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littérature sundanaise

Cet article est extrait de l'ouvrage Larousse « Dictionnaire mondial des littératures ».

La population sundanaise de Java-Ouest forme un groupe ethnique et linguistique distinct de l'ensemble javanais. Le pays Sunda a constitué, vers l'an mille, un royaume indépendant avant d'être intégré au royaume préislamique de Pajajaran. La littérature de langue sundanaise, importante par sa quantité et sa qualité, a d'abord été représentée par une tradition orale dans laquelle le pantun (distinct du pantun malais et appelé paparikan en sundanais) était le genre poétique prédominant. Récités au cours de la nuit par des conteurs qui s'accompagnaient d'une sorte de cithare, les pantuns sundanais relatent généralement les aventures des princes de Pajajaran. Les mantra (formules magiques) et les syair – qui attestent des liens avec l'islam – sont les deux autres formes poétiques méritant mention. La prose est représentée par les histoires de Si Kabayan, les mythologies (dont celle de Sang Kuriang), les fables et le théâtre de marionnettes (wayang golek).

Les plus anciens textes écrits (Carita Parahiangan et Carita Waruga Guru) ont été fixés, sans doute entre 1705 et 1709, en caractères sundanais. La plupart des autres textes ont été notés soit en caractères javanais ou arabes – il s'agit alors de wawacan (récits en vers) d'influence javanaise glorifiant les souverains, les princes et les grands personnages –, soit, plus récemment, en caractères latins.

L'époque moderne (début du xxe s.) s'ouvre, sous l'influence occidentale, au roman qui dépeint la vie quotidienne et place le petit peuple au premier rang. Daeng Kanduruan Ardiwinata, qui inaugure le genre avec Baruang Ka Nu Ngarora (Un poisson pour les jeunes, 1914), sera suivi par Joehana, Muhammad Sanusi, Mohammed Ambri (1892-1936). Le roman historique, représenté notamment par M. K. Hardjakoesoema, manque d'originalité dans la mesure où il se contente généralement de réécrire les babad. Avec Gendjlong Garut (1920) de Muhammad Sanusi, le récit d'inspiration nationaliste fait son apparition, tandis que le wawacan, toujours à la mode, aborde désormais la vie de tous les jours. Les années 1920 à 1940 sont d'ailleurs l'âge d'or de la littérature sundanaise, et la revue Parahiangan (fondée en 1929 par les éditions Balai Pustaka) joue un rôle de premier plan dans l'essor de la littérature en ouvrant ses pages à de jeunes écrivains et en favorisant l'apparition d'un genre nouveau : la nouvelle. Après guerre, pourtant, l'édition connaît des difficultés, et les revues (Sunda, 1952-1954 ; Candra, 1954-1956 ; Kiwari, 1957-58) susceptibles d'accueillir de jeunes talents n'ont qu'une existence éphémère. En poésie, le vers libre, adopté sous l'influence littéraire indonésienne, sera mal accueilli, et les auteurs (le poète Sajudi notamment, qui commence à écrire en 1955) reviennent aux formes poétiques anciennes. Les thèmes abordés par la poésie au cours de cette période sont, entre autres, le nationalisme (Kis, Ki Umbara, Kustadi Arinta) puis, l'indépendance n'ayant pas apporté tout ce que l'on attendait d'elle, la déception, ou encore l'insécurité des campagnes (Ajatrohaedi, Wahyn Wibisana). La nouvelle, considérée avant guerre comme un genre mineur, et qui souvent puisait dans les histoires comiques traditionnelles, acquiert ses lettres de noblesse : elle devient le genre exclusivement pratiqué par les jeunes auteurs (R. A. F., Sahuri, Sj. Bastaman, Rusman Sutiasumarga, E. Permana), qui s'essayent à décrire, parfois avec un certain humour, la vie de leur époque. À partir des années 60, l'audience d'Ajip Rosidi stimule l'intérêt pour le pays Sunda et pour sa littérature.