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William Byrd

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Compositeur anglais (Lincolnshire ? 1543 – Stondon, Essex, 1623).

Il fut très probablement l'élève de Th. Tallis, mais on ne connaît pratiquement rien de ses débuts. Nommé en 1563 organiste de la cathédrale de Lincoln, il garda ce poste jusqu'en 1572. Il se maria en 1568 avec Juliana Birley et, en secondes noces, avec une femme prénommée Ellen. Cinq enfants naquirent de ces mariages. Byrd succéda à R. Parsons comme gentilhomme de la chapelle royale (1570) dont Tallis occupait le poste d'organiste. Ce dernier partagea cette situation avec son jeune confrère à partir de 1572, et les deux musiciens commencèrent une collaboration fructueuse. En 1575, ils obtinrent de la reine Élisabeth le privilège pour toute la musique imprimée en Angleterre pendant vingt et un ans. Pour célébrer cet événement, ils dédièrent à la reine un recueil de Cantiones sacrae (1575). Mais cette affaire d'imprimerie ne semble pas avoir été très lucrative ; dès 1577, les deux partenaires durent solliciter une aide financière. La reine l'accorda, mais sous forme de certaines terres et d'une rente. Après la mort de Tallis (1585), Byrd céda ce monopole, devenu son entière propriété, à Th. East, lequel publia les Psalms, Sonnets and Songs de W. Byrd (1588).

Élevé dans la foi catholique, Byrd réussit à garder sa religion et son poste à la cour malgré les difficultés que lui imposa la nouvelle liturgie anglicane. Son talent, son intelligence et l'octroi d'un compromis le préservèrent de la persécution. Ainsi composa-t-il et publia-t-il des œuvres pour le rite romain (trois messes à 3, 4 et 5 voix ; environ 260 motets). Mais il écrivit aussi pour l'église anglicane 5 services, des anthems et des psaumes en anglais, une soixantaine d'œuvres en tout. De fait, sa production est considérable : par la quantité comme par la qualité et la diversité. Et William Byrd est probablement, avec Henry Purcell, le plus grand compositeur anglais et l'un des meilleurs polyphonistes de tout le xvie siècle. On peut le comparer à Victoria, à Lassus ou à Palestrina, et, si son domaine d'élection reste indiscutablement la musique religieuse ­ où seul Tallis en Angleterre peut être considéré au même titre ­, son génie est présent dans toutes les formes musicales, à l'exception du répertoire de luth. Il a illustré le madrigal (120) avec parfois un accompagnement de violes, écrit des « rounds » (6) et des canons (32), des fantaisies (14) et des In nomine (7) pour violes, ainsi que 125 pièces pour le clavier. Quelques-unes de ces pièces (8) se trouvent dans le premier recueil de musique de clavier imprimé en Angleterre (Parthenia, 1611) ; d'autres figurent dans le Fitzwilliam Virginal Book ou dans My Ladye Nevell's Booke.

La musique de Byrd révèle une parfaite maîtrise technique, un don certain de mélodiste, d'ailleurs caractéristique de la musique anglaise en général, et un sens aigu de l'imagerie, qui lui permet de tirer profit des mots expressifs contenus dans un texte. Il a composé des airs, souvent de dévotion, pour une voix seule avec un accompagnement polyphonique (violes ou voix) dont il est le maître absolu. Byrd est l'un des fondateurs de l'école anglaise du madrigal. Bien qu'il fasse preuve d'une certaine réserve et d'un goût pour le style traditionnel, plus sévère, il sait aussi accueillir les techniques du madrigal italien. Parmi ses réussites, citons This sweet and merry month of May à 6 voix ou « some strange chromatic notes » de Come woeful Orpheus à 5 voix. Les trois messes de Byrd font appel à la vieille technique du « motif de tête », mais elles se distinguent par l'absence de teneur, ce qui laisse plus de liberté à chaque voix (« entrées en strette »). Dans sa musique de clavier, il se montre l'égal de ses collègues, sans les dépasser. Comme son cadet J. Bull, il a écrit des Walsingham Variations, des danses et des adaptations pour clavier de mélodies liturgiques.

Tenu en haute estime par ses contemporains, Byrd, le « Father of Musick », mourut, selon son propre testament, « now in the eightieth year of myne age », à Stondon après avoir formé quelques-uns des musiciens les plus illustres de la génération suivante (Th. Morley, J. Bull et O. Gibbons).