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François Joseph Gossé, dit Gossec

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur français (Vergnies, Hainaut, 1734 – Paris 1829).

Fils de fermier, il commença à étudier la musique à la maîtrise de l'église de Walcourt, puis se perfectionna à celle de la cathédrale d'Anvers. En 1751, il se rendit à Paris où Rameau, auquel il avait été recommandé, le fit entrer comme chef d'orchestre chez le fermier général La Pouplinière. Son premier grand succès fut sa Messe des morts (1760), dont l'orchestration du Tuba mirum est étonnante pour l'époque et annonce Lesueur et même Berlioz. À la mort de La Pouplinière (1762), Gossec devint pour huit ans maître de chapelle chez le prince de Condé, pour qui il signa son premier opéra, le Périgourdin, représenté à Chantilly. En 1766, il fut également engagé par le prince de Conti, tandis que la Comédie-Italienne donnait régulièrement ses opéras-comiques : le Faux Lord (1765), le Tonnelier (1765), Toinon et Toinette (1767). Ce fut également un des créateurs de la symphonie en France. Il en composa vingt-quatre de 1756 à 1762 environ. En 1769, pour concurrencer le Concert spirituel, où étaient surtout données des œuvres vocales, il fonda le Concert des amateurs, à la tête duquel il devait rester jusqu'en 1773. Il composa pour cet ensemble de nouvelles symphonies, dont celle intitulée la Chasse, et, en 1773, dans le cadre de cette institution, il fut le premier à diriger en France une symphonie de Haydn. La même année, il prit avec Gaviniès et Simon Leduc la direction du Concert spirituel, mais, en 1777, des intrigues de cour l'obligèrent à céder le poste à un chanteur de l'Opéra, Legros. En 1780, il fut nommé sous-directeur de l'Académie royale de musique, et, de 1782 à 1785, membre du Comité directorial de l'Opéra. En 1784, le baron de Breteuil lui confia la direction de l'École royale de chant et de déclamation, qu'il venait de fonder, et qui devait devenir, en 1795, le Conservatoire national. De cet établissement, Gossec fut un des fondateurs, et il en devint inspecteur avec Méhul, Cherubini et Lesueur. Républicain convaincu, il dirigea la musique de la garde nationale et composa pour diverses cérémonies officielles de la Révolution de nombreuses œuvres de circonstance (Marche lugubre), des hymnes (À l'Être suprême, À la Liberté, À la Nature), des cantates, des pièces patriotiques (le Triomphe de la République). Napoléon ne lui en tint pas rigueur, et le nomma, en 1799, membre de la Commission d'examen de l'Opéra. Il le chargea aussi d'écrire de nouvelles cantates à la gloire de l'Empire. Gossec fut un des premiers promus dans l'ordre de la Légion d'honneur. Ses œuvres lyriques, chorégraphiques, religieuses ou patriotiques connurent souvent le succès lors de leur apparition, mais aucune ne devait s'imposer par la suite. Toutefois l'esprit révolutionnaire et religieux de Gossec a certainement exercé une influence sur Beethoven. Son nom reste attaché à la fondation du Conservatoire, pour les élèves duquel il écrivit quelques leçons de solfège, des Principes de la musique en 2 volumes (1799 et 1802) et une Méthode de chant (1803). Il acheva encore, en 1809, une grande symphonie en fa « à dix-sept parties » ­ page étonnante où, à la forme mise au point par Haydn et Beethoven, se mêlent de nets échos des musiques de la Révolution ­, puis cessa toute activité à partir de 1815 et se retira à Passy.