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Pierre Monteux

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Chef d'orchestre français naturalisé américain en 1942 (Paris 1875 – Hancock, Maine, 1964).

Il prend ses premières leçons de violon à six ans et dirige à douze ans un concert de charité auquel participe également le jeune Alfred Cortot. De 1885 à 1894, il fait ses études au Conservatoire national supérieur de Paris, dans les classes de Garcin et Berthelier (violon), Lavignac (harmonie) et Lenepveu (contrepoint et fugue). Avant même de remporter son premier prix de violon, il travaille comme second violon aux Folies-Bergère (1889-1892), puis, en 1893, comme premier altiste à l'Opéra-Comique, et bientôt également comme chef assistant aux concerts Colonne (jusqu'en 1912), participant aux créations de Pelléas et Mélisande et de la Mer de Debussy. Encouragé par B. Godard à faire de la musique de chambre, il devient en 1894 l'altiste du quatuor Geloso, puis du quatuor Tracol. De 1908 à 1914, il dirige l'été l'Orchestre du casino de Dieppe et fonde les concerts Berlioz, puis en 1914 la Société des concerts populaires (dits concerts Monteux).

Choisi par Diaghilev pour remplacer G. Pierné, il dirige de 1911 à 1914 l'Orchestre des Ballets russes, créant nombre de partitions majeures : Petrouchka (1911), Daphnis et Chloé (1912), Jeux (1913), le Sacre du printemps (1913), le Rossignol (1914). Une tournée entreprise en 1916 aux États-Unis avec les Ballets russes est suivie par son engagement au Metropolitan Opera de New York (1917-1919), où il dirige tout le répertoire français et crée aux États-Unis le Coq d'or de Rimski-Korsakov. Appelé à la tête de l'Orchestre symphonique de Boston (1920-1924), il y poursuit son action en faveur de la musique française. De retour en Europe, il partage son temps entre le Concertgebouw d'Amsterdam, où il devient l'assistant de W. Mengelberg (1924-1934), et l'Orchestre symphonique de Paris, qu'il fonde en 1929 et qu'il dirige jusqu'en 1938. Il crée notamment à Amsterdam la Troisième Symphonie de Pijper et à Paris la Troisième de Prokofiev (1929) et le Concerto pour violoncelle de Honegger (1930). Il fonde également en 1932 une première école de direction d'orchestre. Invité en 1934 par Klemperer à diriger l'Orchestre symphonique de Los Angeles, il prend en main, de 1936 à 1952, l'Orchestre de San Francisco. Il se consacre de plus en plus à l'enseignement dans l'école de direction d'orchestre qu'il fonde en 1941 à Hancock, dans le Maine. Il dirige encore la saison 1953-54 du Met et signe en 1961 un contrat de vingt-cinq ans avec l'Orchestre symphonique de Londres. En 1963, il dirige dans cette ville le Sacre du printemps, qu'il avait créé cinquante ans plus tôt à Paris : l'événement est à l'image d'une carrière trop éloignée de son pays natal.

Artisan rigoureux et passionné, Pierre Monteux a joué la sobriété plutôt que l'effet, la clarté plutôt que la séduction. Ses interprétations de Berlioz, de Stravinski et de Brahms chantent avec une tendresse inégalée.