En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêts, réaliser des statistiques ainsi qu’interagir avec des réseaux sociaux.

Pour en savoir plus et paramétrer les cookies

Identifiez-vous ou Créez un compte

littérature telugu

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

Aujourd'hui langue officielle de l'Andhra Pradesh et, après le hindi, la deuxième langue de l'Inde quant au nombre de locuteurs, le telugu est considéré comme « l'italien de l'Orient », car la mélodie et l'harmonie vocaliques y ont une place capitale. La musique classique de l'Inde du Sud, ou musique carnatique, est redevable au génie des compositeurs telugus du xvie au xviiie s. La littérature telugu pour sa part s'est développée simultanément à partir de la musique et du sanskrit.

Le pionnier de la littérature telugu, Nannaya Bhattaraka, brahmane sivaïte d'ascendance kannara et poète du roi Rajaraja Narendra (xie s.), entreprend d'adapter le Mahabharata en telugu, dans une langue fortement influencée par le sanskrit. Au xiiie s., Tikkana poursuit son œuvre, à laquelle Yerrapragada mettra le point final. Dès le xiie s., un fort courant littéraire sivaïte était apparu avec Nannicoda, auteur du Kumarasambhava, puis, au xiiie s., Palkuriki Somanatha (1200-1240). Parallèlement, le Ramayana faisait l'objet d'une centaine d'adaptations, dont la première est le Ranganatha Ramayana (1250). Au xve s., parmi une multitude de poètes et de virtuoses, deux personnalités majeures se distinguent : Srinatha, auteur du Naisade, et Potana (1450-1510), auteur de la version telugu du Bhagavata. Le xvie s. est le siècle d'or de la littérature telugu et voit l'épanouissement de la rhétorique dans la prabandha (long récit en vers et prose). L'empereur de Vijayanagar Krisnadevaraya, protecteur des poètes et lui-même versé en sanskrit, telugu et kannara, compose dans ces trois langues ; on lui doit notamment en telugu le poème Amuktamalyada. Mais le plus grand poète du règne reste Peddana, auteur du Manucarita.

Malgré la chute de l'empire Vijayanagar en 1565 et la domination musulmane sur le Deccan, la tradition du prabandha continue jusqu'au xviiie s. grâce à des poètes comme Timmakavi et Vemana, tandis que se développe le mélodrame musical populaire ou yaksagana. Mais c'est en exil à Tanjore que vivent les deux plus grands musiciens-poètes du sud de l'Inde : Ksettrayya (xviie) et Tyagaraja (xviiie). Citons également deux autres écrivains majeurs, Syama Sastri et Muttusami Dikshitar. Dès le xviiie s., les missionnaires impriment des textes, des grammaires et des dictionnaires. Grâce à cette impulsion donnée par les Européens et à l'œuvre de Chinnaya Suri, Virasalingam et G. Appa Rao, le telugu évolue au xixe s. et devient un mode d'expression moderne, vivant et original. Au xxe s., R. Subba Rao, G. V. Ramamurti, Adavi Bapi Raju, V. R. Narla et P. V. Rajamannar ont particulièrement contribué à la renommée littéraire telugu.