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deuil

Cet article est extrait de l'ouvrage « Larousse Médical ».

État de choc émotionnel provoqué par la perte d'un être cher.

Le décès d'un proche provoque habituellement une réaction de désarroi (tristesse, douleur morale, difficulté à se reporter sur un nouvel objet d'amour) considérée comme normale et que les rites sociaux contribuent à apaiser. Normalement, le sujet surmonte sa détresse en procédant à un travail psychique, dit travail de deuil, qui consiste à se détacher affectivement de l'être perdu tout en préservant son souvenir.

Lorsque la nature et la durée des symptômes se révèlent disproportionnées (dépression et anxiété persistantes, délire, tentative de suicide), on parle de deuil pathologique. Celui-ci peut révéler un problème psychique sous-jacent (trouble de la personnalité). L'absence de deuil chez une personne peut être naturelle, et doit être considérée au regard de ses relations avec le défunt. Cet état est cependant parfois pathologique, (trouble psychotique grave, trouble majeur de l'humeur ou de la personnalité).

« Faire son deuil » est devenu une expression populaire. Ne pas pouvoir faire son deuil signifie qu’il existe un obstacle lié à un contexte exceptionnel (catastrophe naturelle, accident, meurtre, etc.).

Les psychanalystes allemand, Karl Abraham (1912), et autrichien, Sigmund Freud (1916) ont établi un lien entre le deuil et la mélancolie (dépression majeure, mettant en jeu le pronostic vital) : dans les deux cas, le patient s'identifierait à un objet imaginaire aimé et détruit par sa faute, dont il expierait inconsciemment la perte.