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Jean Cocteau

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Poète français (Maisons-Laffitte 1889 – Milly-la-Forêt 1963).

Son nom est lié à celui d'Erik Satie et au groupe des Six. Dans le Coq et l'Arlequin (1918), il a fait le procès de l'impressionnisme musical, prônant le retour à la simplicité, glorifiant l'esthétique du cirque et du music-hall exaltant aussi bien la concision et la netteté du langage de Satie que le tumulte organisé du Sacre du printemps de Stravinski. Dans Carte blanche (1920), il a rendu compte, à sa manière, brillante et cursive, des activités des musiciens du groupe des Six, lesquels (Louis Durey excepté) collaborèrent à la mise en musique de son texte, les Mariés de la tour Eiffel (1921). Pour Erik Satie, Jean Cocteau a écrit l'argument du ballet Parade (1917) et un livret d'opéra-comique, Paul et Virginie, qui, du côté du musicien, demeura à l'état de projet. Pour Darius Milhaud, il a écrit les arguments du Bœuf sur le toit (1920) et du Train bleu (1924), et le livret du Pauvre Matelot (1926). Francis Poulenc a mis en musique la Voix humaine (1958) et la Dame de Monte-Carlo (1961). Arthur Honegger, qui en avait d'abord écrit la musique de scène (1922), a composé en 1927 sur l'Antigone de Cocteau son meilleur ouvrage lyrique. Pour Georges Auric, Jean Cocteau a écrit l'argument du ballet Phèdre (1950). Il lui a demandé la musique de ses films les plus importants : le Sang d'un poète (1930), l'Éternel Retour (1943), la Belle et la Bête (1945), l'Aigle à deux têtes (1947), les Parents terribles (1948), Orphée (1949). Avant tout soucieux du spectacle, Cocteau a suivi avec passion l'évolution du ballet, collaborant avec Serge de Diaghilev (Parade, le Train bleu), avec Serge Lifar (Phèdre), avec Roland Petit (le Jeune Homme et la Mort). Il ne s'est pas contenté de fournir aux musiciens des livrets d'opéras et des arguments de ballets. Il a mis lui-même en scène les Mariés de la tour Eiffel, le Pauvre Matelot, Antigone, Œdipus rex, la Voix humaine. Il a tenu le rôle du récitant dans l'Histoire du soldat de Stravinski. En 1962, il a dessiné des décors pour Pelléas et Mélisande. Inspirateur ou animateur, meneur de jeu ou metteur en scène, du début à la fin de sa carrière, le poète n'a cessé de collaborer avec les musiciens. Son nom est autant inscrit dans l'histoire de la musique et de la danse que dans celle de la littérature.

Principaux écrits sur la musique : le Coq et l'Arlequin (1918) ; Carte blanche (1920) ; Fragments d'une conférence sur Satie (Revue musicale, mars 1924).

Livrets : Paul et Virginie (livret d'opéra-comique, en collaboration avec R. Radiguet, 1920) ; les Mariés de la tour Eiffel (spectacle, musique de G. Auric, A. Honegger, D. Milhaud, F. Poulenc, G. Tailleferre, 1921) ; le Pauvre Matelot (complainte en 3 actes, musique de D. Milhaud, 1926) ; Œdipus rex (opéra-oratorio, musique de I. Stravinski, 1927) ; Cantate (musique de I. Markevitch, 1930) ; Patmos (musique de Y. Claoué, 1962).

Arguments de ballet : le Dieu bleu (en collaboration avec F. de Madrazo, musique de R. Hahn, 1912) ; Parade (musique de E. Satie, 1917) ; le Bœuf sur le toit (pantomime, musique de D. Milhaud, 1920) ; le Train bleu (opérette dansée, musique de D. Milhaud, 1924) ; le Jeune Homme et la Mort (mimodrame, musique de J.-S. Bach, 1946) ; Phèdre (musique de G. Auric, 1950), la Dame à la Licorne (musique de J. Chailley, 1953) ; le Poète et sa Muse (mimodrame, musique de G. C. Menotti, 1959).