 1361).

Fils d'un noble attaché à la maison du roi Philippe le Bel, il appartenait à l'état ecclésiastique, fut « chanoine en expectative », puis « clerc de notaire » auprès de Charles IV le Bel, membre du Conseil des réformateurs en 1357, après avoir été intronisé évêque de Meaux en 1351. Parallèlement à ces fonctions, il vécut surtout à Paris, dans l'entourage immédiat des Valois (Philippe VI et Jean II le Bon). En août 1350, à la mort de Philippe VI, il est en mission officielle en Avignon, auprès du pape Clément VI. Sous la régence du dauphin Charles, il paraît avoir milité dans les rangs du prévôt des marchands Étienne Marcel, car en 1357 il fait partie de la commission des neuf « généraux réformateurs » désignés par les états généraux. Humaniste réputé, il était lié à Pétrarque, entre autres, qu'il rencontra en Avignon, puis à Paris, et qui, comme lui, avait le culte de la nature, des lettres latines et le goût des voyages.

Comme compositeur, il a laissé une quinzaine de motets, mais c'est surtout comme réformateur de la notation musicale qu'il est resté célèbre. Dans son traité de l'Ars nova (v. 1320), le musicien champenois révise les principes de la notation dite franconienne, donne à la nouvelle valeur minima ­ introduite par Pierre de La Croix vers 1280 ­ son rôle et, alors que le rythme ternaire avait dominé tout au long du xiiie siècle, « accorde au rythme binaire une égale importance et applique cette division binaire à toutes les notes dans les différentes mensurations, c'est-à-dire dans leurs rapports les unes avec les autres » (Paule Chaillon). Ainsi sont définis le mode ou division de la longue en brèves, le temps ou division de la brève en semi-brèves, la prolation ou division de la semi-brève en minimes. Par ailleurs, pour compléter le nouveau système de notation, Philippe de Vitry définit le rôle des « points » : le punctum divisionis, qui joue le rôle de barre de mesure, et le punctum additionis, semblable au point dans notre notation moderne. Pour rendre cette notation plus claire, il est recommandé, enfin, de joindre aux notes noires des notes rouges indiquant le passage temporaire d'une mensuration parfaite à une mensuration imparfaite. Les manuscrits de Guillaume de Machaut, conservés à la Bibliothèque nationale de Paris, font usage de ladite notation française.

Le succès des réformes proposées par Philippe de Vitry explique leur diffusion dans toute l'Europe du temps, à ceci près que, en Italie, l'école florentine des caccie, qui se développa à Florence aux environs de 1350 auprès de Francesco Landino, imagina un système mixte qui mariait quelques-uns des principes majeurs de la notation française au mode de notation, spécifiquement transalpin, et mieux adapté à une musique plus déclamatoire et plus ornée, de Marchettus de Padoue.