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Louis-Clauded'Aquin

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire de la musique ».

Organiste et compositeur français (Paris 1694 – id. 1772).

Enfant précocement doué, issu d'une modeste famille d'intellectuels et d'artistes ­ dont François Rabelais en personne ­, il est le filleul d'Élisabeth Jacquet de la Guerre, claveciniste et compositeur, à qui il devra peut-être son initiation musicale. Dès l'âge de six ans, il joue du clavecin devant Louis XIV et la Cour. Devançant l'enseignement de ses maîtres, il s'impose très tôt comme organiste et comme compositeur. En 1727, il triomphe devant Rameau dans le concours pour le poste d'organiste à Saint-Paul, puis, quatre ans plus tard, il succède à Marchand aux Cordeliers.

En 1739, c'est la consécration officielle, avec sa nomination, sans concours, au poste d'organiste de la chapelle royale, où il remplace d'Andrieu. Fêté par le public, il demeure simple et bon, farouchement indépendant et passablement bohème. Improvisateur stupéfiant, il répond au goût du jour sans y sacrifier. Au contraire, il s'efforce de maintenir l'orgue dans la grande tradition, en train de se perdre. Rameau lui-même le reconnaîtra : « On change de goût à tout moment. Il n'y a que M. d'Aquin qui ait eu le courage de résister à ce torrent ; il a toujours conservé à l'orgue les majestés et les grâces qui lui conviennent. » Les documents sont hélas ! trop peu nombreux pour étayer ce jugement : négligent et imprévoyant, il n'a que très peu publié de ses multiples compositions, en grande partie perdues ou restées manuscrites (Te Deum, Leçons de Ténèbres, Messes, Miserere, Cantates, etc.), tout comme ont été perdues les œuvres manuscrites de Calvière, que sa veuve lui avait confiées pour les faire éditer. À part une cantatille, la Rose (1762), son œuvre connue se résume à deux livres : Premier Livre de pièces de clavecin (1735) et Nouveau Livre de noëls pour l'orgue et le clavecin, dont la plupart peuvent s'exécuter sur les violons, flûtes, hautbois, etc. Les pièces descriptives pour le clavecin (le Coucou) s'inscrivent dans la lignée de celles de Couperin et de Rameau. Quant aux noëls pour orgue, ce sont de brillantes variations sur de populaires thèmes de chants traditionnels de Noël, genre très prisé à l'époque et dont d'Aquin fut incontestablement le maître.