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Ars antiqua

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Terme appliqué à la musique allant des débuts de la polyphonie (fin du ixe s.) à 1320 environ, mais en particulier à celle du xiie et du xiiie siècle.

L'Ars antiqua atteignit son apogée sous les règnes de Philippe Auguste et de Saint Louis. Cet art a cinq formes principales.

L'organum

Il est d'abord écrit à deux voix évoluant de façon parallèle : une voix chante la teneur (ou vox principalis), qui est une mélodie grégorienne, et l'autre donne la même mélodie à la quarte supérieure ou à la quinte inférieure ; c'est l'organum parallèle. Au début du xiiie siècle, Pérotin compose des organa à 4 voix, beaucoup plus élaborés.

Le déchant

C'est une écriture essentiellement syllabique (note contre note), formée de la voix principale avec, au-dessus, la voix organale qui évolue par mouvement contraire avec des consonances d'unisson ou d'octave, de quarte ou de quinte. Cette technique, pratiquée vers les xie et xiie siècles, est employée également au xive siècle et une grande part d'improvisation est laissée aux « déchanteurs ».

Le motet

Il commence à se développer, pendant la seconde moitié du xiiie siècle, aux dépens de l'organum. La forme est généralement à 3 voix :

­ la première voix, ou teneur, est écrite en valeurs longues sur un texte liturgique ou profane ;

­ la deuxième voix, ou duplum (motetus), évolue parallèlement en langue vulgaire, sur un texte différent ;

­ la troisième voix, ou triplum, chante un troisième texte. Ce mélange de textes, liturgiques ou profanes, va caractériser également le motet à l'époque de Guillaume de Machaut.

Le conduit (conductus)

Cette forme semble avoir été créée par l'école de Notre-Dame de Paris pour accompagner des processions. La teneur n'est plus une mélodie grégorienne, mais elle est librement inventée. Le conduit peut être à 1, 2 ou 3 voix, mais se caractérise par un style d'écriture plus syllabique que celui de l'organum.

Le rondeau

Il est écrit comme un conduit à 3 voix et se singularise par sa forme, qui obéit à la forme littéraire du même nom comprenant plusieurs couplets et un refrain qui revient entre chacun des couplets. C'est dans cette forme que le contrepoint s'emploie avec le plus de liberté (Adam de la Halle).

Ces différentes formes, développées, ouvrent la voie aux compositeurs du siècle suivant : ceux de l'Ars nova.