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Nikolaï Miaskovski

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur et pédagogue soviétique (Novoguéorguievsk 1881 – Moscou 1950).

Fils d'un ingénieur du génie, destiné primitivement à la carrière militaire, il étudia la musique avec Glière et Kryzanovski (1902-1904) avant de devenir l'élève de Liadov, de Rimski-Korsakov et de Vitol au conservatoire de Saint-Pétersbourg (1906-1911). Il fut nommé en 1921 professeur de composition au conservatoire de Moscou. Il devait y jouer un rôle pédagogique important jusqu'à la fin de sa vie, malgré une interruption en 1948. Kabalevski, Khatchaturian, Chébaline, Mouradeli, entre autres, comptèrent parmi ses élèves.

Essentiellement ancré dans le classicisme russe, influencé par Tchaïkovski, Miaskovski s'est très tôt déterminé comme symphoniste. Les Soirées de musique contemporaine (créées à Leningrad en 1901 et à Moscou en 1909) lui avaient donné l'occasion, avant même qu'il ait terminé ses études, de faire entendre ses œuvres qui étaient alors controversées. Il fut l'un des fondateurs de l'Association pour la musique contemporaine. Avant sa mobilisation en 1914, il avait déjà écrit 3 symphonies et d'autres œuvres pour orchestre, comme les poèmes Silence (1909-10) d'après E. Poe et Alastor (1912-13) d'après Shelley, pages dont il attribuait le pessimisme à sa fréquentation des cénacles symbolistes. Il ne fut néanmoins reconnu comme un compositeur majeur que dans les années 20, après la création de sa 5e Symphonie. Un nouvel état d'esprit s'y manifeste, fait de sérénité sinon d'optimisme, où le style populaire joue un certain rôle, ainsi que les images inspirées par la terre natale et la révolution. La 6e Symphonie, quant à elle, est directement tournée vers le thème de la révolution et traite de l'itinéraire spirituel des intellectuels qui y sont indirectement liés. Dans le finale, Miaskovski emploie, avec le thème du Dies irae et un vieux chant russe sur la séparation de l'âme et du corps, deux chants révolutionnaires, la Carmagnole et Ça ira, qui introduisent l'image du peuple.

Surnommé « la conscience musicale de Moscou », Miaskovski allait être pendant trente ans l'une des personnalités les plus importantes de la vie musicale moscovite. Nombre de ses œuvres sont étroitement liées à l'histoire et à la littérature russes : la 8e Symphonie est inspirée de Stenka Razine, la 10e par le trouble intérieur d'Eugène, le héros du Cavalier de bronze de Pouchkine. D'autres fois, il écrivit de la musique sur des thèmes de l'actualité : par exemple, sa 12e Symphonie, Kolkhoze, ou sa 16e Symphonie, Aviation, lors de la perte de l'avion géant Gorki (1931). La 13e Symphonie, en un seul mouvement, représente un essai d'atonalisme. Néanmoins, Miaskovski a toujours recherché un langage accessible, ce qui explique le succès de sa 18e Symphonie, composée pour le vingtième anniversaire de la Révolution, et popularisée par une transcription pour orchestre militaire. La 21e Symphonie, l'une des plus mûres, fut commandée par l'Orchestre symphonique de Chicago, dont le chef, F. Stock, fut un défenseur infatigable de Miaskovski. La 22e Symphonie (Symphonie-ballade) est inspirée par la guerre (1942). La 23e Symphonie est écrite sur des danses caucasiennes, la 26e sur d'anciens thèmes populaires russes (1948).

Néanmoins, la purge antiformaliste de 1948 n'a pas épargné Miaskovski. Sa réhabilitation n'intervint qu'après la création posthume de sa 27e Symphonie, consacrée au thème de la vie et de la mort et s'achevant sur une note débordante d'optimisme par un cortège du peuple et le chant Gloire. Miaskovski a, d'autre part, participé dès les années 30 à la renaissance de la musique de chambre russe sur la base d'un langage mélodique alliant clarté, émotion et emprunts folkloriques, dans ses 13 quatuors et ses sonates. Une de ses œuvres les plus populaires reste son Concerto pour violoncelle (1944).